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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 07:33

 

C'est avec la sensation d'avoir reçu un vilain coup de pied dans l'entre-jambes que le bicéphale a appris la nouvelle...

 

Nous serions un blog "insaisissable" pour les jeunes qui découvrent le vin, qui se cherchent et qui espèrent trouver quelques pistes au fil de leurs lectures blogesques.

Sans vouloir le dénoncer à la vindicte populaire, je dirais juste qu'il s'appelle Guillaume (lien sur son facebook) et qu'il tient un excellent blog qui s'intitule "Du Morgon dans les veines".

N'hésitez pas à aller défendre l'honneur du bicéphale en le submergeant de commentaires élogieux sur son blog!

 

Il est vrai que, depuis quelques temps, le bicéphale a la facheuse tendance à écrire sur des vins "insaisissables"...

Ils sont souvent hors Grande Distribution (remarquez le respect par la majuscule). Pour se les procurer, il faut souvent aller au delà de soi-même et appeler le vigneron.

 

 

Le constat est dur.


Malgré sa fraîcheur juvénile, sa crinière de lion et son langague de djeune qui kiffe la life, le bicéphale n'écrit plus assez sur des vins "faciles"' à trouver et à aimer. 

Bon, on ne va pas non plus exagérer.

Jamais le bicéphale n'écoutera du R 'n B ou du Hip-Hop en envoyant des SMS bourrés de fautes d'orthographe, enfermé dans sa chambre en pensant à sa prof de maths nue et humide.

 

  jeune.JPG

 

C'est trop tard.

 

Mais on peut faire un effort (tranquille, sans trop en faire) pour écrire sur des vins bons et distribués en GD.

Pour que ceux qui ont leurs premières émotions viniques puissent continuer à surfer sur la vague du plaisir que donne un bon vin.

 

A tout âge.

 

C'est le cas de ce vin, "chiné" chez Auchan, durant la foire aux vins (tout jeune amateur y fait ses premières armes, fébrilement, avec l'impression d'être Colomb) de cet automne.

 

N'hésitez à goûter (pour moins de 10 euros) à un "Marsannay 2009" du domaine de la Cave aux Loups.

 

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Laurent Fournier est vigneron au domaine Jean Fournier à Marsannay, petit village accroché au bord d'une zone commerciale en périphérie de Dijon.

Premier village où la vigne est plantée séculairement, c'est le point de départ de la route du vin vous emmenant vers Beaune.

 

Marsannay est une appellation mal aimée.

A tort, car on y trouve de superbes vins, qui ont le mérite de ne pas flamber niveau prix (jusqu'au jour où le Marssannay sera à la mode et que les prix vont grossir comme une grenouille qui voulait être un boeuf...).

 

Vignerons depuis des générations, le domaine Jean Fournier a pris la tangente de l'agriculture biologique depuis quelques années.

 

Ce vin rouge de Marsannay est de cépage 100% pinot noir, le cépage emblématique de la Bourgogne (la gamay y est aussi cultivé, souvent en assemblage sous la dénomination Bourgogne passe-tout-grain).

 

L'étiquette est superbe, avec cette peinture d'allure rupestre reproduite, ainsi que le nom de Laurent Fournier mis en évidence.

 

La contre étiquette est peu informative, mais permet de voir la certification de l'agriculture biologique.

 

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Destiné à l'export, à la disribution en GD, le vin est "stabilisé" par l'adjonction de sulfites.

Ne controlant pas toute la logistique du domaine vers l'étal du magasin, peu de vignerons prennent le risque de faire faire des vins "natures" (sans sulfite).

Le Vin Nature a la réputation d'être plus fragile aux changements de température, aux transports peu précautionneux...

 

Ce Marsannay mérite de craquer un petit billet...

 

Il permettra aux jeunes amateurs de faire leurs gammes sur un vin qui donne un pinot noir facile et plaisant.

 

C'est du pinot dans tout son fruité, cerise, groseille très mure.

On reprochait souvent aux bourguignons de faire des vins portés par une trop grosse acidité les destinant à la garde, avec l'argument massue des vignerons "c'est pas buvable maintenant, mais dans 10 ans, porté par l'acidité, le vin va s'épanouir".

 

Le bicéphale n'est pas caviste.

Je suis fébrile et j'aime prendre du plaisir de suite avec un vin acheté l'avant veille sans avoir à le fourrer dans une cave pour un dixième de siècle...

 

Là, c'est bingo.

 

Le vin donne de suite un plaisir fruité avec une jolie longueur en bouche, le tanin présent et léger, la pointe d'acidité qui termine la bouche.

Le vin n'est pas marqué par le bois (peut être dû à un élevage en foudre, tonneau plus gros que le fût, avec moins de contact du vin au bois) et laisse exprimer le fruit facile et délicat.


Je n'ai aucune idée du potentiel de garde du vin.

Mieux, on s'en contrefiche, le vin ne devrait pas faire de vieux os chez vous.

Il s'ouvre facilement sur du canard, une escalope ou un jarret de veau.

Moi, je le bois volontiers sur des oeufs en meurette... WHAOUH!

 

C'est bon, ça se boit sans soif.

 

A tester pour "ressentir" le pinot noir sans perdre un rein au moment de sortir la carte bleue.

 


 

 

 

 

 


 

 



 

 


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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 08:44

Le bicéphale adore les "Vendredis du Vin"!

 

 

vdv-logo

 

Chaque dernier vendredi du mois, les blogueurs (pas que, toi aussi tu peux participer sur Facebook) se réunissent autour d'un thème vinique.

C'est toujours un réel plaisir de se triturer un peu les méninges, d'être "bougé" pour coller au sujet.

 

Etant un animal basique, avec un second degré limité, une impossibilité totale de comprendre un sous-entendu et une incapacité à se concentrer sur plusieurs choses en même temps, le sujet du mois a fracassé le bicéphale en plein vol...

 

Papy sagesse de la blogosphère pas que vinique, monsieur Jacques nous demande de réfléchir sur un "vin qui aimait les femmes".


