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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 08:47
Je suis longtemps passé à côté des vins de L'Etoile.

 

Dans cette appellation d'origine contrôlée du Jura, depuis 1937, on ne trouve que des vins blancs.

Ils sont faits, en très grande majorité, à partir du chardonnay et du savagnin, alias THE cépage of THE Jura, donnant aux vins blancs (ouillé ou non, élevés sous voile ou non) ce fameux "goût de Jura".

 

L'Etoile regroupe 4 communes,  L'Etoile, Saint-Didier, Plainoiseau et Quintigny avec une surface de 75 hectares.

 

Si L'Etoile a été l'un de mes toutes premières expériences "jurassiennes", j'ai vite été ébloui par les terroirs de Pupillin, de Montigny-les-Arsures, de Rotalier...

 

Au point de n'avoir plus une bouteille provenant de L'Etoile à proposer aux soifards de passage, qui (les pauvres...) devaient se contenter de boire des vins produits par Bornard, Ganevat, Aviet ou Labet.

 

Un peu comme si le bicéphale s'était embourgeoisé, et ne restait plus que sur les "valeurs sures" du bien pensant vinique.

 

L'été est une chance pour le bicéphale "expatrié".

En Bresse, il accueille les pauvres picardo-rémois, laissés à leurs misérables betteraves teintées de pluie.

 

En déambulant dans Chateau-Chalon, au milieu d'amis retenant leurs larmes devant tant de beaux paysages, par un reflexe pavlovien, je suis resté en arrêt devant le panneau du domaine Geneletti, prêt à bondir pour déguster.

 

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Le domaine Geneletti se situe au village de L'Etoile, mais reçoit les hordes avides de vins du Jura dans une jolie demeure à Chateau-Chalon.

 

J'avais déjà goûté leur vin jaune (avec le savagnin, murissant sous un voile de levure en fût de bois donnant un vin atypique et déroutant au premier abord, mais amenant à une addiction totale en quelques dégustations), avec une très bonne impression.

 

Mais en vrai monomaniaque du mono-cépage avec comme devise "un vin, un terroir , un vigneron donc un cépage", je me suis penché vers mes tendances masochistes pour goûter cette bouteille de "L'Etoile vieilles vignes 2006" du domaine de Geneletti.

 

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Eh, oui, il y a du chardonnay et du savagnin dans cette bouteille de vin blanc...

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C'est à ce moment que la lumière s'éclaire juste au dessus du crane chauve du bicéphale...

 

Je n'aime pas l'assemblage car c'est du (parfois beau) travail d'oenologue-conseil.

"Allez on va te mettre 10% de merlot dans ton vin pour fruiter tout ça"

"Ca manque de robustesse... Si on lui claquait un peu de carignan"

En imaginant un Rolland se claquer les mains sur le ventre en se bidonnant d'un rire gras.

 

Mais rien à voir avec le vin de David Geneletti!

 

Ce n'est pas un travail d'assemblage, mais une parcelle de vieilles vignes complantées en chardonnay et savagnin, véritable reflet d'un terroir ainsi que d'une pratique séculaire jurassienne.

 

Dixit les Geneletti: "Nos anciens complantaient sur cette parcelle, pourquoi changer une pratique qui a toujours donné du bon vin?"

 

Et oui, parce que le vin est bon...

 

il faut être franc, à l'ouverture, on cherche le chardonnay, tellement le savagnin avec son nez d'amande et de noix domine les fragrances...

Même en remuant mon verre, je ne retrouve pas les odeurs de fleurs blanches ou de fruits blancs si caractéristiques du chardonnay.

 

En bouche, c'est encore le savagnin qui se démarque avec son côté épicé, les fruits secs, la belle longueur acide.

Mais au long de la dégustation, après le choc du savagnin sur les papilles, la fraicheur et le fruité du chardonnay nuancent le vin.


Le vin devient de la dentelle brodée...

 

C'est vraiment tout en nuances, en touches légères.

Sans dénaturer le savagnin qui est l'acteur principal de ce vin, la star incontestable, le chardonnay appporte même un "plus" plaisir.

 

Quelle longueur agréable en bouche!

 

Je l'ai dégusté avec un néophyte du Jura, impressionné par sa finesse et ce petit quelque chose qu'on ne trouve que dans le Jura... Et que vous retrouverez  sûrement en le goûtant.

 

Sinon, je ne sais pas pourquoi, influences extérieures, en écoutant cette chanson, je me suis dit que le chardonnay était un peu le Chewbacca de ce vin.

Il n'est pas indispensable, mais donne une petite touche inimitable...

 

 

 PS: Entendu dans le film "Jay et Silent bob contre attaquent" de Kevin Smith... Excellent... 

 

 

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 02:16

Parfois, on a beau le tourner dans tous les sens, y réfléchir, se triturer les trois neurones connectés, je n'y arrive pas.

 

Certaines fois, lorsque l'on boit un vin, même avec la meilleure volonté, je sèche complétement, revenu devant mon clavier.

 

Malgré mon incompétence au silence total, ma logorrhée permanente, je bloque.

 

La dernière fois qu'un vin m'a coupé le sifflet, c'était en dégustant le Champagne Tarlant "la  vigne d'antan" vendanges 2000.

 

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Je me faisais une joie de dégoupiller cette bouteille depuis quelques jours... Un peu pour épater la galerie... Un peu parce que je savais que c'était de la "bombe-bébé"...

 

Ce vin a un abord intriguant.

Il est composé de 100% de cépage chardonnay, mais sur des vignes non greffées.

 

Petit moment légèrement technique, obligé par le bicéphale amiénois, professeur dans l'âme, et, qui, n'ayons pas peur du terme, aime à se la péter en société...

 

A la fin du 19ème, un puceron a failli exterminer tout le vignoble français. Le phylloxera peut infester les racines du ceps ou les feuilles. Lorsqu'il pique les racines d'un ceps, la croissance du pied est anarchique, formant des tubérosités pouvant s'infecter et provoquer la mort du pied en trois ans.

Seule solution, utiliser un porte-greffe résistant naturellement à la maladie (venant des USA, l'origine aussi de notre petit insecte piqueur).

 

Il existe très peu de vignobles "francs de pied", sans porte-greffe protecteur.

 

La famille Tarlant a la chance de posséder un terroir de sol sablonneux à Oeuilly, où notre vilain puceron ne se plait pas du tout, du tout.

