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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 10:58

Le bicéphale est un objet de plaisir.

 

Ce n'est pas sa faute, la nature est la seule responsable.

 

Donc, quand il voit "Beaujolais" sur une bouteille, la case "plaisir immédiat et simple" clignote si fort dans sa tête qu'il lui est impossible de tenter de résister à un achat compulsif.

 

Etre un objet de plaisir n'est pas simple tous les jours...

 

Surtout que le Beaujolais donne aussi de très grands vins.

Sur tous les terroirs de l'appellation, le cépage gamay peut faire des vins avec un beau potentiel de vieillissement, comme ce Morgon 2003 que nous avions goûté ensemble.

Le gamay a ce pouvoir de gourmandise simple sur les vins jeunes, qui va vers une complexité en vieillissant.

 

C'est pour cela que le bicéphale est un fan ultime du Beaujolais.

Dans chaque terroir, il y a (au moins...) une perle, un vigneron qui extrait ses raisins et qui le vinifie pour donner un jus immédiatement facile et agréable, qui peut se densifier avec le temps.

 

bojo2.JPG

 

 

 

Jean-Paul Brun a une solide réputation dans le beaujolais.

Ce n'est pas un petit producteur, ni le petit nouveau qui vient de s'installer.

C'est une des références de l'appellation, présent dans de nombreux linéaires de cavistes et de nombreux restaurants.

 

Pourtant, Jean-Paul Brun est plutôt atypique dans le beaujolais.

Laissant les méthodes traditionnelles  de vinification à la beaujolaise (la macération semi-carbonique, fermentation intra-cellulaire d'un raisin non foulé, non éraflé, libérant naturellement du CO2 et donnant des vins fruités au goût typique), il préfère se dire plus "bourguignon".

 

Une petite vidéo trouvée sur Bourgogne Live (LA référence!) où Jean-Paul Brun explique son terroir et ses méthodes.

 

 

 

Jean-Paul Brun trie le raisin, l'égrappe, avec des longues cuvaisons.

 

Il le fait avec passion et sérieux, ne vinifiant qu'avec des levures indigènes présentes dans le raisin, en voulant faire des vins qui "collent" le plus à son terroir des Pierres Dorées.

 

C'est donc avec plaisir que nous ouvrons une bouteille de beaujolais issu de ses jeunes vignes de gamay, une "Cuvée Première 2010" de Jean-Paul Brun.

 

 

KICX0888.JPG

 

 

La bouteille est très esthétique et m'a clairement tapée dans l'oeil chez le caviste.

 

 

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C'est une super belle étiquette qui sent la convivialité, le partage, l'accès facile.

C'est dessiné dessus, c'est fait aussi pour les jeunes beaux et les jeunes belles qu'on imagine à la dernière mode.

Aucune mention de l'origine du vin sur l'étiquette.

La mention "beaujolais" ne serait pas assez "IN" et ferait fuir les jeunes beaux??

 

Ca me fait toujours "tiquer" d'entendre un vigneron parler de son terroir comme la chose la plus précieuse au monde et de voir qu'il a, en même temps, un peu peur de le mettre en avant sur son étiquette...

Peut être, avec toute ma naïveté, ce n'est que par pur souci d'esthétisme.

 

Sur la contre-étiquette, il y a un peu plus d'information.

 

KICX0890.JPG

 

Laisser faire les levures naturelles du raisin peut sembler logique.

Pourtant, dans le beaujolais, il y a une grosse consommation de levures industrielles.

On peut les choisir sur catalogue, et ce sont les responsables du fameux goût immonde de banane et autres daubes qui gangrènent l'appellation.

 

Allez, on s'en verse un joli verre!

 

La robe du vin est typique du gamay, rubis clair, avec une jolie transparence donnant de la luminosité au verre.

Je suis en territoire connu, je l'aime cette couleur du gamay jeune.

 

A la première inspiration, l'odeur de cerise flotte dans mes narines.

Ca sent le plaisir...

 

En bouche, ça se complique un peu.

Je m'attendais à un panier de fruits rouges dans ma face... Bah, oui, du gamay de jeunes vignes, sur une appellation Beaujolais...

Il y a effectivement du fruit, de la cerise kirshée surtout.

Mais ce qui frappe , c'est la grosse trame acide du vin. Elle commence du début à la fin, s'étirant en "mangeant" le fruité du vin. On retrouve, en aérant un peu, des notes de cassis.

Le vin est droit, de belle longueur.

Mais quoique l'on fasse, l'équilibre du vin bascule sur une acidité plus caractéristique des jeunes vins de cépage pinot noir que sur du gamay.


Le vin n'est pas déplaisant, je suis juste comme un peu perdu dans un bal masqué, sans reconnaitre aucun visage ami.

 

Sans avoir vu la couleur du vin, au milieu d'une dégustation, je serais parti sur du pinot noir...

 

Ca me rappelle un vin amené lors d'une séance de dégustaiton de beaujolais par François, activement connu sur les forums sous le pseudo de Darth Tux, un gamay "familial" fait sur le domaine de Geantet-Pansiot (c'est la bouteille de droite).

Impossible à l'aveugle de deviner que c'est du 100% gamay, alors que j'avais bien l'impression d'être en Côtes de Nuits...

 

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C'est assez déroutant.

 

Je comprends l'envie de bien faire de Jean-Paul Brun.

Je mesure aussi tout le potentiel du gamay, longtemps décrié comme un cépage de mauvaise qualité.

 

Mais, en tant que consommateur, je me sens un peu déçu.

J'avais très envie de beaujolais, je bois autre chose.

Surtout que la méthode beaujolaise n'est pas moins qualitative que la méthode bourguignonne.

 

C'est un choix du vigneron.

Je n'y adhère pas.

Mais à chacun de se faire un avis, le vin étant tout de même, objectivement, bon.

 

Il plaira sûrement au bobo parisien qui trouvera, dans l'acidité du vin, une complexité et une finesse qui raviront ses papilles.

Peut être même un beau potentiel de vieillissement.

Mais ce type de vin ne me bougeait déjà pas des masses en Bourgogne...

 

Moi, je voulais juste de la gourmandise, du beaujolais...

 

 

 

 

 



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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 09:30

Aujourd'hui, le Cahors est à l'honneur.

 

Même si le "Polichinel" de Simon Busser est produit en "vin de table", il monte l'AOC Cahors vers le haut.

Un peu comme (attention, je pèse mes mots et la comparaison) Philippe Jambon éclaire le Beaujolais avec sa "Tranche de Jambon".