"Bien évidemment ça n’a rien à voir avec ces vins dont on nous dit que ce sont des vins de femmes. Vous devrez, comme le faisait John Malkovitch, vous mettre dans la peau d’un Vin pour ressentir et exprimer les sentiments que lui inspirent soit les femmes en général, soit une en particulier. Libre à vous ! Exprimez-vous sur ce thème où vous voulez : sur votre blog, sur votre Facebook ou ici-même. Ruez vous sans modération sur vos souris !

 

Inspirez-vous de Truffaut : soyez un Jean-Pierre Léaud, celui des 400 Coups ou celui de l’Amour en Fuite avec la délicieuse et regrettée Claude Jade ou prenez le long pas de sa dernière compagne Fanny Ardant interprète du film d’amour fou et torride La femme d’à côté avec un grand Depardieu..."

 

Bon, il est des montagnes qui vous paraissent plus hautes et plus enneigées que d'autres.

 

Là, pour le coup, c'est un Everest...


Et sans même évoquer les références cinématographiques qui restent très limitées chez le bicéphale.

Surtout en temps que fan de "Shaolin Soccer"...

 

 

(pas très féminin, isn't it?)

 

 

 

Dans le sujet, il y a déjà trois mots à décortiquer pour tenter de pondre quelque chose.


- Le vin

 

Je suis clairement une nouille qui n'y connait pas grand chose en vin, sans aucune prétention de critique ou de journalerie.

Je n'ai pas fait de grand forum de dégustation où j'arrive à avoir un avis sur tous les vins du monde, avec l'impression d'être en totale maitrise de toutes les choses de l'univers tel Bouddha comprenant l'univers en pleine méditation.

 

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J'achète pas mal de magazines, lis les blogs viniques, sans me sentir schizophréne.

Il semble que cela soit impossible si on lit le dernier édito de Christophe Tupinier dans "Bourgogne Aujourd'hui" qui tance vertement la gratuité du net.

C'est avec un immense respect que je lui réponds:

"Eh, banane, c'est le même lectorat de passionnés qui surfe sur le web et achète ton magazine... Quand tu critiques l'idiot qui aime lire les blogs, qui aime la gratuité et le côté débridé du net, tu insultes celui qui vient d'acheter ta presse et qui cherche un autre contenu. Un nouveau média n'est pas un ennemi. Et en être jaloux ne te rend pas plus intelligent..."

 

Les blogs sont l'occasion de voir de nouvelles sensibilités, d'avoir un avis de passionné avec ses faiblesses, ses doutes, ses plantages, sans le côté encyclopédique que l'on recherche dans un livre ou un magazine spécialisé...


 

- Aimait

 

A l'imparfait.

Ca sent la séduction, le Don Giovanni qui a la tête qui tourne devant une bourgeoise, sa servante et parfois la chèvre qui les accompagne.

Celui qui ne peut qu'aimer de manière éphémère et passionnée, intense mais trop vite rassasié.

Celui qui, dès qu'il a un nouveau jouet, le brise pour en désirer un autre.

 

jambes.JPG


Le bicéphale ne mange pas de ce pain là.

Fleur bleue, amoureux transi, il n'est l'homme que d'une seule femme qu'il aime au présent et surtout pas à l'imparfait.

 

Ca et une incapacité chronique à jouer au "jeu de la séduction", même dans la fougue de sa jeune vie d'adulte libre et priapique.

Il devait y avoir les règles du jeu quelque part.

Jamais trouvées...

 

 

 

- Les femmes

 

Encore un mystère au quotidien.

Ca fait quelques décennies que je pratique, je n'y comprends toujours rien.

La vie est tellement simple quand on peut ouvrir une bière devant un écran de télé avec 22 cons qui courent, en pouvant en insulter 11...

Une amie largue son mec parce qu'il est trop gentil, l'autre parce qu'il est trop égoïste...

Bah, oui, il faut un peu des deux, dans un savant dosage que seules ELLES connaissent.

Un macho au grand coeur, un sensible à l'âme de viking...

En fait il faudrait être un peu tout à la fois, mais à des moments distincts.

Moments qu'il faut savamment deviner, histoire de ne pas faire le barbare à table avec les beaux-parents ou l'hypersensible eppleuré durant le coït.

 

Bref, du grand n'importe quoi pour un bicéphale certes binaire mais avec beaucoup de volonté.

De là à penser qu'il y a un grand complot féminin destiné à nous faire tourner en bourrique...

 

crise-de-nerf.JPG

 


 

 

 

En conclusion, voici un sujet simple avec un sujet, un verbe, un complément.

Trois mots, trois difficultés à escalader pour un bicéphale sans cordage ou piolet, mais en tongs et short...

 

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Bon, il y a bien un vin qui fait l'unanimité chez les dames qui viennent partager le repas simple et frugal.

 

Un vin qui fait mouche quasiment à chaque fois chez les dames de 16 à 80 ans.

Que les fraîches jeunes filles trouvent sucré et facile.

Que les plus expérimentées trouvent vineux avec une trame acide derière une belle sucrosité.

 

Fait par un vigneron au fin fond du mâconnais, sentant le sable chaud (plutôt l'argilo-calcaire), le visage buriné par le travail au grand air mais qui écoute de la musique classique dans la cuverie.

Un vigneron qui paraît rugueux au premier abord mais qui a une vraie gentilesse.

 

Pourtant, à Montbellet, Guy Blanchard ne fait pas de concession.

Son vin, il l'aime nature du bout des racines du cep jusqu'au fond du fût de chêne.

Et quand il fait un pétillant naturel avec son chardonnay, ce n'était sûrement pas pour ne plaire qu'aux femmes...

 

Pourtant le "Blanc Charmant" de Guy Blanchard (vous avez saisi le jeu de mots) est un bonheur à l'apéritif!

 

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Pétillant naturel avec un chardonnay subtile et gourmand.

 

Toujours ce côté régressif dans ces vins que j'appelle "vin-bonbon", avec une bulle fine et légère et une impression de lécher le sirop d'érable à même l'arbre.


En bouche, c'est d'abord une brassée de poires et de mangues, avec un sucre bien présent mais qui n'empâte pas la bouche.