Une aubaine pour présenter un vin fait de chardonnay non greffé...

 

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Qu'est ce qu'apporte un vin issu de vignes non greffées?

 

Eh bien, je n'en sais rien.

Il a été lu que cela apportait plus de complexité au vin, que l'on goûtait à un vin proche de la fin du 19ème siècle, que c'était la pureté du chardonnay...

 

Y a qu'à y croire... Je doute fort que les vinifications du 21ème siècle aient un seul point commun avec celles du 19ème.

Mais, encore une fois le bicéphale est un blog de losers, qui n'y comprennent pas grand chose et qui n'ont pas d'amis. 

(Ca me fait penser à une chanson de loser magnifique, idéal du bicéphale)

 

 

 

Toujours est il que la petite bouteille de champagne Tarlant me donne envie de la violenter... Même s'il est fait de chardonnay pré-phylloxérique...

 

Le Champagne, quand il est fait avec passion, est un vin émouvant...

 

La seule note de mon carnet de dégustation a été résumée en un seul mot: "MERCI"

 

C'est un beau vin, on est loin des standards des grandes (avec un "g" minuscule) marques de Champagne, pas de verdeur en vue, pas de déséquilibre acide.

 

La bulle est fine, agréable, douce.

En bouche, le vin a de la matière, une impression de densité et de longueur.

L'amande fraîche, la pêche et l'abricot finissent d'enrober un vin séduisant au possible.

Il est très peu dosé en sucre, à 2g/L. Et on se dit que le sucre n'a vraiment rien à faire dans le Champagne.

 

"La vigne d'antan" a été une des plus grandes émotions de l'année, tous vins confondus.

Même si je n'ai pas eu de "flashback" nostalgique sur le vin de l'époque préphylloxérique...

 

Je me demande aussi si la très grande qualité de ce vin est due au chardonnay non greffé ou, plutôt, au talent de vigneron de Benoît Tarlant.

 

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Amoureux de la vigne, fin spécialiste du purin d'orties et pressant son raisin avec minutie, Benoît est un vinificateur exigeant et pointu.

 

Ayant eu la chance de déguster un bon nombre de ses cuvées et de ses vins clairs (vin en cours d'élevage, sans bulle), le vigneron est un terroiriste convaincu, qui vinifie parcelle par parcelle avec une délicatesse d'orfèvre.

 

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La bande de "terre et vins de Champagne" compte 17 vignerons passionnés, changeant radicalement l'image froide du Champagne sans âme et stéréotypé des maisons de Champagne.

Des Champagnes de terroir, avec du goût, de la matière, de la vie, du soin...

 

Evidemment, à une cinquantaine d'euros, le prix de la bouteille de "vigne d'antan" est un frein à sa consommation quotidienne.


Mais en goûter une fois, c'est en redemander... (et c'est un des plus grands radins de l'histoire du vin qui l'écrit)

 

David


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 07:42
Quand la simple idée de faire un blog pour écrire nos expériences viniques a éclairé le coin de nos têtes, nous avions pensé à plein de choses.

 

Des pierres lancées par les vignerons pour nous éloigner, une jalousie excessive de la part d'Olif, pas de visiteur du tout, des poursuites judiciaires de la Police de l'Orthographe et de la Syntaxe, une allergie subite au vin et un amour irraisonné du point de croix...

 

Mais le blog ne devait servir qu'à une chose: partager.

 

Alors quand un ami, un collègue, un invité me ramène une bouteille d'un vin qu'il a aimé, je suis sur le qui-vive...

 

En mode hésitant "Je sais pas si tu vas aimer, moi, je l'ai trouvé très intéressant"

 

En mode militant "C'est définitivement le meilleur vin que j'ai bu cette année, c'est obligé que tu l'aimes"

 

En mode faux modeste "Je ne suis pas un grand spécialiste comme toi (...), mais j'ai apprécié ce vin" 


En mode interrogatif "Tiens goûte celui-ci, tu ne le connais pas?"

 

Evidemment que nous ne le connaissons pas, nous sommes l'animal le plus proche de la tanche...

 

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C'est donc avec la plus grande humilité que nous goûtons tous ces vins. Souvent, nous les regoûtons.

Et avec une grande abnégation, nous pouvons même recommencer à les re-regoûter...

 

La vie de perfectionniste n'est pas toujours facile.

 

Alors quand Manu m'offre une bouteille de "Rafalot 2006 du domaine Vinci", je me dis que la vie est tendre pour le bicéphale...

 

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Belle étiquette, simple, classe.

 

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La contre-étiquette nous présente un peu mieux le vin.


Il nous vient du Roussillon, région viticole que le bicéphale apprécie par la fraicheur des vignerons sérieux qui y produisent du beau, du bon...

 

Plus précisément d'Estagel, de la magnifique vallée de l'Agly, à quelques kilomètres de Perpignan, au nord du Roussillon.

 La vallée de l'Agly est un région particulière où se mèlent tous les types de sols (sauf les volcaniques), avec une grande diversité de terroirs.

 

Un bel article lui a été consacré dans la Revue du Vin de France de février 2010 mettant en avant les célèbres domaine Gauby, Mas Amiel, domaine du Clos des Fées, moteurs de la vallée.

Le bicéphale a un avis très partagé sur les domaines "phares" sus-cités, allant de la belle surprise à une triste indifférence selon les années.

 

C'est donc avec plaisir qu'il se voit se faire la bouche sur ce vin produit par Emmanuelle et Olivier Varichon-Vinci, présentés comme des globe-trotters du vin avant de trouver leur bonheur de vignoble dans le Roussillon.

Aucune mention bio sur l'étiquette, mais les vignerons n'utilisent aucun engrais ou pesticide chimiques sur leurs 7 hectares de vigne.

Le désherbage se fait manuellement dans les vignes.

A la vinification, on laisse faire les levures indigènes du raisin.

 


Formaté par son expérience en Bourgogne, le bicéphale bressan n'a jamais été un grand fan de vin d'assemblage de plusieurs cépages.

Le monocépage lui semble la façon la plus cohérente d'apprécier un terroir.

Le Rafalot n'est produit qu'avec du carignan sur des vignes de 120 ans.


Une vigne vieille amène peu de rendement, mais promet d'aller puiser au plus loin dans le terroir.


Le carignan est un cépage à la mauvaise réputation qui se plait sur les sols maigres et peu fertiles.

