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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 14:08

Pendant que la crème de la blogosphère vinique se trouve à l'European Wine Bloggers Conference, pour entendre une pluie d'autosatisfactions "wine bloggiste", je me suis mis, moi aussi, à l'heure européenne.

 

Allez, nous n'avons jamais vraiment parlé "Europe" dans le blog...

 

C'est surtout parce que, sortis du Porto, de quelques vins italiens et de quelques Whiskies (pas moi, Stéphane...), nous sommes au summum de la nullité.

Nous sommes passés subitement des cubitainers de vins faits avec des raisins européens en vrac (pour faire des vins chauds et des sangrias) aux bon petits vins de vignerons "terroiristes" (spéciale dédicace à Olif, encore...)

 

En écoutant, en vidéo streaming, les différents interlocuteurs, nous annonçant à quelque point nous changeons le visage de la critique du vin et à quelque point nous étions géniaux, j'ai subitement eu envie de regoûter le Camins del Priorat 2007 d'Alvaro Palacios.

 


 

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Bon, ok, je la fais facile...

 

Alvaro Palacios croule déjà sous les critiques dithyrambiques...

Ce n'est pas un perdreau de l'année et je ne vous apprends pas la vie en vous montrant ce vin espagnol.


 

Alvaro Palacios est considéré comme l'un des plus grands vinificateurs du monde, mettant en valeur le terroir du Priorat.


 

J'avais profité d'un petit week-end à Barcelone pour goûter ce terroir devenu mode en une dizaine d'années.

 

Le Priorat, avec ses 1850 hectares, est à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Barcelone, dans une Catalogne aride et frappée par le soleil, avec ses côteaux abruptes rendant le travail des machines même pas envisageable.

 

Le vignoble est en D.O.C, l'équivalent d'Appellation d'Origine Contrôlée.


De la réputation de gros rouge qui tâche avec son carignan plutôt dur avec ses rendements riquiqui, il est passé à "superstar mondiale" grâce à quelques vignerons, dont Palacios.

 

Tout le vignoble au Priorat d'Alvaro Palacios est cultivé en bio, la vendange est manuelle (pas trop le choix à cause des pentes), le raisin est égrappé et fermenté en cuve puis vieilli en fûts de chêne.

 

Alvaro Palacios produit donc le Camins del Priorat avec un assemblage majoritairement de carignan (une bonne moitié) qu'il "tempère" avec 40% de grenache et le reste en syrah et cabernet-sauvignon (cépage introduit il y a une quinzaine d'année).

 

J'avais ouvert la bouteille la veille au soir, bu un verre...

Evidemment sans le carafer, ni lui laisser le temps de respirer, n'oublions pas que je suis au vin ce qu'un babouin est à la danse classique...

 

Le seul verre pris avait envahi ma bouche de tabac.

J'avais l'impression de chiquer dans un film de western-spaghetti

 

 

 

Oulah, je vais le laisser se calmer durant la nuit, le Priorat!!

 

Et bien m'en a pris.

 

Car, là, en écrivant ce petit billet, le vin est devenu plus que sociable.


De sauvage agressif, c'est devenu un pote...

 

Sa robe est d'un joli rubis brillant et profond.

 

Au nez, il est subtil.

Il reste de bonnes traces d'élevage comme le nez de tabac et de chocolat amer, mais avec un fruit mûr rouge avec un joli fond épicé.

Sans déconner, ça pinote!! Oui, oui, le nez peut s'apparenter à un bon vieux pinot noir de la Bourgogne comme j'aime.

Ca sent réellement bon...

 

En bouche, ça coule tout seul, sans forcer.

Le vin marque surtout par sa fraîcheur, avec un fond "aérien" surprenant.

Il y a du tanin, mais comme fondu, ne gardant que le meilleur sans aucune acreté.

Le tout est empaqueté dans un arôme de mûres bien noire et juteuse.

 

J'aime les vins rouges qui terminent leur longueur de bouche avec une belle acidité.

On n'a pas l'impression de mâcher du tanin ou du gros fruit surfermenté.

 

Je ne peux m'empêcher de repenser au Rafalot du domaine Vinci de la vallée de l'Agly (une des plus belles émotions de l'année...).

 

Un vin rouge qui a du caractère, qui mérite d'être carafé et attendu pour dégager tout son potentiel.

 

C'est un beau travail d'élevage, bien loin des stéréotypes des vins espagnols avec des grosses corones (traduire par couilles en français), avec de l'élégance et de la finesse.

 

Et c'est un beau rapport qualité-prix (une douzaine d'euros, mais les souvenirs sont embrumés...).