Pour démontrer, encore une fois, qu'en sortant du carcan de certaines appellations, on peut trouver du grand vin.


 

J'ai eu la chance d'avoir cette bouteille en cadeau par Guy Blanchard, après une journée d'embouteillage chez lui qui s'est terminée en gros casse-croûte vigneron avec débouchage de quilles à la pelle. 

"Tiens, lui, il fait du Vin... C'est bon" 

Quand un sorcier du vin nature et de la viticulture biologique du mâconnais vous présente une bouteille de cette manière, la langue claque au palais d'envie.

 

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(Merci à Fifo pour cette photo, en plus d'être le meilleur batteur de la Terre, tu as un talent de dégustateur hors norme)


 

 

Surtout que le bicéphale est une grosse tanche d'une incultitude monstrueuse en ce qui concerne les vins du Sud-Ouest (on se soigne...).


Ah, ça, dans la vie de jeune adulte bicéphale, pour dégommer les cubitainers à bas prix de "Cahors" qui noircissent les dents, arrosant les grillades de l'été post-baccalauréat sur les pelouses des parents de ses potes, y avait du monde.

La descente était souvent fatale.

Personne ne savait si le responsable de nos déboires gastriques du lendemain était la mauvaise bière ou le vilain vin...

 

Pendant longtemps, la seule prononciation du mot "Cahors" déclenchait un gargouillis suspect de mon estomac, une sorte d'appel au secours.

 

 

J'avais, malgré l'adoubement de ce vin par Guy, quelques petites réserves sur cette bouteille.

Un vin de Polichinel...

Ce fameux Polichinelle, personnage à la grande gueule, rusé, menteur, malgracieux de la Commedia dell'Arte, toujours prêt à embobiner.

Ouaip, je sais que cela peut paraître débile mais j'ai eu (une mini) peur d'être dupé par ce vin.

 

 

IMAGE 357

 

La bouteille est superbe, avec une étiquette toute en longueur, et notre petit Polichinel en pleine acrobatie...

Le millésime est écrit en tout, tout petit en bas à droite de l'étiquette.

 

IMAGE 356

 

Simon Busser se réclame paysan-vigneron.

Son vignoble, d'un peu plus de 5 hectares, se situe à quelques kilomètres à l'ouest de Cahors, dans le Lot.

Depuis son installation en 2007, il cultive ses raisins le plus naturellement possible, avec des labours au cheval de trait, une densité de plantation obligeant la vigne à aller fouiller le sous sol pour se nourrir, des rendements dépassant rarement les 30 hectolitres par hectare (on est loin des pisseurs de vigne...) et une vinification maitrisée.

Les vendanges sont faites à la main et le raisin est égrappé.

 

Ses vins sont élevés en fût de chêne jusqu'à 18 mois, selon l'évolution du vin (c'est lui qui décide...), avec un ajout minime de sulfites (le souffre est stabilisateur, conservateur mais utilisé n'importe comment donne la barre des lendemains de dégustation).

 

 

Le bouchon à peine retiré, le vin dégage immédiatement du fruit noir.

 

Dans le verre, c'est noir, dense, opaque.

On est dans le "Cahors", ce vin est fait d'un assemblage des cépages-phare de l'appelation, le malbec et le merlot.

Je suis toujours impressionné par la couleur que peut prendre un vin... Là, c'est limite encre de seiche, avec quelques reflets rubis sur le bord du verre.

 

Au nez, c'est très expressif.

C'est comme si quelqu'un prenait une poigée de mûres et de cassis et venait vous l'écraser sur la face... Sans le côté humiliant...

Une fragrance qui devient encore plus marquée quand on aére un peu le vin (un peu comme si quelqu'un prenait un camion de fruits noirs et venait vous l'écraser sur la face).

 

A la première lampée, la vache...

C'est du concentré de fruits noirs, qui dure, dure (je vois très bien la petit lapin rose qui fait du tambour durant de longues semaines...).

Une claque au ralenti.

 

 

 

Mais, attention, que l'on soit clair là-dessus.

C'EST UNE CLAQUE DE PLAISIR!

 

Il n'y a aucune agressivité dans le vin.

Les tanins sont présents, avec un fondu et une douceur qui étirent le vin.

Malgré le long élevage en fût de chêne, il n'y a aucun marquage par le bois.

 

On retrouve en fin de bouche ce côté végétal qui rafraichit le palais.

 

Wiiiiizzzzz....

 

Encore merci à Guy, qui, en plus de faire des vins qui déchirent, m'a ouvert de nouveaux horizons (n'y voyez aucune allusion sexuelle).

Du Cahors (notez la provocation...) comme j'en ai rarement bu et qui appelle à d'autres découvertes de ce terroir qui est capable, entre de bonnes mains, de produire du très grand vin.

 

 



 

 

 

 

 

 


 


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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:51

Oui, on sait...

Le bicéphale est juste à la super-méga bourre pour les 37ièmes "Vendredi du Vin"...

 

vdv-logo

 

On pourrait vous donner une excuse éculée de la primaire, du genre "c'est mon chien qui a mangé.. euh... le clavier", ou se la jouer provocation en militant pour un "Vendredi du Vin" libre et anarchiste qui aurait lieu le mardi d'après.

 

Bah, non, ce serait de la pure mauvaise foi.

 

C'était juste trop la fête ce week-end.

 

Que notre présidente, Tiuscha (alias Nathalie Merceron) du blog Saveur Passion nous excuse.

Le bicéphale a été trop branleur pour se préparer à l'avance et la fin de semaine a été comme un boomerang fou qui revient plusieurs fois en pleine face...

 


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Jeudi, tout a commencé par un concert énorme de "Line Up" dans un magnifique squat de punks à chiens à la Miroiterie (rue de Ménilmontant, Paris 20ème).

 

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La bière et le Madiran ont coulé à flots.

J'avais même pris un petit vin blanc de "LaSorga", bu chaud dans des gobelets en plastique avec le superbe éphèbe gréco-suédois intitulé "Chiwa", bassiste de Line Up avant leur set d'énergie brute.

 

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Punk's not dead!!

Tout ça pour dire que vendredi, à minuit, j'étais déchiré des tympans jusqu'au foie.

 

 

 

Surtout qu'il y a eu combo avec le vendredi soir...

Rendez vous avait été pris pour partager les bouteille aux "caves de l'insolite" (paris 11è, 30, rue de la folie Méricourt) avec la jeune garde des blogs viniques.

 

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Guillaume qui a "Du Morgon dans les veines", Antonin le "Vindicateur" fou, Eva et Laurent les "Oenos"-sexuels, et Stéphanie d'Un Mets Dix Vins...