Mais si ce n'était que cela, ce vin ne plairait qu'aux jeunes pucelles...

Non, ce vin a un peu plus à proposer avec une longueur fraiche mais pas abrupte, du goût, du corps.

A la fin, la langue claque sur le palais et en redemande.

 

Un vin séducteur, d'approche facile et qui les rend (presque) folles.


Le tout pour moins de 8 euros.

C'est Don Juan déguisé en Leporello...


 

 

 

 

 


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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 21:23
Parfois, il faut aller à l'essentiel...

C'est assez difficile pour le blogueur moyen d'être incisif, précis, rapide et concis.
Encore plus pour le bicéphale qui aime raconter sa vie dans les moindres détails; mes collègues savent jusqu'à l'état de ma digestion.

Entre autres perversions, je suis aussi un peu exhibitionniste, avec un côté clairement égocentré.
Mais aussi avec des envies de partage (et pas que de mes perversions...).

Je me fais donc violence pour mettre en avant un vin ultime à partager entre amis, en essayant d'être pointu et bref.

Donc, pour faire court, si tu n'as pas bu du "vin d'oeillades" de Thierry Navarre, cher lecteur, tu as raté un bon moment de pinarditude.
Qu'il faut rattraper.
Et vite.

vino-013.JPG
Alors, rapidement, Thierry Navarre cultive une douzaine d'hectares à Roquebrun, dans l'AOC du Saint Chinian, dans le Languedoc, sur des sols de schistes bruns où les racines de la vigne plongent dans les nombreuses failles.

Pas d'intrant chimique de synthèse, vendanges manuelles (sur des sols pentus), une vinification la plus naturelle avec un ajout minimal de sulfites.

Thierry Navarre est un artisan-vigneron qui aime mettre en valeur les cépages autochtones oubliés.
Tel ce vin de cépage oeillade, cousin proche du cinsault, donnant des vins rouges goûteus et goûtus.

C'est un vin qui se boit frais et jeune d'après le vigneron...
Mais ce 2008 oublié dans ma cave montre qu'il tient bien la distance et qu'il a peu changé depuis 2 ans (la dernière fois que mon tire-bouchon a chopé un "vin d'oeillades").

Dégustation express...

Belle couleur rubis brillante, on est loin des vins du sud surextraits à la robe encre de seiche.

Au nez, la première association qui vient dans ma petite mémoire olfactive est la quetsche tombée de l'arbre.
J'ai l'impression de sentir les herbes sauvages et aromatiques des Causses, sans pouvoir déterminer ce qui domine, lavande, romarin, thym...

En bouche, bu aux environs de 12°c, le vin donne ce qu'il promet au nez.
C'est du fruit noir, mais avec la pointe d'acidité, silex même.
Le vin n'est pas musculeux, il ne joue pas dans la cour de l'école à savoir qui aura le plus de tannins.
Les tannins sont même plutôt discrets.

Le vin donne du plaisir et de la fraîcheur.
La longueur n'est pas énorme, mais c'est tellement bon que la bouche en reveut de suite.

Une nouvelle arme fatale pour ceux qui aiment à découvrir des vins au charme simple, bien faits, plaisants qui se boit sur de la charcuterie, sur des viandes en sauce, du cassoulet, de la garbure...

On imagine facilement une belle marmite posée sur la table, le vin juste à côté et les assiettes qui se tendent pour atteindre la louche au dessus du ragout.

Un vin pas arrogant mais qui peut en raconter à beaucoup.
Vraiment à essayer.
Vous l'adopterez.
Pour faire court...


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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 10:56

Sans ami, le bicéphale n'est rien...

 

Incapable d'ouvrir une bouteille seul, il dégoupille plus vite que son ombre dès qu'il est entouré.

Toutes les occasions sont bonnes, mais il y en a certaines qui sont encore meilleures.

 

Comme lorsque "La Grosse Commission" se réunit...

 

Deux fois par mois, trois jeunes éphèbes se réunissent. Ils transpirent ensemble. Ils s'arrachent les doigts et les bras ensemble. Il se broient les tympans ensemble.


La Grosse Commission se déchire sur des morceaux ondulant du vieux punk vers le blues rock.

 

Deux fois par mois, vers 11 heures du matin, le petit village paisible de l'Ain est rythmé par les frappes sourdes de la batterie de Fifo.

Les sonotones des petits vieux vrillent à cause de la saturation de la "Flying V" de Fred...

Ca hurle, ca joue plus ou moins bien.

Ca s'amuse.

 

Mais après un (relatif) effort, il faut un gros réconfort...

C'est le moment de s'asseoir, de manger et de boire.


En plus d'être un riffeur bourré de feeling, Fred est celui avec qui je partage le plus de vins, avec un goût sûr et de belles armes en dégustation.

 

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(remarquez ce magnifique tee-shirt de Fred, avec Ozzy mangeant une bat-chauve-souris)

 

Et notre "Bill Ward" franc-comtois, Fifo est une fine lame de la dégustation, grand spécialiste (pas que) du Jura. Des connaissances qui me surprennent toujours...

 

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(Fifo arborant une magnifique impression des Cramps sur son poitrail musclé)


Les bouteilles peuvent trembler.

Après une petite heure de musique, nous avons soif et faim...

 

Je profite de l'occasion pour goûter des vins et profiter de leurs commentaires.

 

Ce jour-là, j'avais une bouteille qui ne m'avait pas trop emballé une première fois et que je voulais réeesayer sur les conseils avisés de maître Olif (que les dieux t'accueillent au Walhalla du rock 'n roll).

Un "Côtes du Jura 2006" de Laurent Macle.

 

KICX0967.JPG

 

Laurent Macle est une star du Jura, reputé pour son Chateau-Chalon;

Il ne cultive que du chardonnay et du savagnin, les deux principaux cépages "blancs" du Jura, ne proposant que son "Côtes du Jura", son Chateau-chalon, un crémant et un macvin.

Plutôt sain comme approche dans un monde vinique où les vignerons multiplient les cuvées de toutes les couleurs, pétillants ou pas, pour satisfaire tous les consommateurs.