 


 

 

Ps: Pour Christian, le dessus de la crème du "blog à la française", les conférences de l'EWBC sont très facilement regardables après à peine quatre verres du vin d'Alvaro Palacios... A méditer... Moi, je vais me coucher...

 


 



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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 07:34

Aujourd'hui, on va se la jouer court...

 

Parce qu'ici, on touche à l'excellence.

 

Et je pourrais en écrire des tartines.

Il n'y a qu'une réalité, elle est au fond de mon verre et ce serait d'utilité publique que ce Viré-Clessé soit goûté par tous ceux qui passent quelques secondes pour lire ce blog (que des pétales de roses parfument leurs cheveux)...

 

Parce que c'est bon.

 

Ce n'est pas la première fois que je m'extasie devant un Viré-Clessé.

 

Que ce soit par un beau rapport qualité-prix de la coopérative de Viré ou par le plaisir énorme du domaine de Sainte-Barbe, la petite et jeune appellation de Viré-Clessé a su, en peu de temps, donner une image cohérente de ce vin blanc issu exclusivement du cépage chardonnay au nord de Mâcon.

 

C'est un mine de vignerons qui travaillent bon et bien.

 

Jean-Pierre Michel n'est pas un petit jeune qui monte.

Il a travaillé et vinifié pour le domaine familial durant 17 ans, avant de partir pour sa propre aventure en 2003, s'installant à Quintaine, à quelques encablures de Viré.

 

Ce vigneron est un fou de la vigne, labourant avec passion ses parcelles, pour que les racines des vignes plongent encore plus profondément dans la terre, la traitant avec rigueur et parcimonie.

Nous sommes ici dans une viticulture raisonnée pratiquée par un vigneron qui passe son temps à scruter la vigne, s'occupant d'elle avec bon sens.

"On ne donne pas d'antibiotiques à une personne qui n'est pas malade... De même, cette année, il n'y a pas eu de traitement contre l'oïdium, nous n'en avions pas".

 

La qualité de travail se retrouve dans le chai, flambant neuf, avec un pressurage pneumatique, sans levurage et un élevage long en cuve inox et en fûts de chêne non neufs.

 

Ce soir, on goûte avec une célèbre famille tournugeoise, amatrice de Grands Vins Blancs de Bourgogne (merci Céline pour le Bouzeron!!) et dotée d'un coude léger associée à un palais fin, le Viré-Clessé "Terroirs de Quintaine" 2008 de Jean-Pierre Michel.

 

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J'aime bien la contre étiquette simple, directe et informative.

C'est beau et loin de toute arrogance.

Tout est dit...

 

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Dans le verre, c'est du beau liquide or brillant qui se pose gentiment.

 

Au nez, c'est assez typique du terroir, avec un premier impact de panier de fruits blancs mûrs, mais avec un côté gras et très parfumé du chèvrefeuille.

Aucune agressivité, plutôt une gentille invitation à y aller.

 

En bouche, on a une belle rondeur ponctuée par une pointe d'acidité.

C'est gras, on croque de l'abricot mûr à souhait.

Mais, il n'y a pas de trace de surmaturité (ce côté fruit exotique qui peut être trop envahissant).

 

On a une d'abord une impression de sucrosité, s'étirant doucement vers le fruit blanc mûr mais mangé sur l'arbre, au petit matin, tout en fraîcheur.

En finale, le vin donne sa petite acidité, juste ce qu'il faut pour avoir envie de le regoûter.

 

Il n'y a pas de débat, le vin est certifié "vin qui déchire trop".

Après quelques verres, Céline trouve même qu'il "détend bien".

 

Le vin a été aussi mis à rude épreuve, il a accompagné avec brio des boulettes de boeuf au persil et ail avec purée de potimarron et courgettes sautées au curry.

On lui a même fait le coup de l'époisses au fromage, où le fruit et l'acidité ont su équilibrer le gras du fromage.


 

C'est un beau coup de coeur de l'Automne, avec un prix qui, quand même, avoisine les 15 euros...

 

Si vous passez par le mâconnais, allez voir Jean-Pierre Michel à Quintaine.

 

Nous y avons été reçus comme des rois, en compagnie du chef Pierre Jay, de L'Ardoise à Paris, qui met en avant les vins du domaine Jean-Pierre Michel pour sa cuisine bistrot gastronomique de terroir.

 

Cela a été aussi l'occasion de voir (et de goûter) à quel point le vigneron s'amuse avec ses vignes et son terroir, essayant différentes maturités, expérimentant sans cesse.

Le tout avec une fraîcheur, une intelligence et une originalité qui forcent l'admiration.

 

 

 


 


 


 


 


 


 


 


 


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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 07:13

Ce blog est une bénédiction pour les bicéphales.