Difficile à mûrir, il lui faut un fort ensoleillement et une vendange à pleine maturité sous peine d'avoir un vin aux tanins durs.

Il a une réputation de puissance et est souvent utilisé en assemblage car on lui trouve peu de fruit.

 

Le tenter en monocépage, cela semble déjà assez original...


 

120 ans, même pas peur, on va lui faire la peau à la vioque carignan.


 

Et c'est sans difficulté que le bouchon cède.

Rigolo, le numéro de téléphone est imprimé aussi sur le bouchon (au cas où l'on perd la bouteille?).

 

Mon Dieu que le vin est sombre. On croirait de l'encre de seiche.

Je n'y vois pas grand chose à travers le verre.

 

Le nez est assez déroutant car nouveau... C'est clairement épicé, avec des notes animales, ça sent le gibier. C'est à peine équilibré par une pointe d'odeur de prune.

Le Rafalot a l'air bien lourd avec une grosse densité...

 

Tout cela est d'autant plus surprenant qu'en bouche, le vin est complexe.

Il est épicé sur des tanins présents mais doux, avec une fraîcheur que le nez ne laissait en rien présager...

On trouve un fruité mûr, équilibré par une belle acidité et par une longueur en bouche impressionnante.

 

Les dégustateurs autour de la table sont unanimes... C'est vach'tement bon!

 

Un vin du sud puissant mais équilibré et jamais agressif, complexe et nuancé.

 

De la vraie topissitude certifiée plaisir dans tes fesses par le bicéphale!

 

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Il y a une certaine jovialité dans ce vin, du plaisir à vider la bouteille.

 

Le Rafalot est un soldat de la bonne humeur, ça me fait penser à un clip des Greenhornes...

 

PS: Nous restons à disposition pour goûter les vins que vous aimez...


 


 


 


 

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 17:45
Ce que j'ai pu avoir les oreilles rabattues au sujet du domaine Guffens-Heynen...

 

C'est la référence ultime des vins du macônnais.

 

Avec son petit accent flamand et ses méthodes de vinification, il a poussé vers le haut une appellation réputée sans "grand" terroir.


Lorsque l'on fait le tour de la bloglouglou, à chaque vin de Guffens goûté, le dégustateur a quasiment vu la vierge.

On imagine facilement le verre auréolé d'une lumière dorée, le buveur avec un genou à terre, la larme à l'oeil.


Et c'est parti pour "l'expression parfaite de la minéralité" du terroir mâconnais.

 

La minéralité, magnifique terme fourre-tout, qui m'en bouge une sans toucher l'autre...

Faux gage de qualité, mis à toutes les sauces, la minéralité, comme la buvabilité, m'emmerde.

(même pour la flotte, c'est insupportable... Et, en plus, ça rouille)

 

Parti toujours du principe qu'on appréhende plus facilement la qualité d'une production à la manière dont on a traité les vins dits "génériques" ou "bas de la gamme", je décide d'entrer dans le monde Guffens...

 

J'ouvre la bouteille de Bourgogne "dernier jus" 2006 du domaine Guffens-Heynen, je le fais avec un grand respect, pauvre manant que je suis.

 

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C'est un Bourgogne "générique" blanc, composé de 100% de cépage chardonnay, en Appellation d'Origine Contrôlée, provenant des vignes du domaine, récoltées sur les parcelles de Mâcon-Pierreclos et de Pouilly-Fuissé.

 

Sa particularité est d'être un assemblage des jus de presse de ces différents climats.

Pour les moins techniciens, le jus de goutte provient de l'écoulement naturel du vin au décuvage, alors que le jus de presse nécessite un "coup" de pressoir pour être extrait.

 

Dans ce vin, le vigneron a choisi d'assembler les derniers jus de presse sous la dénomination Bourgogne.

Le jus de presse est souvent réputé lourd et gras, toujours moins qualitatif que le jus de goutte, même s'ils sont souvent assemblés lors de la vinification.


Ce vin ne vient pas du négoce, ni même de parcelles ingrates.

 C'est une première bonne nouvelle.

Les vignes ont été "soignées", même si Jean-Marie Guffens n'est pas adeptes des dogmes bio.

Ce sont les levures naturelles qui s'expriment, le vin n'a pas été filtré.

 

Il a une jolie robe dorée claire.

 

Au nez, c'est assez flatteur, peut-être même un peu trop stéréotypé "Mâcon-blanc" avec une belle odeur de fleurs blanches et de poire.

 

En bouche, je grimace...

Le vin est imprégné de son élevage en fût avec un côté vanillé bien marqué.

Cela donne une sensation de puissance et de matière au vin, mais déquilibre le fruit.

Il y a bien une acidité sur la longueur, mais qui me semble trop légère, avec un manque de finesse.

On sent le fruit blanc, là, derrière, mais la finale donne sur le végétal, le "vert".

 

C'est gras, le fruit et l'acidité sont en retrait.

 

Cela reste un vin plaisant, mais avec une impression de ne pas être à sa place.

Je ne peux pas m'empêcher de penser à la fable de la grenouille qui voulait ressembler à un boeuf, en gonflant, gonflant, gonflant...

 

Effectivement, avec ses talents de vinificateur, le vigneron a voulu faire ressembler son Bourgogne AOC à un Puligny-Montrachet...

 

Cela reste un beau travail d'élevage, mais avec un manque de subtilité.

 La fraicheur et l'acidité que j'attendais m'ont semblées dénaturées.

 

Tout cela pour un prix caviste à 19 euros... Aïe, aïe, aïe...

 

Bon, allez, je vais quand même garder mes chakras ouverts et tenter de goûter le reste de la gamme à la recherche de l'équilibre perdu.

 

PS: l'excellent article de Christian sur ses "littinéraires viniques" ne me dissuade même pas.

 

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 07:57

 

 

Les doigts se décrispent et appuient timidement sur le clavier...

 

Les bicéphales ne sont pas tout à fait morts, même si l'assiduité sur le blog fait un peu peur en ce moment.

 

La faute aux vignerons et à leurs bons vins.

 

Nous avons un côté espiègle et rêveur...

Très vite, pendant une dégustation, il est impossible au bicéphale bressan (qui crache très peu, je vous le rappelle) d'écrire sur son carnet de notes quoique ce soit de compréhensible le lendemain de cette dite dégustation.

 

C'est dommage lorsque l'on veut partager des expériences vinistiques...