Là, on est dans une toute autre démarche.

 

Je m'étais déjà raté sur les vins de Laurent Macle, les trouvant trop typés, trop "conservateurs", trop "rétro".

Trop garants de la tradition jurassienne.

 

 

Mais (et c'est le seul conseil qu'un bicéphale peut vous donner en ce qui concerne le vin) il faut toujours regoûter un vin, idéalement dans des conditions différentes.

 

Le "Côtes du Jura" proposé par Laurent Macle est un assemblage de chardonnay et de savagnin, élevé en fûts durant deux ans sous voile, non ouillé (comme Fifo l'a toujours dit...).


Le vin s'évapore durant son élevage (la fameuse part des anges), et ouiller veut dire que le vigneron "rempote" du vin dans le fût pour que le vin garde un contact total avec le bois et empêcher une oxydation du vin.

Dans le Jura, les choses sont toujours un peu différentes.

Le savagnin supporte très bien l'oxydation et prend du volume, de la complexité en s'oxydant, donnant ce goût de Jura inimitable.

 

 

En versant le vin dans le verre, il a une belle couleur bronze pâle, dense, avec quelques dépôts qui volent, tournoient et disparaissent.

 

Le nez est caractéristique du "Jura non ouillé", noix fraîche, miel, sirop d'érable. Une odeur très marquée, tout sauf discrète.

 

A la première gorgée, déception...

Le vin tombe d'un coup après une acidité décapante.

Ach, le sort s'acharne contre moi.

Je gémis déjà, je convulse de déception...


Mais Fred et Fifo ne mouftent pas.

Ils prennent leur temps, aérent le verre, laissent monter le vin.

 

Je le fais aussi.

 

degust-macle-copie.jpg

 

Et, là, vavavoum!!!

 

Ce vin est vraiement très bon.

Sur une trame acide tranchante d'une longueur complétement incroyable, le vin est tendu.

Dans labouche, c'est la baston entre les épices (cumin, cannelle, curry), la noix et l'amande pour finir sur le fil dans des notes de granny smith.

 

Une baffe...

 

Le lendemain, le vin montre encore plus de précision.

 

Cette longueur, ce goût franc et marqué mais fin et précis.

Whaouh.

 

C'est délicieux, mais plutôt pour un public averti du goût du Jura.

Parce que ça peut surprendre tant de finesse et tant de goût dans un seul verre.

 

La Grosse Commission reste punk et brûle les idoles comme cette magnifique conclusion de Fifo qui a pourtant apprécié ce vin du domaine Macle.

 

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Punk's not dead!

 

 


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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 07:48

En ce lendemain de rentrée scolaire, le bicéphale vous propose un zeste de vacances en bouteille.

 

Obligé de trimer comme un galérien, au rythme du tambour, par un chef de service à la poigne de fer, ma "douce" s'en est allée se balader, sans moi, à Argeles chez Adeline et Aurélien.

Comprenant mon marasme, entendant mon désarroi, elle a dû prendre sur elle pour visiter des caves afin de ramener un breuvage qui console.

Avec un petit peu de pays catalan enfermé dans la bouteille.

 

Dans la magnifique ville de Collioures, semblant vouloir "glisser" en Espagne sur les cartes Michelin, Sophie a pu goûter les vins du domaine Manya-Puig et apprécier leur Banyuls.

 

collioure.JPG

 

Mais, c'est quoi donc le Banyuls?

 

Le Banyuls est un vin doux naturel, en Appellation d'Origine Contrôlée depuis 1936, autour de la ville de Banyuls-sur-Mer.

La ville de Banyuls-sur-Mer a été un port actif phénicien.

Les grecs ont ensuite implanté le vignoble qui sera dorloté par les moines templiers, pour prendre cet aspect de terrasses qui surveillent la méditerranée et qui rendent impossible toute envie de mécanisation des  vendanges.


Le bicéphale, machin agnostique, ne peut s'empêcher de verser une larme de gratitude à tous ces moines, qui, de la Champagne jusqu'au bout des Pyrénées-Orientales, en passant par la Bourgogne, lui permettent de boire des putains de bons vins...

 

Le Vin Doux Naturel de Banyuls est un vin rouge doux, sucré naturel sans ajout de sucre.

Principalement composé d'au moins 50% de raisins de grenache noir, le banyuls peut être complété de grenache blanc et gris, de macabeu, de carignan, de malvoisie, de cinsault ou de muscat.

Les moûts ont une richesse naturelle en sucre (plus de 200 grammes par litre) avant que la fermentation soit coupée par l'ajout d'eau-de-vie qui tue les levures, gardant une belle sucrosité.

Le vin est dit muté, comme le porto, le moscatel ou le madère (ça se voit que je suis portugais?).

L'élevage sous bois dans des barriques anciennes et, parfois, en plein air dans de grosses bonbonnes en verre permettent l'oxydation du vin l'emmenant vers des goûts caractéristiques de rancio.

 

Le banyuls donne des vins à la sucrosité fine pouvant convenir à du foie gras, des desserts chocolatés, des fromages ersillés, sur des fruits secs.

 

J'ai donc le plaisir de boire du Banyuls en présence des régionaux de l'étape, Adeline et Aurélien.

Merci Sophie!

 

 

 

 

 

Le Banyuls 2003 du domaine de Manya-Puig s'offre donc à nous, à l'apéritif, durant une soirée chaude et moite comme le bicéphale aime à en passer.

 

Le domaine est situé à Collioure, avec une boutique collée à la pharmacie familiale, la famille Manya étant ancrée sur Collioure avec une tradition de vigne et de médecine.

Depuis 1997, Cathy et Guy Puig ont été assiciés à la famille Manya pour une gestion optimale des 30 hectares de vignes.

La culture de la vigne se fait de manière traditionnelle, revendiquant un raisonnement dans l'utilisation des intrants chimiques mais sans vélléité biologique.

 

Notre banyuls n'attend que le tire-bouchon pour succomber.

 

KICX0941.JPG


 

Bu de manière nonchalante en discutant, le vin a tenu avec bravoure deux séances d'apéro...