 


 

Ca a dégusté avec une ferveur que seuls les pochtrons ou les passionnés peuvent avoir.

Avec une abnégation hors du commun, n'hésitant pas à regoûter, le tout sans filet (les crachoirs, c'est pour les chochottes).

 

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Difficile pour moi de faire un quelconque compte rendu, cette rencontre a été orgasmique.

Nous avons bu du très bon, du Bois Moisset, du Labet, du Boyat, du Blanchard, du Guillot-Broux...

Mais aussi du Morgon de Guignier (celui de Villié Morgon), et bien d'autres, dans un enchaînement de malade, le tout avec le gentil brouhaha des amateurs qui trinquent et qui deviennent au fil des heures de moins en moins amateur mais de plus en plus trinqueur.

Merci à Guillaume pour cette adresse de cave démente et atypique qu'il faut faire une fois dans sa vie parisienne.


Un seul mort ce jour-là, le petit porcelet qui a cuit 8 heures avec quelques navets et du chou.

 

Et puis aussi la torniole d'or délivrée, ce soir là, à Eva qui a bien tout goûté, avec le sérieux des amoureux du travail bien fait, même si elle a dû rentrer en mode crabe jusqu'à chez elle.

J'ai longtemps hésité à mettre une photo de cette torniole, je mets donc une des plus softs (pour celles où elle est vraiment déchirée, faites monter les enchères...).

 

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Voilà, je sais bien qu'il n'existe aucune excuse valable pour de ne pas être à l'heure pour les "Vendredi du Vin".

Mais ces deux bastos à travers le foie ont fait mettre un genou à terre au bicéphale...

 

Même si le sujet lancé par Tiuscha a intéressé au plus haut point votre serviteur...

 

"A boire, oui... et à manger pour l'été"

 

L'idée est de marier un plat de l'été avec un vin...

Whaouh, belle idée de sujet.

 

Pour le bicéphale, pas de salade, ni d'encornets à la plancha.

 

Plutôt un plat du soir, quand les moustiques se réveillent, qu'une légère brise apaise le feu de la journée passée, quand on a l'impression de respirer un air plus frais.

 

C'est une recette de Fafa, amie et collègue, venant de mettre en route son blog "Les fafacéties culinaires", le risotto aux chipolatas.

Parce que les chipo au barbecue, c'est cool, mais un peu cuisinées dans un beau risotto qui s'égaye, c'est encore plus sympa.

 

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Et avec ça, une arme fatale...

Un gamay du mâconnais, franc avec de la profondeur, du goût, du tanin léger.

 

Une gourmandise liquide, facile à dompter, mais avec du caractère.

Un bonbon de raisin qui coule le long de l'oesophage et qui magnifie le plat de Fafa.

Le fameux "Noir de Rouge" de Pierre Boyat, vigneron apprécié du bicéphale.

 

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Un vin qui a le croquant du fruit rouge, la précision d'un gamay vinifié avec soin et la profondeur d'un tanin juste équilibré, à sa place.

 

Du nez jusqu'au fond du gosier, c'est un vin qui se donne à 100%.

Il promet du fruit à l'odorat, il en donne à chaque gorgée.

Il a un beau rouge grenat qui annonce du joli tanin, il "colore" la bouche tout en dentelle, sans jamais assècher, sans jamais agresser mais avec du goût et de la profondeur.

 

A goûter absolument.

 

Un mariage parfait pour un plat de potes qui veulent prolonger les discussions de la nuit, "osmose du miam et du glou" comme l'écrit Tiuscha.

 

 

 

 

 


 


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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 01:34

La musique a eu sa fête...

 

Super!

Tout un tas de musiciens du dimanche ou de chorale de paroisse a pu sortir dans les rues pour montrer tout le talent (trop bien) caché en France...

 

Moi, je n'y peux rien.

A chaque fois que je me sens obligé de faire la fête, ça me bloque.

Je joue de la musique 364 jours par an (presque...). Le jour de la "Fête de la Musique", je n'y arrive pas.

 

Mon côté punk?

 

En ce lendemain de liesse musicale à coups de fausses notes et de guitares mal accordées, crissant misère qu'on achève vite le morceau, devant un public de mélomanes fans de Johnny gnôlés à la bière, le bicéphale a décidé de faire une "top playlist" des morceaux qui terminaient les articles du bicéphale.

Parce qu'un verre de vin est souvent bu entre amis, avec un fond musical qui colore les discussions, vannes et éclats de rire.

 

Donc, à la volée, les binômes "vin-chanson" préférés du bicéphale se rappellent à votre bon souvenir.

 

- D'abord, l'historique, la toute première chanson sur le blog... Il fallait que ce soit sur un de nos vins préférés "La Tranche" de Jambon, un gamay sans l'appellation beaujolais, mais qui porte haut le cépage gamay.

Logiquement, Les "Garçons Bouchers" chantent du "Beaujolais, du bon et du bien frais, pour oublier la nuit où Marie est partie..."

 

 

 

- Les vins du Clos des Vignes Du Mayne sont toujours un réel plaisir à partager, comme ce Mâcon-Cruzille 2009, se mariant parfaitement au blues-rock des "Them Crooked Vultures"...

A écouter à fond, sans minerve, pour que la tête puisse bien bouger...

 

 

 

 

- Certains vins nous ensorcellent...

Ils "hypnotisent les poulets" comme le chante Iggy Pop dans "Lust for Life".

C'est le cas du Gilbourg 2007 de Benoit Courault qui nous parle, parle, parle à chaque gorgée.

  

 

 
- Un peu de magie comme le Bouzeron 2008 du domaine A. et P. de Villaine qui magnifie un cépage à la réputation ingrate, l'aligoté...
Un peu de magie avec le Houdini du rock, qui a disparu et qu'on cherche encore, Jeff Buckley...
 
  

- Des vins arrivent à matérialiser des chansons pour n'être qu'une seule et même entité... C'est le cas, pour moi, entre le madiran "Vision" 2007 du domaine Mesté-Bertrand et le "big bottom" des "Spinal Tap"...

Ca rocke avec un gros cul!

 

 

   

- Le vin peut aussi donner du plaisir simple, immédiat.

Avec un côté régressif, festif.

Juste en profiter, comme le "Clos de la  Ceriseraie 2008" des vins Melaric, parfait avec le peps d'Arthur H.

 

  

 

- Pour finir, "Pas de Bla-Blah 2007" du domaine des Sabots d'Hélène...