 

Lus, en vrac, dans mon petit carnet de notes:

- il a des roupettes

- c'est Dark Vador en slip

- bien serré avec deux sucres et des spéculos, ça irait...

- la claque dans ma gueule

- ça pète sa mère en deux

 

Allez faire un compte rendu sur les arômes, la bouche d'un vin avec des notes aussi pourries...

 

Certaines notes sont même illisibles, avec des pages tâchées par du gros rouge, des néologismes obscurs qui me paraissaient évidents à quelques grammes, et des onomatopées en guise de notes (va comprendre ce que veut dire "zbam... squizzz").

 

C'est que nous avons empilé pas mal d'expériences intéressantes ces dernières semaines au bicéphale...

 

Mais, force est de constater qu'il n'y a pas un bicéphale pour en rattraper un autre et que nous avons été marqués au fer rouge, à notre naissance, par ces mots "tu seras un branleur éternel"...

 

 

 

 

Alors pour se remettre en route tranquillement, un vin comme une évidence, le vin de pays "une tranche" de Jambon.

 

Aux limites nord du Beaujolais, à Chasselas, Philippe Jambon, un des instigateurs des BioJoLeynes, produit ce vin rouge 100% gamay qui (je cite mon carnet) "déchire sa race"...

 

A Chasselas, il y a un pied dans le Macônnais et un autre dans le Beaujolais.

 

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(On peut même difficilement plus au nord de l'appellation Beaujoalais...)

 

Et, à Chasselas, on fait du gamay, monocépage rouge qui couvre 99% de l'appellation Beaujolais.

Le gamay a longtemps été considéré comme un cépage médiocre.

Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, l'a même banni de la Côte d'Or le jugeant "vil et déloyal".

S'il goûtait certains pinots noirs de grands domaines de Bourgogne, il se retournerait une bonne vingtaine de fois dans sa tombe...

 

Un nouveau Philippe, Philippe (le) Jambon, installé depuis 1997 sur 3,5  hectares, nous propose une bouteille de vin qui s'amuse de son nom de famille.

 

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La "tranche de Jambon" est classé en vin de table de France et n'arbore pas l'appellation de Beaujolais, délivrée par le comité interprofessionnel du Beaujolais "inter-beaujolais".

 

Parce que monsieur Jambon produit bio depuis son installation, sans pesticide chimique, sans levurage et surtout sans chaptalisation.

Il s'est éloigné du standard Beaujolais (la bonne levure goût banane et les bons arrosages de pestides et autres engrais).

 

Encore une fois, il me semble appréciable qu'il ne soit fait aucune mention d'un label bio sur l'étiquette.

Le choix fait de communiquer sur la qualité du vin et sur le plaisir plutôt que de surfer sur la vague du bio émoustille le bicéphale...

 

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Sur un terroir moins prestigieux, il y produit un vin simple, d'abord facile, avec un beau plaisir...

 

Nous l'avons dégusté avec un paquet de LPViens (race d'amateurs de vin regroupé sur le forum "La Passion du Vin"), dans le cadre des "dégustations en terre picarde", présidé par un alcoolique notoire débutant un syndrome de Korsakoff, la cause à une consommation excessive de chenins de la Loire.

 

Sur le thème "bons... bio... Beaujolais", ce vin m'avait semblé une évidence.

 

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(notez le visage rougi par trop de chenins de Laurent... Merci à Bruno pour sa photo)

 

 

Lors de la dégustation, j'avais desservi le vin en le faisant goûter à une mauvaise température, un peu au dessus des 12-15°c préconisés.

 

C'est donc par un acte de sacrifice poignant, que j'ai regoûté cette tranche de Jambon à la maison (ma vie n'est pas facile tous les jours).

 

Le vin a été bu sur trois jours, uniquement rebouché par un système Vacuvin, pratique et pas cher.

Il a été délicieux durant ces trois jours, sans aucune oxydation à l'horizon.

 

A la robe, pas de doute, on est dans le Beaujolais, avec cette belle couleur rouge allant franchement sur le violet.

 

Le nez est beau avec de la framboise légèrement teintée de chocolat et d'épices... Il y a un petit côté de gingembre, mais tout en finesse, ne surpassant le fruit.

Ca sent réellement bon et on pourrait passer des heures à le humer, pour se torturer l'esprit et repousser la moment de le goûter, dans un masochisme pervers le plus absolu.

 

Dans la bouche, c'est clairement le fruit gourmand qui est mis en avant.

On est tout de même loin de la compote de fruits rouges trop expressive.

Ce fruit là est structuré par une trame acide juste ce qu'il faut d'équilibre, sans aucune agressivité.

 La fin de bouche est poivrée avec une belle finale acide.

Amateurs de tanins, passez votre chemin!

Ici la structure tient sur un fruit rouge d'une belle vivacité et sur une acidité équilibrée.

 

C'est vraiment un beau Beaujolais, avec du goût et de la charpente, du bel ouvrage.

A boire sur les deux-trois ans, il sera le compagnon apprécié des viandes rouges, et, au milieu des détracteurs du Beaujolais, il fera des émules.

 

S'il y avait un bémol, ce serait le prix, entre 12 et 15 euros...

Mais, encore une fois, le rapport prix-plaisir vaut vraiment le coût que l'on y goûte!!

 

PS: Tentez de relire le petit article avec ce fond sonore... Ca rend quand même encore mieux!!!

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 



 

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 10:47

J'ai vécu cette expérience traumatisante.

 

J'ai osé dire à un passionné des vins de Loire que j'avais pris du plaisir à boire un Sancerre blanc (A.O.C composée du cépage sauvignon blanc).

 

Laurent Lallouette (que des pétales de rose tapissent tes pas), animateur du blog (un peu neurasthénique en ce moment...) "Ma passion des vins de Loire", m'avait gentiment répondu que les seuls vrais vins blancs de Loire étaient à base du cépage chenin...

 

 

Je m'étais intérieurement dit qu'il se la racontait à mort.

Mais dans le souci d'ouvrir mon horizon vinistique, je m'étais promis d'aller gratter cette piste.

 

Le Chenin, cépage "blanc" dont les traces remontent au neuvième siècle, a longtemps véhiculé une image de vin médiocre.

Souvent ramassé vert, il était marqué par une grosse acidité, les vignerons n'hésitait pas à le chaptaliser (c'est à dire rajouter une bonne quantité de sucre dans le moût du vin pour augmenter le degré alcoolique), pour le rendre un peu plus attrayant, lui faisant perdre beaucoup de ses caracteristiques.