Avec sa couleur rouge-brun, son odeur d'oxydation et de cerises au kirsch, le vin est déjà plaisant.

Il donne du soleil, nous emmène vers en méditerranée, en Espagne, au Portugal...

Les vins mutés sont des vins qui me parlent.

Surement à cause de mon premier verre de porto, des odeurs des chais de Vila Nova de Gaia, du Douro.

Vers les beaux rancios bus en Espagne dans des terrasses au soleil couchant...

 

Je voyage.

 

En bouche, je suis TRES agréablement surpris.

Je m'attendais à un vin empâté dans son sucre.

Il y a du sucre, mais enrobé dans un fruité puissant de figues mures (les mêmes qui sont ramassées par mon père en ce moment au Portugal).

De superbes notes de tabac blond et de café aident la finale toute douce.

 

On peut reprocher à ce vin de manquer de complexité, de longueur en bouche.

Mais cette "franchise" des goûts, cette simplicité m'ont séduit.

Il n'est jamais lourd, jamais guimauvesque, porté par le fruit.

 

Un nouveau vrai vin de copains que je proposerai avec plaisir et fierté en apéritif.


Mais pas que...

C'est aussi un beau vin qui m'a ouvert la porte de la "saudade", état nostalgique indéfinissable.

Ca cause à mes racines...

 

Ecoutez, fermez les yeux et laissez vous porter par la saudade

 

 

 

 


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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 14:47

Vous êtes aussi bons que moi en ce qui concerne les réseaux sociaux, networking et autres facebookades?

 

Je ne l'espère pas.

 

Le bicéphale est plus proche du boulet que d'un animal à deux têtes se gavant de bon vin, en ce moment...

 

Donc c'est quoi donc un TAG?

 

Je réponds en recopiant le post d'Eva d'Oenos qui a lancé ce petit "tour" des blogueurs du vin pour cette rentrée 2011.

 

"En ce moment, dans les blogosphères mode et beauté, on joue à se taguer. Qu’est-ce donc? Un peu comme les chaînes de mail où l’on devait se décrire mais en plus interactif. Une série de questions est posée, un blogueur y répond et tague 5 autres personnes qui doivent elles aussi répondre aux questions et taguer 5 autres personnes et ainsi de suite. Rien de très compliqué, juste de quoi s’amuser un peu en cette période de rentrée ! Alors, pourquoi ne ferait-on pas ça dans le vin ?"

 

Bah, oui, pourquoi pas...

 

Ne voulant pas briser la chaîne de la blogosphère vinique, je réponds donc au tag de Guillaume de l'excellent blog "Du Morgon dans les veines".

 

J'en profite aussi pour embêter Ophélie alias Miss Glouglou, Francis en pleine vendange (ouh, que c'est vilain...), Nina de "lost in wine" parce qu'elle est jolie et qu'il faut équilibrer les charmes en présence puisque je tague aussi Monsieur Berthomeau (qui doit s'y connaître en péché capital).

Enfin, on va twettawiner avec Franck.

 

Et paf, vous êtes officiellement tagués!

 

C'est parti pour les questions.

L’avarice : Quelle bouteille avez-vous trouvé outrageusement bonne malgré un prix honteusement bas?

 

A 5 euros, et malgré tous les quolibets (surtout de la part d'Antonin), j'ai pris du plaisir à boire le "Ventoux 2009" de La Vieille Ferme, négoce de la famille Perrin.

C'était bon, simple, bien fait...

Un vrai vin de copains.

Je le conseille à mon beau-frère qui rentre à la fac, désargenté mais qui aime les bonnes choses.

 

La paresse : Quel vin n’avez-vous jamais goûté par flemme de vadrouiller dans X cavistes pour le trouver?

 

Autant pour tenir à jour le blog, le bicéphale peut être traité de gros caca paresseux, mais pour aller à la recherche d'une bouteille, jamais, jamais, jamais, il n'a été atteint de flemmagite...

Je "mourrirai" pour toi, ô vin!

 

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La luxure : Dans quel vin aimeriez-vous prendre un bain et faire des bisous (oui, il y a des enfants dans l’assemblée, on fait soft) avec votre moitié?

 

Sans hésitation, qui dit luxure, pense à Francis Boulard!


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Un bain de "Petraea 2006" de Francis Boulard... Rrrrrrrrrhââââââ...

Je pourrais même inviter ce superbe vigneron à partager mon bain...

En mangeant du pâté-croûte...

 

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Ma plus belle érection de la journée.

 

L’envie : Quel vin dégusté sans vous par l’un de vos amis ou connaissances vous a fait le plus envie (et enragé)?

 

Je ne suis pas souvent frustré en ce qui concerne le vin.

Le bicéphale aime les plaisirs simples, alors les bouteilles uniques (genre Vin Jaune du 18ème siècle ou vénérable "Grand Cru CLassé" de Bordeaux), on s'en contrefout...

Mais, souvent, quand Stéphane publie une photo sur Facebook d'une belle bouteille ouverte à plus de 500 kilomètres de mon gosier, je trépigne d'impatience de savoir si le vin était bon et quand je pourrai en goûter...

 

La gourmandise : Quelle bouteille pourriez-vous siffler tout seul d’une seule traite ou presque?

Choix cornélien...

Une des bouteilles qui m'a pris en embuscade est le "P'tit Piaf 2006" du domaine de l'Ausseil, bu aux toutes jeunes heures du blog.

Un vin de pays des côtes catalanes, 100% merlot, qui a foncé vers moi et qui s'est fourré dans mon oesophage sans que je ne calcule quoique ce soit.

Du pur glou-glou, régressif, facile et, pourtant, avec une jolie profondeur et une complexité étonnante pour du merlot.

 

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La colère : Quel vin vous a tellement déçu que vous l’avez jeté de colère après l’avoir dégusté?

 

Je n'ai plus le souvenir du millésime, mais je me souviens bien des têtes de Fred, Céline, Tiphaine quand ils ont goûté cette bouteille de "Château Clos Fourtet", premier grand cru classé de Saint-Emilion, qui réunissait un peu près tout ce que je déteste dans le vin.