Juste des bonnes sensations, du groove, du "Feel Good" à la sauce Gorillaz.

 

 

  

Voilà pour la fête de la musique à travers les vins du bicéphale...

Nous sommes ouverts à toute découverte ou proposition. Les commentaires sont là pour ça et le bicéphale est un être au grand pouvoir extensif.

 

On n'est jamais à court d'une bonne idée... 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 00:07

Aujourd'hui un compte rendu à la vitesse de la lumière...

 

Le domaine de Guillot-Broux a ouvert ses portes durant le week end de la Pentecôte.

Trois jours de dégustations, d'exposition d'oeuvres contemporaines, de concerts de jazz, de casse-croûtes "bio"...

 

KICX0814

 


 

J'ai eu le plaisir de rencontrer les trois frères qui tiennent le domaine et de croiser le verre avec eux.

Passionnés, passionnants, le domaine Guillot-Broux était en agriculture biologique avant même que la notion de "bio" existe.

Depuis 1954, à l'installation de la famille à Cruzille (dans la pointe nord du mâconnais, près de Tournus), il n'y a jamais eu une seule fois des produits de chimie de synthèse dans leurs 17 hectares de vignes.

A l'époque où l'agriculture dite "conventionnelle" était obligatoirement "biologique", l'industrie pétro-chimique ne poussant que ses premiers balbutiments de bébé qui deviendra ogre...


 

Loin d'en avoir "marre du bio" (suivez mon regard, vers ceux qui dénigrent le bio, et dont je ne mettrai pas le lien, juste celui de Michel Smith qui y répond), je trouve à chaque fois des vignerons sur-motivés, portant une attention énorme à la vigne.

Avec une fierté du produit fini et, souvent, quand la vinification suit, des "pépites" pour nos caves.

 

Mais, houla, sans aucune chapelle, le bicéphale aime quand c'est bon.

Si c'est bio, c'est un plus.

Tant mieux pour la terre, la plante, le goût.

Le "bio" n'est pas une finalité, mais un bel outil pour qui sait bien l'utiliser...

 

C'est la cas au domaine de Guillot-Broux.

 

 

Parmi la jolie gamme des vins du domaine, il fallait en choisir un...

Ce sera Le Mâcon-Chardonnay "Les Combettes" 2009.

Un vin blanc fait à 100% de chardonnay, élevé 11 mois en fût de chêne, sur une appellation Mâcon village, mais qui peut en remontrer à toute la Bourgogne.


Le vin se place à une quinzaine d'euros, départ de la cave.

 

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L'étiquette est sobre, nom du domaine, nom du climat et le logo AB certifiant que les raisins sont issus de l'agriculture biologique.

L'appellation (AOC) en Mâcon-Chardonnay n'est soulignée que sur le "bord" de l'étiquette, qui fait un peu office de contre-étiquette.


 

KICX0821.JPG

 

Il est vrai que l'AOC Mâcon-village (que ce soit Cruzille ou Chardonnay) est toujours moins prestigieuse que celles de la côte châlonnaise ou de la côte de Beaune.

A 15 euros, à part quelques amateurs éclairés, le choix va souvent vers un Meursault ou un chassagne...

 

C'est bien dommage, car, dès l'ouverture, à la première goutte versée dans le verre, ce vin montre qu'il est bien au-dessus de la plupart des vins des appellations plus "prestigieuses"...

 

De couleur or très pâle, le vin est limpide et transparent.

 

Le nez est "whaouh" (expression piquée à Aurélia de "Bu sur le web" qui n'hésite pas à éructer de plaisir...).

On sent l'opulence, le fruit blanc mûr.

On trouve des notes boisées, très présentes au début, qui s'estompent à l'aération.

Ca sent le travail de vinification...

A l'aveugle, au nez, j'aurais placé le vin en côte de Beaune.

 

En bouche, ça confirme.

Le vin donne une impression de plénitude.

Il attaque gras et opulent, prenant toute la bouche, la saturant d'arômes de pêche et d'abricot mûrs, avec des notes beurrées.

On a du vin qui se mâche avec plaisir.

Mais il ne s'arrête pas là, une belle acidité finit la bouche en s'étirant doucement.

Bizarrement, malgré le nez, le boisé n'est pas du tout présent. Aucune note de vanille ou de brioche, même si la langue claque sous des touches de grillé.

 

Un vin qui prend de la place en bouche, mais avec une vivacité qui lui donne ce petit truc en plus qui fait qu'on pourrait facilement en devenir accro...

A goûter de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas; ceux qui ont la chance d'en avoir déjà bu doivent baver à gros jets sur leur souris en y repensant...

 

Fin, précis, structuré, opulent, charpenté...

C'est tout ce que ce vin donne au buveur.

Incroyable, non?

 

Un peu comme Clutch... A la fois gras et fin

 

 

 

 


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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 01:23

Toujours soucieux de te donner du plaisir, à toi, lecteur de ce modeste blog, le Bicéphale t'a trouvé un superbe vin.

 

Une bouteille à dégoupiller en toute occasion, pour l'anniversaire du petit, le passage du contrôle technique de la voiture, pour fêter la fin d'une gastro et, même, pour honorer le repas d'un mariage...

 

Un vin ultime de plaisir.

 

C'est bien (trop) connu, tous les goûts sont dans la nature.

 

C'est amusant d'ouvrir une bouteille entre amis et de voir des réactions dimétralement opposées...

 

Tantôt, la pupille se dilate, un râle d'orgasme s'échappe.

"Sa mère la p..., comment y démonte trop ton vin!" (mes amis ont un langage fleuri qui, parfois, me surprend).

A priori, c'est l'extaxe.

 

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Parfois, le verre est gentiment bu, la bouteille est torchée, mais sans aucun commentaire.

La discussion ne dévie pas des derniers exploits sexuels de Laureline ou de la provenance de ce saucisson sec (n'y voyez aucun amalgame).

Le vin participe au repas, l'accompagne, mais ne retient pas l'attention des convives.

 

 

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Rarement, le verre est violemment posé sur la table, les visages deviennent grimaçants.

Les insultes commencent à fuser, entre deux épisodes de nausées.

On parle de mes goûts de (je cite) chiottes...

Là, le vin n'a pas plu...

 

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Cela peut être déroutant de boire une même bouteille, dans un relatif même état d'esprit, et d'avoir ces trois réactions en même temps pour les trois personnes qui croisent le verre avec vous...

Le premier pleure de joie et vous embrassant, pendant que le deuxième se demande pourquoi Loana est devenue si grosse, alors que le troisième vous fixe du regard en pensant à une future vengeance froide et sans pitié.

