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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 01:57

Ca va tailler dur...

 

Apres une longue série d'articles mettant en avant des vins "bio", "natures", faits par des vignerons à la superficie modeste, mais au talent énorme, le bicéphale avait envie d'un contre-pied dans la surface de réparation, avant de tacler le gardien et de lui faire avaler le ballon (de rouge).

 

Parce qu'aujourd'hui, nous allons changer de galaxie et parler d'un vin produit pour le discount par un énorme producteur de pinards divers et variés, avec une promotion écoeurante d'un has-been du terroir...

 

Le "Beaujolais nouveau 2010" de Dominique Piron, en partenariat avec Leader Price a fait son petit buzz au mois de novembre 2010.

 

IMAGE 228 

 

 

Avec une publicité à grands renforts de Jean-Pierre Coffe (acteur tragi-comique de la gastronomie française), de bouchon lyonnais (à Paris, faut pas déconner quand même), et d'accordéon que l'on voudrait broyer à coups de talon.

 

 

Il est prêt à tout notre Jean-Pierre, beaucoup plus à l'aise et ayant mieux appris son texte que Dominique Piron.

On ne nait pas pro de la communication, c'est du travail de longue haleine...

 

Monsieur Piron, lui, gère une soixantaine d'hectares dans le Beaujolais, avec de multiples noms de domaines, de négoces, et une déjà belle présence dans les rayonnages des grandes surfaces avec de belles promo lors des foires aux vins.


 

Et quand il s'agit d'aider les vins de grande distribution, on peut toujours compter sur la "Revue du Vin de France"...

 

rvf.JPG


Coup de tonnerre, le bojo nouvo de Leader Price à 4,25 euros est le préféré de nos grands dégustateurs de vins, en vidéo, s'il vous plait.

 

Cette cuvée "spécial low cost" est même préférée à la version caviste du même producteur (notre ami Dominique Piron), évidemment plus chère.

 

20 "beaujolais nouveaux" qui faisaient grimacer nos pauvres dégustateurs.

Que de la pointure, Carrefour, Monoprix, Intermarché...

 

Il fallait porter une grosse pointure à ses pieds (même si le dit pied nageait à l'intérieur de la chaussure), avec un bô portefeuille, pour avoir la chance de bousiller les papilles de la RVF.


 

 

"Arrêtez, c'est trop gros, on n'y croit plus!"

C'est ce qu'aurait pu crier un metteur en scène soucieux de ménager le pauvre spectateur.

 

Mais, comme souvent, la fiction est plus frileuse que la réalité (un scénariste qui aurait osé imaginer le directeur du FMI, mal rasé, menotté dans le dos et le regard perdu dans le vague aurait pointé au Pôle Emploi il y a 2 semaines...).

 

 

20 "beaujolais nouveaux" goûtés et aucune envie de présenter des vignerons qui portent l'appellation à bout de bras en proposant des vins loin du stéréotype banane, myrtille et autre daubes abjectes et rapeuses.

 

Et des vignerons qui aiment leur travail et leur terroir, il y a en a à la pelle.

Vite fait, quelques bojo nouvo qui nous ont "bougé", celui de Michel Guignier (à Vauxrenard), des côtes de la Molière , de Lilian Bauchet, de P.U.R, de Bruno Debize (entre autres...).

 

 

 

Bon, comme il ne faut pas mourir idiot, j'en ai acheté du bojo nouvo de chez Leader Price...

Mais, comme le but du jeu n'est pas de faire de la publicité pour Leader Price, le bicéphale a patiemment attendu que le buzz meurt jusqu'à disparition des stocks de ce vin dans notre surface discount du jour.

 

 IMAGE 224

 

A 4,25 euros chez le low-cost du coin, c'est déjà du haut de gamme dans le rayons vins et spiritueux.

 

IMAGE 227

 

On a retourné la bouteille dans tous les sens, aucune mention de Coffe n'apparait sur l'étiquette ou la contre-étiquette...

Par contre, c'est grâce à Leader Price et à son illustre inconnu oenologue que ce Beaujolais doit déchirer.


 

Malgré notre fort mauvais à-priori à l'achat de la bouteille, il faut être honnête et souligner le côté "vin facile" de cette cuvée.

Même si le vin n'est pas chargé "émotionnellement", il fait le job.

 

On retrouve la teinte violacée habituelle des bojo de supermarché, se rapprochant du violet fluo des sodas canadiens ayant vaguement le goût de raisin, les "grape sodas".

 

grape-soda.JPG 

 

Le nez est dans la purée de fraises, avec une belle fraicheur.

Encore une fois, il n'y a pas de surprise, ça sent le bojo nouvo.

Mais, vous avez raison, si je m'attendais à avoir du bojo qui sente le romarin, c'est que je suis mentalement déficient...

 

En bouche, c'est très loin d'être désagréable.