Du bois, du végétal omniprésent, avec des tanins secs et une finale courte et brutale...

D'y repenser, des coulées de sueurs froides perlent sur mon dos.

Plus jamais ça...

En passant, le Château Clos Fourtet est le cadre du film de Gilles Legrand "Tu seras mon fils", au cinéma en ce moment.

 

 

 

 

 


L’orgueil : Quelle bouteille pensez-vous être le seul à pouvoir apprécier à sa juste valeur?

 

C'est un tout petit peu prétentieux de penser être le seul  apprécier une belle bouteille...


Mais je suis amoureux des vins de Monsieur Guy Blanchard...

 

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Sur le devant de la scène, un vin fragile, car vivant, qu'il faut attendre, désirer et déguster, Le "Bouchat 2009", à peine embouteillé, qui change de semaine en semaine, avec une forte personnalité, du goût.

Y a de la vie là-dedans!!

 

 

 

 

 

 


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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 18:07

Aujourd'hui, on se la joue facile.

 

Pas envie de faire des efforts... Même si je vous adore... 

La chaleur, la lassitude ou simplement une paresse grande comme un mammouth laineux.

 

monstresdiparus36

 

   

Alors, le blog va enfoncer une porte ouverte.

 

Oui, Pierre Vessigaud fait de superbes vins.

C'est dans tous les guides du vin, publiés par d'imminents dégustateurs, sommeliers, oenologues etc...

 

La porte est grande ouverte, vous pouvez rentrer.

 

Le Mâcon-Fuissé "Les Taches" 2009 de Pierre Vessigaud est un très bon vin blanc.

 

 KICX0929

 

Le Mâconnais, dans le sud de la Bourgogne, est un terroir à pépites viniques.

Si le vigneron a un peu de talent, il en sort de grands vins.

 

C'est le cas de ce Mâcon avec l'appellation village de Fuissé.

 

Le climat du lieu-dit "Les Taches" fait à peine un hectare, sur un sol argilo-calcaire avec des roches affleurantes, exposé vers l'ouest.

Les vignes, d'une vingtaine d'années, doivent "souffrir" un peu pour survivre, plongeant plus profondément leurs racines.

Le rendement est faible.

 

Pierre Vassigaud n'a aucune certification BIO, mais tente de se rapprocher au plus près des principes de l'agriculture biologique.

 

Le chardonnay qu'il produit est vinifié avec respect, sans levurage, avec des élevages en fûts de chêne sur lies durant une douzaine de mois.

Les fûts de chêne ne sont pas neufs pour notre vin du jour, pour ne pas trop imprégner de boisé ce Mâcon-Fuissé.

 

 

 

En voilà un bel ambassadeur du mâconnais.

Dès l'ouverture, ça sniffe la poire à plein nez.

 

confiture-de-poires-vanille-pignons-et-noix.jpg

 

 

En bouche, c'est riche, gras, opulent.

La maturité des fruits explosent en bouche, de la poire, de l'abricot, un petit côté mangue.

Le tout emballé dans la richesse, des notes beurrées, apportées par un boisé présent, sans complétement dompter le vin.

 

Heureusement, la finale est plus tendue, franche, acide, rafraichissant la bouche.

Cela donne une trajectoire plus linéaire au vin, l'empêche de se perdre dans les rondeurs de la maturité.

 

"C'est du vin d'aristo, madame, qui plaira à tous vos invités!"

 

Ce Mâcon-Fuissé donne une image "riche" du terroir de Pouilly, prenant sa place sur des volailles crémées, voire des ris de veau.

 

A 15 euros la boutanche, ça commence à parler aussi...

 

Le bicéphale étant plutôt un fan des aspérités, du tortueux, voire du franchement tordu, le vin me laisse une impression de "trop".

"Trop parfait", "trop lisse", "trop Bourgogne".

A ouvrir pour des "Amateurs de grands vins" pour démontrer que le mâconnais sait aussi y faire.

Ca fait bourgeoisie mondaine, avec tout le respect que je dois au vigneron et à ses vins...

 

Il manque peut-être un peu de convivialité au vin, même si j'ai aussi pris du plaisir en enrober mon palais du gras du vin puis à le laver avec sa pointe d'acidité.

 

Il n'y a pas que les vins de copains dans la vie... Non? 

 

Je ne fais même pas d'effort pour la musique. Kyuss, c'est facile, c'est percutant et ça fait plaisir à tout le monde.... 

 

 

 
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 00:33

Tu ne l'as pas vu venir celle-là...

 

Bah, le bicéphale non plus.

 

C'est le centième "post" en un peu plus d'un an d'existence du bicéphale.

 

Engagé par deux jeunes branleurs enclins à la consommation d'alcool frelaté et autres bibines à gastrite, le blog est devenu un papillon couleur lie-de-vin.

 

 papillon_rouge.jpg

 

 

Vu notre habituelle nonchalance et notre capacité à toujours trouver de nouveaux hobbies, faire 100 articles sur de bons alcools pour parler de plaisir sans concession (mais avec parfois de la modération) était inpensable.

 

Evidemment, il y a eu un peu de casse.

Stéphane s'est un peu éloigné de la cruelle tâche de rédaction et partage ses bonnes bouteilles à travers une "maigrelette" photo sur facebook.

 

Mais, je garde les clés du blog, orphelin mais ouvert à toutes vos propositions, articles autour des vins de copains!

 

Pour la centième, pas de Champagne (même si boire un "rachais" de Monsieur Boulard, entre potes, vaut des points), pas de local (mes petits macônnais, mes petits Jura).

 

Non, un vin fou, fait par un fou pour des gens normaux qui aiment le vin!

 

Le "Canoe Gaillac 2009" de La Sorga n'est simplement un jeu de mot, c'est un feu d'artifices pour amoureux du Vin.

 

KICX0918

 

"Ca t'agrippe, ça t'attrape et ça fait pas de sentiments" dixit les grands philosophes de Stupeflip

 

La Sorga, c'est d'abord un fou, Antony Tortul.

Après avoir trainé sa pipette un peu partout, il s'installe à Vias et décide de vinifier un peu tout ce qu'il aime.