 

 

Mais ce cépage, rustique, de la Loire montre tout son potentiel quand il est bien vinifié.

 

Il a une capacité à bien se botrytiser dans les vallées humides.

Le Botrytis est un champignon amenant la pourriture grise, concentrant le sucre du raisin, pour devenir le fameux vin liquoreux, le Côteaux-du-Layon.

 

Le vins blanc de Chenin (répartis sur quelques A.O.C de la Loire) peuvent surtout produire des vins blancs secs avec un grand potentiel de viellissement.

 

Ce qui m'intéresse un peu plus...

 

Et coup fatal, grâce aux "dégustations en terre picarde" de Laurent (que des pétales de cerisiers blancs du Japon parfument tes slips), j'ai pu goûter de superbes chenins!

  

 

Aujourd'hui, nous débouchons un Savennières "les Genêts" 2005 de Damien Laureau.

 

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Savennières est un village du Val de Loire (patrimoine mondiale de l'UNESCO), à une quinzaine de kilomètres d'Angers, sur la rive droite de la Loire.

 

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C'est une Appellation d'Origine Contrôlée depuis 1952, produisant des vins blancs secs principalement mais aussi des demi secs, voire moelleux (très minoritaires...), avec un cépage unique, le chenin blanc.

 

Les "Genêts" ont été débusqués aux Jardins de Saint Vincent à Arbois.

La parcelle des Genêts est située sur les hauteurs de Savennières, en zone venteuse, éloignée des zones de brume le long de la Loire, sur un sol sablo-limoneux.

 

Damien Laureau vinifie sans levurage, ajoutant du une touche de souffre en début de vinification et n'en rajoute plus après.

L'élevage se fait ensuite sur 18 mois minimum, en cuves.

 

A l'ouverture, le nez est plutôt fermé.

En aérant tranquillement et le long de la dégustation, de la poire, de la pêche apparaissent, mais cela reste léger, sans explosion.

 

La robe est très pâle, transparent, me donnant une impression "famélique", étant habitué à des vins dorés bourguignons ou jurassiens.

 

En bouche, le vin est tendu, droit, avec une acidité marquée.

J'ai une impression de complexité avec une belle longueur.

L'arôme est teinté de poire, légérement épicé, mais ce qui reste le temps de la dégustation est cette belle tension acide, équilibrée.

 

Le vin n'a pas été carafé, et bu en une petite demi-heure (on ne se refait pas...) avec beaucoup de plaisir, le vin s'ouvrant tout doucement avec la poire et le coing qui s'affirment, tout en gardant la tension qui rend le vin intéressant.

 

Une garde d'une dizaine d'années ne doit pas lui faire peur, à reconfirmer par Laurent, le passionné des vins de Loire.

 

Au niveau du porte-feuille, je lui trouve un très bon rapport plaisir-prix, il est à un peu plus de 15 euros, pour une complexité, une trame séduisantes.

 

Le bicéphale est convaincu par le gourou ligérien, nous sommes amoureux du chenin...

 

Chenin for ever.

 

David

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 15:52

En ce nouveau Vendredi du Vin, nous avons le bonheur de nous pencher sur un thème qui a laissé les bicéphales un peu perplexes...

 

 

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Un thème offert par notre président Michel Smith du beau blog "Pour le Vin".

"Le vin, médecin de l'amour"

 

Nous nous sommes grattés la tête quelques minutes.


Deux bicéphales, deux visions de l'Amour différentes...

 

David:


Associer le Vin et l'Amour, c'est comme associer Stone et Charden, ça semble presque couler de source.

 

 

 

Nous sommes une majorité d'amoureux du vin, tous buveurs que nous sommes.


J'ai souvent vu mon père, dans sa cave, en train de dépoussiérer ses plus belles bouteilles de Grands Crus Classés de Bordeaux, comme un adolescent qui découvre sa sexualité, seul, le soir dans sa chambre...


Non, l'affreuse subtilité du thème vient du terme "Médecin de l'Amour"...


C'est bien là que ça coince.


Le Vin comme onguent de l'Amour brisé, ou le Vin comme "supplément vitaminique" d'un Amour fatigué.

Le Vin comme briseur de mélancolie, faisant oublier les peines d'une rupture, ou le Vin comme vecteur de souvenirs d'un Amour éloigné mais vivant...


Dans un vin-médecin de l'Amour, il doit y avoir de l'apaisement, une facilité d'appréhension immédiate et un abandon total à l'instant, jusqu'à dépasser les raisons qui ont poussées à ouvrir la bouteille.

 

Nous avons un vin de ce type avec Sophie.

Je ne le buvais pas seul en marmonnant ma mélancolie.

C'était un moment de détente commun avec ma belle, durant une période difficile pour nous, où nous étions loin l'un de l'autre pendant au moins 15 jours par mois.


Le "Vasconcellos Porto Reserva muito velha (mais de 40 anos) Tawny" a été notre "vin-médecin" que l'on partageait entre amoureux.


Un petit plaisir d'un de nos voyages à Porto, que nous nous servions sans cérémonie, pour "se poser" d'une journée difficile, ou pour juste partager un moment de calme absolu.

 

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Nous nous retrouvions à deux, juste bien, avec une pointe de saudade (mélancolie à la portugaise, empreinte de nostalgie).

Un apaisement...

 

Après de multiples voyages (la visite des chais de Vila Nova de Gaia est à faire une fois dans une vie), nous avons jeté notre dévolu sur le Porto Vasconcellos, une des rares maisons indépendantes, offrant une belle qualité.

 

Le Porto est un vin muté.

Avant la fin de la fermentation, les levures sont "tuées" par l'ajout d'alcool blanc avec un fort degré alcoolique.

Le vin titre à 20°, avec une sucrosité préservée, la transformation du sucre en alcool étant incomplète.


Le Tawny est un type de Porto fait d'assemblage de vins d'âges différents, mais tous élevés en fûts de chêne, avec une moyenne d'au moins 5 ans.

Celui-ci est un Porto Réserve très vieux avec une moyenne d'âge excédant les 40 ans.


La couleur du Porto est juste démente avec un cuivré impressionnant, une aspect très vieilli, le vin est ambré très sombre, "fauve doré".

 

Le nez est d'une douceur absolue, imprégné d'amande, de vanille, mais dominé par un sucre important.