 

 

 

Alors quand on a la chance de faire l'unanimité de 120 personnes lors d'un mariage, là, je dis bravo monsieur Boyat!


 

Les irréductibles du "vin blanc only", les amoureux des vins légers et fruités, ceux qui préférent les tanins, les amateurs, les occasionnels.

Tous sont venus me voir pour féliciter les choix du vin rouge.


 

La pari était risqué, nous avions décidé de proposer un vin rouge sur l'entrée et poursuivre ensuite sur un vin blanc du mâconnais de Guy Blanchard.

 

Et quelle entrée...

Foie gras de canard poché au vin rouge, aspic de foie gras et légumes à la gelée de cassis et compotée d'oignons...

 

Le gamay, cépage phare du Beaujolais, présent en Loire, dans le sud de la Bourgogne, trottait dans ma tête.

 

Après moultes dégustations, les vins de Pierre Boyat se sont imposés.

 

 

Ce vigneron, sorti de la coopérative en 2004, a la chance d'habiter sur les hauteurs de Leynes, à l'extrème sud de la Bourgogne.

De chez lui, on a une vue magnifique sur le Beaujolais.

 

En conversion biologique, Pierre Boyat a décidé de ne plus souffrer ses vins pour ne plus les dénaturer, pour s'accrocher le plus possible au terroir et être fier de sa production.

Des raisins sains, une vinification respectueuse...

 

Le tout avec un grand dynamisme, Pierre est un des organisateurs du salon des Biojoleynes.

 

"Le Bois de Leynes" de Pierre Boyat a remporté la timbale lors de nos dégustations.

 

 

IMAGE_368.jpg

 

 

L'étiquette est sobre, jolie.

Aucune mention n'est faite de la conversion en agriculture biologique.

Le vin est classé en "vin de France", classification la plus basse, mais qui permet au vigneron sérieux de s'exprimer sans contrainte.


Aucune contre étiquette non plus...

Impossible de deviner que le vigneron ne souffre pas ses vins.

 

C'est plutôt une sensation de sobriété, toute en retenue, qui se dégage de la bouteille.

 


 

D'une belle couleur violine claire, le vin fait briller le verre.

 

Le nez est plutôt discret, intégralement tourné vers le fruit rouge.

En tournant un peu le verre, des notes de fleurs remontent, pivoine, et même quelques fragrances de rose.

Ca sent le plaisir.

Quelque chose de régressif et enfantin qui ne peut pas se refuser.

 

En bouche, le vin évolue en même temps que le buveur.

D'abord timide, le vin prend confiance et envoie des brassées de fruits rouges et noirs.

Après deux, trois gorgées, le vin s'offre totalement.

Des tanins fins, un fruit croquant et mûr qui se termine par une petite pointe d'acidité pour vivifier la bouche.

Extase... Râle de plaisir...

Une gourmandise, facile, évidente.

 

L'accord était juste parfait.

Le vin lavait le gras du foie pour en magnifier le goût.

L'aspic à la gelée de cassis complétait la palette aromatique du gamay.

L'acidité finale, bien que très légère, repondait au sucre de la compotée d'oignons.

 

Un temps fort.

 

Surtout que, bu le lendemain sur une petite charcuterie, le vin était toujours aussi généreux...

 

 

Si vous avez la chance de passer dans le sud du mâconnais, tout près de la roche de Solutré, faites un détour par le lieu-dit Bois de Leynes, dans les hauteurs du village de Leynes pour goûter les vins de Pierre Boyat, après un petit coup de téléphone 03 85 35 12 42.

 

Car, en plus de faire du grand vin, l'accueil est hautement sympathique, les dégustations sur fût laissent présager aussi de belles bouteilles dans un futur proche.

 

Un vigneron qui reprend plaisir à faire du vin après des années de carcan dans une coopérative.

Un vigneron fier de son vin, car il y a mis une part de lui-même.

De la générosité, de la fraicheur, du peps.

 

Sans concession.

 

 

 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 07:58

Maintenant que le bicéphale est une star de la presse internationale, nous avons décidé de céder à nos plus bas instincts...

 

Bah, oui, une ligne citant en exemple le blog, dans un article qui raconte que n'importe quel boîteux attardé peut déguster du vin, en faire un blog et y mettre un tas de conneries, ça se fête (non?).

Dans "L'Express" hors-série spécial vin publié en juin 2011, tout au fond de l'article (signé par l'excellente miss glouglou, que des pétales de roses te poussent sous les aisselles quotidiennement) de la page 42, le bicéphale buveur est cité grâce à son "langage fleuri".

 

l-express.JPG


 

Bordel de caca, si ma mère tombe dessus, je suis grillé...

"Les gens vont encore dire que je t'ai mal élevé... aïe, aïe, aïe, que je suis malheureuse d'avoir un fils tellement malpoli qu'il passe dans le journal" (relisez la phrase avec l'accent portugais, en levant les yeux et les mains au ciel et devant l'évier de la cuisine).

 

 

Avant la gloire (toute relative) de cet article, nous refusions les cadeaux, les bouteilles gratuites et autres petites attentions des domaines envieux de se faire de la publicité à (très) moindre frais...

 

Fini les bêtises de droiture morale, abreuvez nous en gnôle, nous ne refuserons plus les "échantillons gratuits".

 

Non, on rigole, le bicéphale refuse toujours poliment les bouteilles gratuites...

 

 

 

 

 

Sauf la dernière fois...

 

Ce qui nous place devant un cruel dilemme, vu que le vin est excellentissime et qu'il faut en faire profiter le maximum de personnes (c'est "limite" de l'utilité publique).

 

Bon, avec ou sans l'article, tout partira rapidement, car il suffit d'en goûter une fois pour avoir envie d'y regoûter immédiatement.

 

Donc, aujourd'hui, après quelques courbures de notre morale (presque) implacable, nous allons vous présenter un vin rosé qui deviendra le petit ami de votre barbecue, un amour de vacances, une soupe de langues avec entrechoquement d'appareils dentaires, une montée d'hormones sexuelles d'adolescents qui se "découvrent".

 

Parce que le vin rosé est un peu une découverte pour le bicéphale...

 

Nous ne pensons pas facilement "rosé" quand nous ouvrons une bouteille.

 

Un tort qui va être réparé depuis que nous avons bu le "MARCELIN ROSE 2010", vin de pays de la principauté d'Orange, produit par Christèle Plantevin pour Raphaël Reboux, caviste à Bourg-en-Bresse (Le vin selon Marcelin, cave qui déchire).