C'est du concentré du fruits rouges, porté par une trame fraiche et avec une pointe d'acidité qui ne me déplait pas.

Ca se laisse même bien boire.

 

On est loin de l'extase, certes, mais on est aussi très loin de l'imbuvable.

 

D'ailleurs, sur le petit saucisson, à l'apéro, sans savoir qu'il était estampillé Leader Price, le vin est très bien passé auprès des convives.

 

 

Moi, je garde tout de même un blocage (sûrement débile, mais on ne se refait pas) à la dégustation.

Surtout en comparant avec les quelques vins (cités juste au dessus) qui sont autre chose que du stéréotype ou de la caricature.

Car, même s'ils restent tous d'un plaisir facile, ils proposent à chaque fois quelque chose d'original et de "pas pareil".

 

Là, j'ai l'impression de revoir pour la 1000ème fois une rediffusion de "l'aile ou la cuisse"...

 


 

J'ai beaucoup rigolé la première fois, mais ça devient un peu lassant...

 

Alors quand je vois ce grand guignol de Coffe, qui présente un vin honnête sans plus, se désarticulant et s'enthousiasmant jusqu'à la nausée pour un vin destiné à un coup médiatique, ça devient même un peu pénible.

 

Si on peut boire bon et intelligent en même temps, je prends encore plus de plaisir...

Pas vous?

 



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Published by stephane et david
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commentaires

acheter du vin 23/05/2011 17:25



Le Jean-Pierre, il bouffe vraiment à tous les rateliers, même quand c'est de la m... comme il dit !



stephane et david 23/05/2011 18:28



ca nous desole...



Jules- Oenovino 23/05/2011 11:03


D'accord avec vous sur le côté exagéré de la com', mais tout le monde sait que la contre-étiquette n'a aucune valeur (enfin d'après mon expérience et mes rencontres)... Et puis ce qui compte, ce
n'est pas le flacon (com', marketing, pub...) mais l'ivresse, et tant mieux si la GD propose de bons vins sympathiques.


stephane et david 23/05/2011 11:42



la dessus, je suis evident super d'accord!


mais nous avons repousse l'article, histoire de ne pas rajouter de la pub a la pub et de continuer a buzzer sur ce vin sympathique, certes, mais qui ne valait pas une telle debauche d'energie.


encore une fois, devant un parterre d'invites soifards et plutot bien aguerris en bojo, le vin a ete apprecie avec le saucisson.


un vin de copai, de saucissons, a 4euros, mais peut etre pas autant de battage, ce qui a un cote ecoeurant



Jules - Oenovino 23/05/2011 08:28


Bonjour, A la lecture de votre commentaire, on a l'impression que vous êtes presque déçus que le beaujolais de Piron ne soit pas mauvais... Il faut savoir, on regrette encore que les vins proposés
à la grande majorité des consommateurs, en grande distribution, ne soit pas à la hauteur. C'est donc une très bonne chose de retrouver des vins très corrects (et le Beaujo nouveau de Piron rempli
son objectif) en supermarché, accessibles à tous. Surtout qu'on ne peut pas dire que Piron est un mastodonte du secteur, 60 hectares de domaines, c'est pas non plus Duboeuf... Alors, oui, le vin de
supermarché ne sera peut-être jamais aussi précis, pointu, complexe et vivant que les vins de cavistes indépendants-bio-nature amoureux du terroir et peut-être tant mieux. Toutefois, je penserais
quant à moi qu'il faut se féliciter de trouver des vins abordables en super-marché, qui permettent aux consommateurs peu éclairés de découvrir du bon, du bien fait. Je pense au Gamay Première
vendange de Marionnet par exemple, que l'on trouve dans certain Monoprix. Alors bravo à Francprix de proposer un beaujolais nouveau qui remplit son rôle, bravo à Piron de pouvoir proposer un vin de
bonne facture, produit en quantité suffisante pour être vendu en grande distribution tout en gardant de la finesse et du goût et encourageons plutôt de telles initiatives, parce qu'il reste un gros
boulot à faire en GSM pour que tous les vins soient au niveau de ce petit beaujolais goulayant de copains.


stephane et david 23/05/2011 10:09



le vin n'est pas mauvais, nous restons assez objectifs pour l'ecrire...


mais nous regrettons "tout ce qu'il y a autour" et qui gache , a notre avis, le vin, c'est a dire le trop plein de sur-marketing, avec videos ou ca fleure bon la musette et la vieille france (il
y a d'autres videos, dont une ou coffe presente le vignoble).


Et, la, nous restons assez subjectifs pour ecrire que tout cela alourdit un peu le gout du vin... pour nous...


est ce l'avenir des vins en GMS?


avoir un patenariat exclusif avec un vigneron jusqu'a faire croire au consommateur que c'est grace a l'oenologue de la GD que le vin est aussi bon (voir contre etiquette)...


 


 



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