 

En bouche, l'alcool a complétement fondu, l'élevage explose les papilles, avec amandes, chocolat, épices comme la cannelle, le tout avec un sucre équilibré. La finale reste douce, sans acidité, ni amertume.


"LE" vin apaisant, celui qui nous soulageait dans nos moments difficiles.

 

A conseiller, pour goûter un Porto loin des standards "Cruz", merdouilles des hypermarchés, mais, pour un coût important d'environ 100 euros.

Ca fait cher de la consultation, même pour un médecin, mais c'est un vin d'exception aux vertues anti-morosité certifiées par le bicéphale... 


 

 

Stéphane:


Ce mois de juin est propice aux digressions philosophiques (ha, ce mois du bac)...


Qu’est réellement l’amour ?


L’amour est il curable ? Faut-il le soigner ? Faut-il s’en soigner ?

Si l’on s’en soigne, peut on dire que c’était un amour véritable ?


En effet, pour le soigner il faut prendre conscience de ce qu’est l’amour et en prendre conscience, c’est annihiler l’idée même de l’amour.

 

"L’amour est une Joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure"... 

Ainsi parlait Zarathoustra? Non, Spinoza dans l’Ethique (ca, c’est du sérieux).


Pour ce cher Sigmund (Freudbien sûr) "l’Amour est la réactualisation d’un passé oublié"…

Celui-ci avait un problème avec sa gentille maman !


Moi, pour soigner l’amour, c’est 4 pintes de bières et une strip-teaseuse dans le quartier St Leu (quartier étudiant de la capitale picarde, Amiens) et la belle gueule de bois qui fait suite.


Ce n'est ni classe, ni poétique mais  tellement vrai (vertu diurétique de l’amour…et de la bière).

 


Médecin de l’amour ?


Même pour parler du vin, médecin et amour sont deux mots que nous avons du mal à associer et, pour cause, nous (les bicéphales) faisons partie de la funeste  « caste »  des Docteurs.


Médecins amoureux du vin, dans ce sens ça marche mais pour le reste…


La luxure est un élément de vocabulaire qui sied mieux à la gente médicale que l’Amour.


Vin, médecin de l’amour… Mwouai….


Toujours est-il qu’en cherchant bien, un souvenir me revient…


Est-ce son nom évocateur, est-ce la circonstance (que je vais taire bien sûr) ?

Ce vin associé à l’amour est le Chambolle Musigny « les amoureuses » 2006 de Serveau et fils.


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Pourquoi le lien (hormis le nom)?


La dégustation était tout bonnement fantastique, (si, si) malgré son jeune âge (2006, la honte) ce vin me mit dans une étrange mélancolie.


Le souvenir des premiers émois me revint.


Toutes ces amourettes d’enfants, ces palpitations aux premiers « bisous » sur la bouche, ces premiers pas main dans la main, les souvenirs d’une innocence depuis bien longtemps perdue…


Et une envie de pleurer ( re-la honte) me submergea…


C’était la première fois qu’un vin me faisait cet effet!


Ce vin n’est pas un médecin de l’amour mais de toute façon,  il n’y a aucun remède à l’amour!


Le vin est lui-même de l’amour….

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 11:56

Entre un petit paquet d'articles sur le Champagne de vignerons indépendants, amoureux du terroir, respectueux des vignes et vinificateurs de talent, posons nous un peu...

 

Parce qu'hier, c'était barbecue.


Et que c'est bien beau de déguster des vins, mais il ne faut oublier la fonction première du vin.

Le vin accompagne le repas.

 

Donc hier, pas de chichis, chez les beaux parents, apéro à la bière, saucisses et merguez grillées à souhait, salade de riz.

 

Et moi, j'ai l'arme fatale (lethal weapon!!!) qui accompagne un repas simple.

 

 

 

 

 

Un vin qui donne du plaisir tranquille, à tous les niveaux.

 

Donc, un vin d'approche simple, sans être simpliste.

Un vin qui a du goût, mais qui est accessible pour ceux qui ne se grattent pas la tête en recherchant le cépage et le millésime, avec un air dubitatif.

 

Un vin à boire entre amis.

 

Le Beaujolais 2008 "les Ecoirets" de Bruno Debize est décidément une arme fatale...

 

J'avais déjà évoqué Monsieur Debize dans un précédent article.

Son rouge est évidemment fait à partir du Gamay, cépage typique du Beaujolais, renié de la Bourgogne il y a quelques siècles car jugé trop simple à côté du pinot noir.

 

Vigneron discret, son vin est certifié en agriculture biodynamique.


Sans revenir sur le débat, culture selon la lune, corne de taureau et autre poudre de perlimpinpin, la biodynamie ne semble pas être un gage de qualité pour le bicéphale buveur, surtout sur la vague de la mode actuelle.

Mais, la biodynamie impose des contraintes et une approche volontaire de la vigne que personne ne peut nier.

 

Le vigneron qui s'y engage le fait souvent avec conviction, et, on le constate au fil des dégustations, cela se ressent dans le vin...

 


 

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Attention, pas de prise de tête, ici, pas de verre Spiegelau ou autre Riedel pour magnifier le vin...

On prend les verres qui ont servi à boire la "3 Monts", on les rince et on profite de ce vin rouge du Beaujolais!

 

Et je ne pense pas manquer de respect au vin...

 

Au milieu des saucisses, des salades de tomates et du riz au thon, ce vin a juste tenu son rôle de camarade du repas, venant ajouter un "plus-plaisir" à un dîner plus qu'agréable, entre deux vannes sur le beau frère puceau (on a le droit d'être de mauvais goût de temps en temps...).

 

Dans mon verre "Magic Chouffe" (bonne bière, aussi), un beau vin rouge sombre tirant au violet.

 

En tournant  un peu le verre de dégustation maison, de bonnes odeurs de prunes bien mûres et de fraises remontent sans aucune agressivité.

 

Peu amateurs de Beaujolais, la belle famille s'attendait à un vin tranchant, avec des tanins secs et une acidité présente, typiques des mauvais Beaujolais.

 

Surprise, surprise, c'est rond en bouche, avec des tanins tout doux et une longueur de bouche qui tire sur du fruit rouge mûr.

Il y a aussi de la réglisse tout discrète, même un peu de menthe fraîche toute en légèreté.

Mais, tout reste fondu et doux.

 

Juste bien...