Attention, c'est du violent, il vinifie une trentaine de cuvées allant de Chateauneuf-du-Pape à Gaillac, en choississant avec minutie des petites parcelles, en agriculture biologique.

Le raisin est bon, la vinification se fait ensuite le plus naturellement possible, en laissant les petites levures faire leur travail, le plus naturellement possible, sans ajout de sulfites.

 

 

A nous, grande folle, fêtons le plaisir du partage autour d'un verre, d'une table de coinche, d'une partie de ping-pong...

 

L'étiquette marave complétement sa race.

Comme toutes les bouteilles de "La Sorga", l'étiquette est festive. C'est à 20000 années-lumières de toute morosité (dont le fameux slogan "French wine's not dead)

 

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Le Canoe Gaillac (je ne m'en lasse pas) est un vin rouge en AOC Gaillac.

 

On voit encore toute l'envie d'Antony Tortul de mettre en valeur les vieilles vignes des cépages locaux.

Le Braucol (appelé aussi Fer Servadou) est le cépage rustique de l'appellation, souvent utilisé en assemblage pour apporter le côté "typique", en amenant de la couleur, du tanin.

Le Duras est un cépage originaire du Tarn, plutôt apprécié pour sa souplesse, sa couleur très marquée. C'est aussi un cépage phare de l'AOC Gaillac.

L'assemblage est de 60% de Duras, complété par le Braucol.

 

Au nez, "surprise-surprise", c'est très mûr.

Ca dégage une sensation de puissance, avec un nez réduit et dense.

Y a aussi du fruit, mais pas que...

 

Sur ma langue, dans la bouche, le long de l'oesophage, J'ADORE!

Pêle-mêle,du fruit rouge compoté, du fruit noir ramassé sur l'arbre un soir d'août.

Gourmand? Oui... Aussi...

Il y a une belle charpente tannique. Ca envoie. Les tannins tournent dans la bouche, sans jamais accrocher les amygdales. C'est précis.

Complexe? Oui... Oui...  Ca se dit...

Et surtout, sans lourdeur, avec (c'est ça qui est fou) une fraîcheur en finale, portée par une acidité et une profondeur braucoliennes.

 

Le vin va "droit au but".

D'une simplicité d'approche déconcertante, d'un abord facile, à chaque portée de lèvres, le vin se structure, prend de la place.

Le tanin au service du plaisir.

 

C'est rond comme une boule de pétanque, incisif comme une coupe à la coinche.

 

Je suis fan des vins "conviviaux" qui donnent tout à l'heureux buveur sans se la ramener, sans genou à terre et sans tralala.

Le "Canoe Gaillac" est un de ces vins qui, sans avoir l'air d'y toucher, vous envoie haut, là-haut, encore plus haut.

 

A essayer pour le plaisir simple qu'il apporte.

Parce que les plaisirs simples sont les meilleurs (comme péter dans son bain...). 

 

 

"Ca t'agrippe, ça t'attrape et ça fait pas de sentiments"

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 22:45

C'est toujours un vrai bonheur d'avoir la chance de goûter du bon vin...

 

Surtout qu'en tant que micro-blog complétement indépendant, fait avec une bonne dose de loufouquerie, deux grammes et demi de jugeotte et une culture vinique en friches, le bicéphale peut être totalement subjectif.

 

Quel bonheur de ne pas être journaliste ou lié d'une quelconque manière (surtout professionnellement) au monde du vin.

Qu'il est bon de se vautrer sans aucune retenue dans un nouvel article.

 

Le simple plaisir de partager avec les quelques lecteurs de ce blog, delaissé par un de ses fondateurs.

Eh, oui, Stéphane, ce petit con, n'a jamais le temps d'écrire la moindre ligne sur ces vins délicieux et bourgeois qu'il boit tous les jours dans des gobelets en argent massif.

 

Le temps nous manque à tous.

Mais quand une bouteille déchire, ma première réaction est de la partager au plus de monde possible.

 

Quand j'ai bu cette bouteille de Corbières "La Mariole 2007" de Nadine Franjus-Adenis, j'ai tout de suite pensé à toi, ô lecteur fidèle de ce blog miteux!

 

Anciennement domaine Adenis, les vins de Nadine Adenis sont désormais faits sous le nom de Clos Pacalis, suite à de petites difficultés personnelles qui "ne nous regardent pas"...

 

 

 

  

 

Le domaine se trouve à Ferrals-les-Corbières, commune de l'Aude, dans le Languedoc-Roussillon, au milieu du circuit des châteaux cathares.

Et, pour ce qui nous intéresse, en plein dans l'AOC Corbières.

 

La bouteille m'a été conseillée chez un caviste de Louhans "la cave des cordeliers", qui avait passé mon test du caviste avec brio.

Quand je lui ai demandé de me vendre une bouteille que je ne pouvais pas connaitre, il m'a sorti une bouteille à l'étiquette sobre élégante, mais très, très peu informative...

 

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Pas de contre-étiquette, pas de numéro de téléphone, aucun nom de domaine...

 

"Si ce n'est pas la bouteille qui fait la mariole, ce doit être le contenu" ai-je répondu au caviste avec un petit sourire.

 

Ce vin rouge est produit sur un côteau derrière le chai, d'un assemblage de deux tiers de grenache pour un tiers de carignan.

Le domaine n'a aucune vélléité bio, mais Nadine Adenis revendique son "retour à la terre" et un travail respectueux du domaine avec quelques vignes centenaires accrochées à la pente avec un certain don pour l'acrobatie.

 

On ne va pas se la jouer longtemps, "La Mariole" est un concentré de plaisir fruité.

 

Dès les premières gouttes dans le verre, le fruit monte au nez.

 

Plus le verre se remplit, plus je suis impressionné par cette couleur dense, à la limite de l'obscurité. C'est sanguin, ça vient du sud...

 

Le vin nous emmène tout de suite en balade dans une ceriseraie, pendant la cueillette.

Les arômes de cerise très mure, de cassis dominent les premières secondes, s'estompant doucement pour laisser place à des notes épicées, cannelle, cardamone.