 

le vin selon...marcelin bourg en bresse 1246544242

 

 

Principauté-d'Orange est une Indication Géographique Protégée (IGP), anciennement vin de pays de la principauté d'Orange jusqu'à la vendange 2009.

Située dans le département du Vaucluse, dans la vallée du Rhône méridionale, aux portes de l'appellation Provence...

 

Christèle Plantevin est au domaine de la Gayère, à Cairanne, avec des vins que je n'ai encore eu l'occasion de goûter, mais qui sont souvent auréolés de médailles et autres publications dans les guides...

A essayer, donc (les commentaires des gentils lecteurs pourront peut être éclairer ma lanterne)...


Raphaël a pu choisir l'assemblage de syrah, grenache et carignan pour faire le rosé qu'il a "envie de boire".

 

C'est une chance monstrueuse d'avoir un caviste aussi motivé et compétent...

 

Alors, quand après quelques menus achats, il me glisse une bouteille de son rosé, "pour goûter", c'est avec plaisir que j'accepte.

 

 

IMAGE_375.jpg

 

Bon, j'émets quelques réserves sur l'étiquette de la bouteille.

Non pas que le côté girly me dérange, mais cela me semble un peu brouillon.

Et la couronne grise sur fond rose, ouais, bof...


Pas de contre-étiquette...

Tant pis, je suis plutôt friand de toute information futile ou utile au "derrière" de la bouteille.

 

Le vin est super joli... Un magnifique rose clair avec de jolies teintes de gris, avec une limpidité et une brillance qui appelle les rais de lumière.

C'est beau!

 

A l'ouverture, le nez est plutôt léger et frais, avec de belles notes de fruits rouges.

 

Bu à environ une dizaine de degrés, c'est une sensation de sorbet de fraise qui domine le vin.

C'est gourmand...

Il y a une jolie rondeur, avec une fraicheur tout le long de la bouche.

Aucune sucrosité désagréable, pas d'amertume, aucune acidité.

La fin de bouche nous donne un tanin très fin, avec un nuage d'épices...

 

Un granité  à la fraise et à la framboise, sans sucre avec une touche de poivre pour souligner la fraise...

 

C'est du pur vin glouglou comme je les aime.

 

Il a peut être une charpente un peu légère, mais il me fait penser à une maison de pain d'épices...

 

maison.JPG

 

Mais sans sucre et avec une montagne de fruits rouges...

 

Pour vous le procurer afin d'égayer vos barbecue et autres journées pique-nique, je vous laisse le numéro de téléphone de la cave "le vin selon... Marcelin" 04 74 22 34 32.

Je n'ai pas vu le vin en vente sur le site de vente en ligne de Raphaël, lemeilleurduvin.com...

 

Avec de la chance, il vous restera quelques bouteilles.


 

 

 

 

 

 

 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 19:14

En ce moment le bicéphale est vraiment en état larvaire...

 

Nous sommes ce qui s'appelle, communément, des merdes.

Oui, des cacas, des bouses, des fonds de bidet, des étrons...

 

Je ne souligne même pas le plus que faible rendement de Stéphane, chaînon manquant entre l'homme et le poulpe, qui arrive à pondre un article tous les 2 mois...

 

 

 

 

Et pourtant, ce n'est pas faute de couver un paquet d'articles qui devraient intéresser les lecteurs tristes de ce malheureux blog, qui vivote comme un poulet sans tête.

 

On en boit de belles choses, on ouvre de belles bouteilles, on prend cher dans la tête (et dans le foie) en dégustation.

 

Donc, aujourd'hui, on va faire court.

 

On va parler d'un vin simple, d'un vin de négoce, d'un vin facile et pas cher, mais qui groove superbement et qui se boit avec plaisir.

 

Acheté dans un Auchan en Picardie, pour accompagner un rôti de porc en sauce, il me fallait un vin rouge, simple et fruité...

 

Dans un rayonnage quasi-exclusivement dédié aux vins stars et insipides de Bordeaux, avec des vins du Beaujolais tristounes, une absence de vins ligériens (au passage, joyeux anniversaire à Oenos, les timbrés passionnés de la Loire), le "Ventoux 2009" de la Vieille Ferme était le seul qui m'inspirait (comme quoi, on trouve toujours quelque chose).


 

DSC02339

 

 

En appellation Ventoux, c'est un vin rouge de négoce (La Vieille Ferme achète du raisin à un tiers et s'occupe de la vinification).

Le Ventoux (ancien côtes-du-Ventoux jusqu'a la vendange 2009) est cultivé sur plus de 7000 hectares autour du Mont Ventoux.


 

mont-ventoux.JPG

 

 

Nous sommes dans le vignoble de la vallée du Rhône, du côté "méridional".

Même si c'est dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur...

 

Ce vin est produit par La Vieille Ferme, activité de négoce de la famille Perrin, grosse pointure de la vallée du Rhône, car heureux propriétaires du Château de Beaucastel, Châteauneuf-du-pape célébre (il est même cité dans les Gouttes de Dieu, manga dédié au vin et à sa dégustation).

 

C'est un vin rouge d'assemblage, composé de syrah, mourvèdre, grenache et cinsault.


Je ne reviens pas sur la magnifique étiquette, jouant sur le côté rural et vieille France, désuet mais inspirant tellement confiance.

 

DSC02338

 

 

Une étiquette qui sent le terroir et qui "parle" au consommateur que je suis.

 


 

DSC02340

 

La contre-étiquette est rigolote...

 

On sent qu'il y avait un petit stock de l'année précédente, car on parle encore de "Côtes du Ventoux", devenu "Ventoux" en 2009.

 

La petite description du vin, vague et sans réelle information, est donc standardisée au possible et n'apporte pas grand chose...

Un peu comme sur certaines contre-étiquettes dans les supermarchés qui parlent de mariages parfaits avec "poissons, crustacés, volailles, fromages et desserts"... Pourquoi pas avec ma grand-mère aussi...

 

Passons et ouvrons le.

 

J'aime bien sa couleur rubis sombre, avec une jolie brillance.

Le vin n'est pas totalement opaque, avec une petite transparence qui donne une sensation de légéreté.

 

Au nez, sans aucun carafage, c'est déjà très expressif, avec des fragrances de fruits noirs, des notes gentiment poivrées et épicées.

Très agéable à sentir, il prolonge la dégustation en empêchant de le boire trop vite.

Ca donne envie de goûter, mais on veut profiter de toutes les odeurs au maximum.

 

En bouche, c'est très lissé, agréable, mais solide.

"Ca coule tout seul".