 

L'été approche, encore une bonne idée pour agrémenter une barbecue.

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PS: pas de site internet pour ce vigneron, qui n'est pas un grand communicant... 

Pour en profiter, plusieurs sites internet, dont certains déjà cités sur le blog (en mode copinage)

 

david

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 19:40

Mon dieu , n'écoutez pas ce pauvre de David dont le nez est "abimé" par les vins du jura.


Il n'a pas non plus faux sur toute la ligne mais bon...


Petit retour sur Alex Chartogne:


Où trouve t-on ce grand blond (ça c'est pour les filles)?


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A Merfy (petit bourg tout proche de Reims, sur le massif de St Thierry, terroir méconnu ou plane l'ombre de Francis B., pour ne pas le nommer).

 

Alex (oui c’est plus sympa de tutoyer!) a commencé cette belle visite dans son salon, par un rappel de géologie et de la notion de parcelle.

 


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La champagne est constituée de 250.000 parcelles d’une taille moyenne de 12 ares .


Cette notion de parcelle est fondamentale pour le vigneron, surtout s'il est en quête (reconquête) de son terroir.


Il est ainsi revenu sur le sens profond de la parcelle pour un vigneron ( pour la petite histoire son ancêtre était arpenteur à Merfy, il y a fort fort longtemps, c'était donc son travail de connaitre les parcelles, voici une véritable carte d'époque).


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Une parcelle de vigne (valable pour toute plante) pour le commun des mortels, est une pièce de terre entière appartenant à un seul exploitant (point de vue foncier !).

 


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(Sur la carte des parcelles, il nous montre...son doigt!)

 


Mais initialement une parcelle correspondait, non pas a un propriétaire mais à un sol , un sous-sol, bref à un micro-terroir.

 


Une parcelle est une entité de terrain homogène:

- Sur le plan géologique (strates, composition des strates, épaisseur de ces strates…),

-Sur le plan hydrologique (tous les éléments déterminants comme présence, qualité quantité, répartition, provenance, écoulements et drainage de l’eau),

-Sur le plan du micro climat (exposition aux vents, soleil, humidité, variations de température en fonction de la journée et des saisons).

 


Tous ces éléments vont influer sur les caractéristiques physico chimiques du sol et par extension sur la  vie microbienne, animale.


Vous allez me dire que les « anciens » n’avaient pas ses notions ?


Ils les avaient mais indirectement.

 

En effet, l’observation longue et minutieuse de la nature apportait ces réponses.

Pourquoi telles fleurs poussent sur ce côté de la route et pas de l’autre, pourquoi tel champignon ici et pas là, pourquoi plus de maladie dans ce champ et pas dans l’autre…

 


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Toutes ces « petites différences » étaient du fait de ce que l’on appelle le micro terroir.


Un laboratoire s'intéresse à ces problemes de terroir , qualité des sols , organismes...

Le labo du bien nommé Mr Bourgogne.


Son boulot?

 

Faire des trous dans les champs pour étudier cette terre et orienter sur les modes de culture pouvant rétablir l'équilibre de tout ce petit monde (moi pour 1000 euros, je peux aussi faire des trous dans vos jardins).

 

 

 

 

 

Alex nous fait sa petite explication sur le terroir et il en vient à la facon de magnifier ce beau terroir.

 


Pour lui, la solution est dans la contrainte exercée sur la vigne pour qu’elle aille puiser au plus profond de ce terroir….dans les entrailles de la terre !


Comment ?

Planter en « foule » ou plantation en haute densité !


L´intérêt de ces hautes densités résiderait dans la qualité des raisins.


En effet, plus on augmente la densité de pieds de vigne sur une surface, grâce à la concurrence qui se crée entre ceps, plus la qualité s’en ressent.

Le nombre de pieds plantés par hectare induit une concurrence entre eux au niveau de leur alimentation et du développement de leur système racinaire.


Plus la densité est forte, plus les grappes et leurs baies sont petites,bref plus concentrées. Il vaut mieux deux grappes par pied sur cinq pieds, que 10 grappes sur un même pied.


La hauteur du feuillage sera plus basse et permettra une meilleure pénétration du soleil sur les raisins.


La vigueur sera plus faible et la vigne moins fructifère nécessitera des travaux en vert moins importants; elle sera moins sensible au développement du botrytis pour les mêmes raisons.

 

 

 

Les Syndicats de défense des appellations ne l´entendent pas de cette oreille.

Les garants du terroir et de la tradition feront-ils une entorse à la règle pour revenir... au terroir et à la tradition ? link

 


Des vignerons pensent donc qu'il s'agit là d'un champ d'expérimentation porteur de progrès pour les vins dans l'objectif toujours présent d'expression du terroir.

 


Choix courageux et difficile car les coûts de production à l'hectare vont augmenter et cultiver une parcelle plantée en foule complique nettement le travail du vigneron (va t il vieillir prématurément ce pauvre alex?).

 


Toujours est-il qu'Alex se tourne vers une production parcellaire avec de futures cuvées du nom des parcelles d'origine....vire et champ 209

 

 

A découvrir et à suivre!

 

Stéphane

 

PS de David:

Etant plus proche du buveur du type "un dernier cul-sec pour la route", j'apprécie ces petites notes techniques qui nous permettrons de nous couche moins bêtes qu'hier soir.

 

La passion et la foi de jeunes vignerons comme dans le domaine Chartogne-Taillet sont des gages de qualité pour l'avenir...

 

Toujours suspendus au bout de nos crayons, les comptes rendus de deux autres belles rencontres, le Champagne Pouillon et le Champagne Tarlant. 

 

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 10:23

Je n'ai jamais considéré le Champagne comme un vin de copain...

 

OK, c'est festif, ça fait "pop" quand on débouche.

Les bicéphales, avant d'être "buveurs" en ouvraient facilement pour fêter la dent du petit, la nouvelle coupe de la voisine, ou même la victoire des USA en curling...

 

 

 

 

Toutes les occasions étaient bonnes, mais rarement ce que nous avions au fond du verre.


 

Puis, Stéphane est devenu bourgeois...

Nous avons pu approcher les Champagnes de "Grande Maison", avec de belles étiquettes pouvant être assorties aux yachts dorés de mafieux de l'Est.

Si les Champagnes "brut sans année" (Champagne avec assemblage possible d'une autre année, pour pouvoir standardiser le goût de son Champagne) étaient souvent quelconques, les Champagnes millésimés (provenant de la seule année de récolte des raisins pour ce vin) reflétaient souvent un peu plus de caractère.