J'aime la petite finale avec la légère acidité.

  

J'ai longtemps eu peur des vins du Languedoc-Roussillon, souvent trop massifs, trop solaires, manquant de finesse.

Ici, nous somes très loin de ce stéréotype.

 

"La Mariole" est facile à boire, sans lourdeur, avec un tanin présent (mais pas trop), une belle complexité (mais pas trop).

Un vin rouge concentré, avec de jolis muscles saillants, mais qui a ce côté tendre, féminin.

 

Une tendresse musclée! 

 

Vraiment une belle découverte!

A goûter en urgence pour les dernières grillades de l'été, pour les premiers ragoûts de l'automne  et autres daubes de l'hiver.

Bref, un vin qui aura toujours sa place dans un coin de la cave et qui fera toujours plaisir.

 

 

Tiens, une autre tendresse musclée, même si c'est un peu plus musclé que tendre, les Nashville Pussy!

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 21:15

 

Avant de tenter de réécrire un article sur le blog, il a fallu jouer un peu du plumeau...

 

C'est que ça faisait un bail que le bicéphale se morfondait sans petite nouveauté à se mettre sous la dent.

 

Donc opération "Conchita rencontre monsieur Propre"...

 

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Pourtant, nous n'avons pas eu la chance de profiter du mauvais temps en vacances.

Fidèles au poste, nous sommes des stakhanovistes de l'été, muscles saillants et goutte de sueur perlant sur notre torse fraîchement épilé.

A peine le temps de s'occuper sérieusement du bicéphale.

J'avais, aussi, fait une mini-grève du blog, attendant avec fébrilité un petit post de Stéphane.

J'espèrais un sursaut, un spasme, un signe furtif de la main.

Mais, non, rien, le bicéphale amiénois n'est décidemment qu'un apôtre du "Dieu Branlette"...

 

C'est donc avec une abnégation totale que j'écris en coup de vent, attendant godot avec patience pour un prochain article.

Je n'abandonnerai pas sur le bord de la route le petit Stéphane (même s'il m'énerve, il m'énerve).

 

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(Merci à Olif qui m'a fait découvrir cette image, qui m'a fendu la poire en deux!)

 

Donc, aujourd'hui, amis non spécialistes de la Loire et ce qu'elle draine comme énormes vins, voici un Objet Vinique Non Identifié qu'il faut absolument goûter avant la fin de l'été.

 

Le bicéphale, malgré plusieurs essais, est souvent passé à côté des vins doux naturels, et autres sucreries viniques botrytisées.

On sent bien qu'il y a quelque chose de beau dans certains côteaux-du-Layon, grains nobles d'Alsace, Sauternes, Vin de Paille et autres Maury. Mais, malgré ma volonté à y regoûter, je n'ai jamais été vraiment touché par un liquoreux.

J'attends cette émotion qui viendra sûrement un jour (je me rends compte que je passe ma vie à attendre...).

 

 

En se balandant dans le couloir étroit d'Antic Wine dans le vieux Lyon, les yeux écarquillés par tant de pépites de raisin fermenté, une bouteille m'a accroché avec insistance.

Un vin blanc de Loire, sur l'aire d'appellation Chaume, fait de cépage chenin, mais qui a l'outrecuidance de rester sec...

Quelle insolence ce "L'Insolent de Chaume 2008" du Château de Plaisance!


Guy Rochais est le vigneron du Château de Plaisance.

Il possède une trentaine d'hectares de vigne tous certifiés en Agriculture Biologique, avec même une dizaine d'hectares en Biodynamie.

Personnage haut en couleur, souvent décrié pour son côté gouaille facile et roublardise, surfant sur les modes, le vigneron fait parler de lui, pour mieux vendre...

 

Ca m'interpelle, ça se tente.


Ni une, ni deux, les douze euros sont posés sur le comptoir.

Toi, ma cocotte, tu vas prendre cher dans la soirée.

 

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Le Chaume est un vin blanc liquoreux produit sur Rochefort-sur-Loire et qui a été une AOc jusqu'en 2009.

En 2008, année de vendange de cette insolente, faire du chenin sec excluait de l'AOC.

 

C'est d'ailleurs le seul  "Chaume sec" à 100% de chenin.

 

Le chenin reste un des cépages magiques en France, longtemps mal aimé, revenu à sa juste place.

BIen conduit, le chenin donne certains des meilleurs vins blancs que le bicéphale a eu la chance de boire, comme ou ici.

 


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La bouteille est superbe, avec une étiquette sobre et élégante et une contre-étiquette informative et sans chichi.

 

A peine débouchée et versée dans le verre, la bouteille se veut charmeuse.

Le vin dégage un parfum hypnotique, très fruité, une vague impression que quelqu'un vient de couper une poire très mure juste sous mon nez.

Ca donne envie.

 

En bouche, c'est très bon.

Le vin est droit, porté par une fraîcheur, une "droiture" qui s'étire sur une belle longueur.

Comme un tir de sniper, mais au ralenti, c'est précis, mais ça dure longtemps.

Des notes fruitées de poire et de marmelade de coing (me rappelant mon enfance et les mois d'août au Portugal) tressent le vin autour de cette fraîcheur.

En finale, c'est clairement une torniole de citrons mûrs qui réclament encore un peu de ce liquide blanc et sec.

 

Un petit bémol, le vin semble figé...

Habitué à boire de plus en plus de vins non souffrés, j'aime le goût d'une petite évolution d'un vin nature, les levures n'ayant été "tuées" par le souffre.

 

Un peu comme Han Solo dans Star Wars...

 

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N'empêche, ça vaut le coup d'y tremper ses lèvres pour goûter un chenin précis, tout en finesse, tapissant la bouche de fruits et lavant tout ça par la belle acidité des agrumes de la fin de bouche.


Loin de la gouaille du vigneron, entre amis, le vin sonne vrai et est bu avec plaisir...

 

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait penser aux chansons de Daphné, voix précise, sur des rythmes chaleureux, avec des textes frais...

Tous les chenins mènent à Daphné?

 

 

 

 

 


 


 

 


 


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