Le vin est fruité (cerises, mûres chauffées par le soleil), structuré par un tanin présent, mais sans aucune astringence.

La longueur est moyenne, avec une finale sur les épices, sans aucune amertume ou acidité.


C'est clairement un vin du Sud avec de la poigne mais gardant une fraîcheur et une facilité à boire qui plaira au plus grand nombre.


Il a comblé les amoureux du tanin et les partisans des rouges fruités.

 

Fraîcheur, facilité à boire... On peut parler de vin gouleyant...

 

Moi (idiot que je suis) qui ne pensais qu'on ne pouvait utiliser ce mot pour du bon Beaujolais avec son gamay croquant, je suis agréablement surpris.

 

Le vin n'est pas d'une complexité folle.

Et c'est tant mieux.

 

Il est simple à boire, simple à partager autour d'un saucisson, de mon rôti de porc au champignons avec sa purée de céleri rave.

 

Aux alentours de 5 euros, c'est clairement une bonne affaire.

Ca mérite d'essayer le vin et de me donner votre opinion.

 

Il donne le ton pour une bonne soirée, simple, entre amis.

Il groove gentiment...

 

 

 

 

 


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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 00:19

Ce mois ci, c'est un vieux de la vieille (à qui on ne la raconte pas, qui en a vu des vertes et des pas mures) qui a pris la présidence des 36ièmes vendredis du vin.

 

Un papi de la blogosphère vinique qui doit partager le même dentier qu'Olivier Grosjean et faire une commande groupée de couches "confiance" avec Christian Bétourné et Laurent Lalouette...

 

couche-confiance.JPG

 

Philippe Rapiteau de la "pipette aux quatre vins" fait plancher les amoureux du vin sur le "world wide web" autour d'un sujet qui nous ramène au temps des modems 56k, du portable sans androïd et des voitures qui ne font pas leurs créneaux toutes seules...

 

Diantre, nous voyageons dans le passé.

 

Il nous faut explorer l'avant-2000.

 

"Le thème : "Les années 2000?... Et avant?..." La condition sine qua non pour participer sera d'évoquer une bouteille d'avant 2000. Le siècle dernier, voire le lointain millénaire précédent!... 1999 et avant!..." 

 

Ouais...

Pas si facile que cela.

 

Le gros souci du bicéphale est qu'il n'est pas caviste amateur.

 

Les vins achetés le sont pour être bus avec les potes.

Rapidement, sans concession, dans le plus total consumérisme immédiat...

 

Peu de bouteilles ont été oubliées au fond de la cave.

Et celles qui ont été volontairement "planquées" attendent vraiment une occasion spécialissime (record du monde du triple saut, première dent du petit, nouveau slip avec élastiques renforcés ou pour un concours de cul-sec...).

 

Mais, à chaque problème, il existe une solution...

 

J'ai la chance d'avoir un père serial-collectionneur.

Il possède une cave superbe, avec une multitude de bouteilles.

Bouteilles qui s'ennuient et sont très (trop) peu ouvertes.

 

Mon père a toujours préféré l'objet "bouteille" que le plaisir que peut procurer le liquide à l'intérieur.

Un peu comme une boule à neige, sans neige mais avec du raisin.

 

boule-a-neige.JPG

 

 

Les vins évolués ne me déplaisent pas, j'aime les côtés animal, cuir, humus, champignon qui apparaissent au fil du temps.

 

C'est toujours un plaisir d'aider mon père à "aérer" sa cave...

 

Si nous devons boire un vin du siècle dernier, autant y aller à fond.

 

N'ayant pas un amour fou des vins blancs liquoreux, botrytisés, vendangés tardivement et ne trouvant pas grande grâce aux vins de Bordeaux, j'opte pour une expérience masochiste.

 

je vais dégoupiller un Sauternes...

 

J'ai longtemps hésité à prendre un vin d'Yquem 1982, avec irrespect et dans un verre à moutarde.

Mais la provocation a des limites.

Ce vin fera sûrement plus plaisir à un amateur que mon père voudra impressionner.

 

Mon dévolu s'est donc posé sur un "Château de Fargues 1984".

 


 IMAGE_348.jpg

 

Ce ne sont pas les grandes années de la décennie (1983, 1986).

Il serait temps d'y goûter...

 

Le Château de Fargues d’une superficie de 15 hectares, appartient à Alexandre de Lur-Saluces, autrefois propriétaire et gérant d’Yquem.

Le château appartient à la même famille depuis plus de 500 ans.

Il est souvent comparé à un petit frère d'Yquem, la star du Sauternes avec des bouteilles dont le prix frise l'intolérable...

 

La couleur de la bouteille est juste magnifique.

D'un or franc, lumineux et brillant.

 

IMAGE_349.jpg

 

Le bouchon, retiré avec soin, a bien morflé.

 

 

IMAGE_346.jpg

 

 

IMAGE_352.jpg

 

 

IMAGE_351.jpg

 

 

Au nez, c'est très expressif.

Ca envoie sévère dans les naseaux...

Au tout début, cela semble alcooleux, mais très vite, on est envahi par des odeurs de pain d'épices, des fruits confits.

Le tout sent bien le sucre, le miel, mais garde une fraîcheur relative.

Le vin ne sent pas le "lourd", le pâteux.

 

En bouche, cela reste fort doux.

Le sucre tapisse la bouche, avec une sensation de fruits rôtis (pêche, abricot, pomme), même limite blet (ce qui n'est pas désagréable, juste surprenant au premier verre).

Un goût de miel arrive en milieu de bouche, mais avec une certaine finesse.

Dans la longueur, une jolie acidité, avec des notes de noisette, finit doucement la bouche.

 

C'est du grand, beau vin.

 

Pourtant, je ne suis pas sûr d'aimer.

J'aimerais m'extasier, atteindre le 7ème ciel et soupirer de plaisir...

Mais je n'y arrive pas.

Le sucre reste trop présent et trop longtemps en bouche.

J'ai plus l'impression de fatiguer mon pancréas que de contenter mes papilles...


Le vin est trop bling-bling, envoie dans tous les sens.

Du body-building de compétition.

 

Je comprends aussi le plaisir qu'il peut procurer à des amateurs.

Tout comme je comprends les amateurs de grosses Ferrari rouges ou de grosses Porsches rutilantes... Sans avoir jamais eu envie d'en conduire une de ma vie.

 


 

Quand j'apprends que cette bouteille vaut environ 180 euros, cela finit de m'achever.

 

J'ai pris un chemin trop tortueux pour ma remontée dans le temps.