 Certains étaient même plutôt bons, mais chacun coûtait un bras aux malheureux bicéphales.

 

Nous avions le choix entre "le pas trop cher mais pas trop bon" au supermarché et le "beaucoup trop cher mais qui peut donner du plaisir" chez le caviste.


 

Puis Stéphane est devenu amateur de Champagne...

Il a goûté, trouvé des vignerons qui respectent la terre et le raisin.

Miracle! Ces vignerons proposent un vin loin des stéréotypes, avec du goût, et avec même un prix abordable.

 

Un petit tour en Champagne s'imposait pour aller à la rencontre de la génération qui monte et apprendre à boire du Champagne sans relever le petit doigt.


 

Aujourd'hui, première étape, le Champagne Chartogne-Taillet à Merfy, sur le massif Saint-Thierry, près de Reims.

 

Le gâteau battu sous le bras, les bicéphales arrivent la bouche en coeur.

Cette grosse brioche au beurre picarde va prendre soin des artères de la famille Chartogne...


Alexandre Chartogne est un vrai vigneron passionné.

Il ne presse pas du jus, il cultive de la vigne...

 

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C'est un amoureux de son terroir.

Sur les 9 hectares de son domaine situés dans son village, il a décidé de mettre en avant chaque spécifité du terroir, un peu à la manière bourguignonne, avec des cuvées parcellaires (type "Les Barres").

 

C'est aussi un amoureux de la plante. Il veut que sa vigne s'épanouisse avec un vrai enracinement en profondeur pour capter le meilleur du terroir.

Il va même jusqu'à planter en foule ses dernières vignes, laissant derrière lui les rangs de vignes adaptés à la mécanisation.

D'ailleurs, il joue déjà du motoculteur dans ses vignes pour ne pas rendre la terre trop compacte.

 

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Il tente un Champagne qui reflète le mieux sa personnalité et son terroir, un peu à la Selosse, initiateur de la biodynamie en Champagne, où il a d'ailleurs fait ses classes.

 

Ses vins clairs sont déroutants, au delà du cépage, ses pinots meuniers sont tantôt fruités et doux, tantôt vifs et francs.

 

Les bicéphales ont goûté à tout, se sont bien "imprégnés" du terroir...


 

Dans notre élan de sérieux, nous avons tenté de faire croire que nous étions journalistes pour "Tétu", le magazine des hommes qui aiment les hommes, en reportage à la recherche des vignerons gays les plus actifs de la région.

C'est sûrement pour ce genre de blagues qu'Alexandre Chartogne a refusé Stéphane comme ami sur Facebook...

 

J'ai regoûté, tranquillement, à la maison, son Champagne brut rosé et sa cuvée "phare" fiacre.

 

Le Champagne brut rosé a un belle couleur rose pâle, avec des bulles fines.

Il n'y a aucune amertume en bouche, avec un fruité léger, même discret.


Il y a eu un petit temps suspendu aux premières gorgées de chacun, un petit regard sur la bouteille tronant sur la table de la terrasse, j'ai même vu un petit hochement de la tête de Céline (spécialiste en boissons alcoolisées de toutes sortes avec ou sans menthe...).


Acidulé et léger fruité, tout en douceur, sans esbrouffe, pour moins de 20 euros, à tenter pour les non amoureux du Champagne végétal à la bulle agressive.

 

La Champagne cuvée "fiacre" a été goûté le lendemain du périple champenois.

 

Les bicéphales avaient décidé de mettre en concurrence l'élève et le maître, pervers que nous sommes...

 

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Ce fut donc une dégustation croisée entre la cuvée fiacre et deux vins d'Anselme Selosse, la version initiale (V.I) et la version originale (V.O)...

 

D'abord, le bicéphale étant près de ses sous, parlons thune... La cuvée fiacre est à plus de 30 euros au domaine.

La Version Initiale, le brut "premier prix" de Selosse est déjà, au moins deux fois plus chère chez le caviste le plus honnête.

La Version Originale est, elle, franchement hors de prix, dépassant allégrement le billet de 100 euros...

 

Pour les cépages, la vinification, tout a déjà été dit et bien pour Selosse (article en anglais...), véritable icône en Champagne.

Nous avons donc affaire avec deux blancs de blancs (100% de cépage chardonnay)  la version "brut" (Version Initiale) et celle "extra-brut" (Version Originale), c'est à dire encore moins dosée en liqueur (sucrée) d'expédition.

 

La cuvéé fiacre est un assemblage 60% chardonnay et 40% pinot noir sur deux lieux-dits de Merfy (Oriseaux et Chemins de Reims).^

 

Les deux Champagnes signés Selosse étaient marqués par une belle oxydation, c'est rond, long en bouche, sans aucune agressivité. La bulle est presque de trop.

La cuvée Version Originale m'a semblé plus équilibrée avec une longueur en bouche assez impressionnante.

 

Pourtant sur la tablée des dégustateurs, la "cuvée fiacre" a fait beaucoup d'émules.

Le nez fait remonter des pointes d'amandes, de fleurs blanches.

En bouche, on a une impression de finesse, avec une acidité un peu plus importante, mais équilibrée par une belle rondeur en bouche.

Il est beaucoup moins sur l'oxydation que les "V.I" et "V.O", avec une plus grande vivacité, peut être due à un élevage plus discret...


 

En plus, le Champagne Chartogne-Taillet n'a pas le côté (qui ne me semble désagréable qu'à moi...) grand cérémonial, un genou à terre, en attendant d'être béni des dieux, du Champagne Selosse.

 

La balance plaisir-état du portefeuille penche en faveur du plus jeune des vignerons indépendants.

Le Champagne "cuvée fiacre" sera un bonheur à table sur un poisson d'eau douce.

 

Surtout le Brut Rosé d'Alexandre Chartogne peut être qualifié de vins de copains, tant par le plaisir simple qu'il procure que par son prix relativement doux.

 

C'est donc avec beaucoup de retard et ayant obligé Alexandre Chartogne à sauter un repas que les bicéphales ont poursuivi leurs aventures en "terre et vin de Champagne des vignerons indépendants"

 

Dans les prochains jours, nos rencontres avec Fabrice Pouillon, au bermuda flamboyant et avec Benoit Tarlant, les poches remplies de purin d'orties...

 



 




 


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