En choisissant d'aller vers le choix le moins évident pour moi, j'ai pris quand même plaisir à ouvrir une bouteille d'une vendange faite quand j'avais 8 ans...

 

8 ans en 1984...

 

Ca me donne envie de jouer au rubik's cube en écoutant "Lemon Incest" de Gainsbourg, "Heaven's on Fire" de Kiss ou "True Men Don't Kill Coyotes" des Red Hot Chili Peppers...

 

 

 

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 01:57

Ca va tailler dur...

 

Apres une longue série d'articles mettant en avant des vins "bio", "natures", faits par des vignerons à la superficie modeste, mais au talent énorme, le bicéphale avait envie d'un contre-pied dans la surface de réparation, avant de tacler le gardien et de lui faire avaler le ballon (de rouge).

 

Parce qu'aujourd'hui, nous allons changer de galaxie et parler d'un vin produit pour le discount par un énorme producteur de pinards divers et variés, avec une promotion écoeurante d'un has-been du terroir...

 

Le "Beaujolais nouveau 2010" de Dominique Piron, en partenariat avec Leader Price a fait son petit buzz au mois de novembre 2010.

 

IMAGE 228 

 

 

Avec une publicité à grands renforts de Jean-Pierre Coffe (acteur tragi-comique de la gastronomie française), de bouchon lyonnais (à Paris, faut pas déconner quand même), et d'accordéon que l'on voudrait broyer à coups de talon.

 

 

Il est prêt à tout notre Jean-Pierre, beaucoup plus à l'aise et ayant mieux appris son texte que Dominique Piron.

On ne nait pas pro de la communication, c'est du travail de longue haleine...

 

Monsieur Piron, lui, gère une soixantaine d'hectares dans le Beaujolais, avec de multiples noms de domaines, de négoces, et une déjà belle présence dans les rayonnages des grandes surfaces avec de belles promo lors des foires aux vins.


 

Et quand il s'agit d'aider les vins de grande distribution, on peut toujours compter sur la "Revue du Vin de France"...

 

rvf.JPG


Coup de tonnerre, le bojo nouvo de Leader Price à 4,25 euros est le préféré de nos grands dégustateurs de vins, en vidéo, s'il vous plait.

 

Cette cuvée "spécial low cost" est même préférée à la version caviste du même producteur (notre ami Dominique Piron), évidemment plus chère.

 

20 "beaujolais nouveaux" qui faisaient grimacer nos pauvres dégustateurs.

Que de la pointure, Carrefour, Monoprix, Intermarché...

 

Il fallait porter une grosse pointure à ses pieds (même si le dit pied nageait à l'intérieur de la chaussure), avec un bô portefeuille, pour avoir la chance de bousiller les papilles de la RVF.


 

 

"Arrêtez, c'est trop gros, on n'y croit plus!"

C'est ce qu'aurait pu crier un metteur en scène soucieux de ménager le pauvre spectateur.

 

Mais, comme souvent, la fiction est plus frileuse que la réalité (un scénariste qui aurait osé imaginer le directeur du FMI, mal rasé, menotté dans le dos et le regard perdu dans le vague aurait pointé au Pôle Emploi il y a 2 semaines...).

 

 

20 "beaujolais nouveaux" goûtés et aucune envie de présenter des vignerons qui portent l'appellation à bout de bras en proposant des vins loin du stéréotype banane, myrtille et autre daubes abjectes et rapeuses.

 

Et des vignerons qui aiment leur travail et leur terroir, il y a en a à la pelle.

Vite fait, quelques bojo nouvo qui nous ont "bougé", celui de Michel Guignier (à Vauxrenard), des côtes de la Molière , de Lilian Bauchet, de P.U.R, de Bruno Debize (entre autres...).

 

 

 

Bon, comme il ne faut pas mourir idiot, j'en ai acheté du bojo nouvo de chez Leader Price...

Mais, comme le but du jeu n'est pas de faire de la publicité pour Leader Price, le bicéphale a patiemment attendu que le buzz meurt jusqu'à disparition des stocks de ce vin dans notre surface discount du jour.

 

 IMAGE 224

 

A 4,25 euros chez le low-cost du coin, c'est déjà du haut de gamme dans le rayons vins et spiritueux.

 

IMAGE 227

 

On a retourné la bouteille dans tous les sens, aucune mention de Coffe n'apparait sur l'étiquette ou la contre-étiquette...

Par contre, c'est grâce à Leader Price et à son illustre inconnu oenologue que ce Beaujolais doit déchirer.


 

Malgré notre fort mauvais à-priori à l'achat de la bouteille, il faut être honnête et souligner le côté "vin facile" de cette cuvée.

Même si le vin n'est pas chargé "émotionnellement", il fait le job.

 

On retrouve la teinte violacée habituelle des bojo de supermarché, se rapprochant du violet fluo des sodas canadiens ayant vaguement le goût de raisin, les "grape sodas".

 

grape-soda.JPG 

 

Le nez est dans la purée de fraises, avec une belle fraicheur.

Encore une fois, il n'y a pas de surprise, ça sent le bojo nouvo.

Mais, vous avez raison, si je m'attendais à avoir du bojo qui sente le romarin, c'est que je suis mentalement déficient...

 

En bouche, c'est très loin d'être désagréable.

C'est du concentré du fruits rouges, porté par une trame fraiche et avec une pointe d'acidité qui ne me déplait pas.

Ca se laisse même bien boire.

 

On est loin de l'extase, certes, mais on est aussi très loin de l'imbuvable.

 

D'ailleurs, sur le petit saucisson, à l'apéro, sans savoir qu'il était estampillé Leader Price, le vin est très bien passé auprès des convives.

 

 

Moi, je garde tout de même un blocage (sûrement débile, mais on ne se refait pas) à la dégustation.

Surtout en comparant avec les quelques vins (cités juste au dessus) qui sont autre chose que du stéréotype ou de la caricature.

Car, même s'ils restent tous d'un plaisir facile, ils proposent à chaque fois quelque chose d'original et de "pas pareil".

 

Là, j'ai l'impression de revoir pour la 1000ème fois une rediffusion de "l'aile ou la cuisse"...

 


 

J'ai beaucoup rigolé la première fois, mais ça devient un peu lassant...

 

Alors quand je vois ce grand guignol de Coffe, qui présente un vin honnête sans plus, se désarticulant et s'enthousiasmant jusqu'à la nausée pour un vin destiné à un coup médiatique, ça devient même un peu pénible.

 

Si on peut boire bon et intelligent en même temps, je prends encore plus de plaisir...

Pas vous?

 



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