 

Depuis sa mise en route, je n'ai jamais autant parlé de vin au quotidien.

 

Il est difficile de dire que l'on aime le vin, comme ça, à chaud, avec ses collègues...

C'est prendre le risque d'être toisé de haut en bas et de passer pour la dernière des piches, préférant sa bouteille de vin issu de raisins européens à du savon au supermarché.

 

Non, non, grâce au blog, j'évite (presque) cette image de tee-shirt tâché au gros rouge.

 

Cela nous a permis de se rendre compte à quel point le vin est ancré dans la culture française...

 

Nous sommes toujours surpris de voir que tout le monde a un avis sur le vin (alors que sur le point de croix, par exemple, j'ai beau chercher... rien...).

 

Tous disent ne pas être des "spécialistes" (d'ailleurs, je ne sais toujours pas à quoi cela peut ressembler... à Olif, peut être?).

Mais tous aiment un type de vin, et peuvent raconter une histoire de bon repas, de fête, de tranche de vie avec un vin comme acteur principal.

 

Le vin est un formidable vecteur d'émotion et de passion.

 

Rien que pour cette découverte, ça vaut le coup de se prendre la tête et de s'ouvrir le ventre à chaque billet.


 

Dès le début, nous voulions que le blog soit un partage d'avis, d'émotion. Un lieu d'échange avec de la sincérité, de la fraîcheur.

 

Et c'est allé bien au delà de nos espérances...

 

Nous avons moults avis éclairés, portes ouvertes vers des vins dont nous n'imaginions même pas l'existence.

 

Beaucoup aussi ont voulu partager "leur" vin familial, celui débouché lors des repas du dimanche.

 

Aujourd'hui, c'est Julien qui m'a amené "son" vin. Celui que son père achète par caisses et qui est le vin-plaisir de la famille.

Il me l'a donné, comme ça, le lendemain d'une discussion sur le vin au boulot.

 

C'est donc avec la plus grande des candeurs que l'assaut est donné. Sus aux Lubéron "Vendanges de Nathalie 2008" Château La Canorgue.

 

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C'est un vin rouge du Lubéron.

 

Pour ceux qui ne situent pas bien le Lubéron (bonjour, David du bicéphale, je suis une poutre en géographie...), c'est dans le Vaucluse.


Le vignoble est l'extrème-sudiste des vins du Rhône, les deux pieds dans la Provence, à l'écart de la vallée du Rhône et bénéficiant d'un beau climat méditerranéen, avec une superficie de 3500 hectares (pour comparer, le Jura a une superficie totale de 1850 hectares, le mâconnais 3700).

 

Le vignoble du Lubéron a longtemps traîné aussi une réputation de "gros rouge qui pique", avec d'infâmes petits vins sortis durant les foires aux vins.


 

Le Château La Canorgue est à Bonnieux, entre Cavaillon et Apt (c'est vrai que ça sent bon la Provence...).

Bonnieux est un petit village perché sur la côte nord du Lubéron, à 450 mètres d'altitude, avec un sol argilo-calcaire.

 

Le domaine appartient à la famille de Jean-Pierre Margan depuis 5 générations, mais le vignoble avait été laissé à l'abandon jusqu'en 1977.


Jean-Pierre Margan prend en main un domaine de 40 hectares, en agriculture biologique.

 

Sa fille Nathalie a rejoint le domaine depuis un demi douzaine d'années avec le même souci de respect de la vigne, de travail soigné.

 

Nous allons donc goûter le travail de Nathalie, un vin d'assemblage avec de la syrah et du grenache.

 

Première chose, j'ai bien aimé la bouteille, bel objet avec une étiquette donnant envie.

 

La contre étiquette rend hommage aux vendangeurs avec noms et photos... C'est la première fois que je vois cela.

 

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J'ai un mauvais esprit... Le premier mot qui m'est venu a été "démagogie"...

Mais, ce n'est que mérité de remercier les mains qui cueillent.

 

Dans un domaine en agriculture biologique, récoltant à la main, le vendangeur est le dernier maillon à la vigne.

 La vendange est un moment privilégié où l'on récolte le fruit d'une année de travail, avec soin et minutie, moment mêlant joie, stress, doutes, euphorie.

 

Je tenais, quand même, aussi à remercier la levure indigène qui a fait son travail, ainsi que le pressoir pneumatique et le chêne qui a constitué le foudre pour l'élevage...

 

A l'ouverture, c'est beau, c'est rouge sombre...

 

Le nez est plutôt fermé...

 

Devant ce vin du sud, je pensais avoir une explosion de soleil dans les narines, mais, même en aérant le verre, on ne peut pas dire que ce soit très expressif.

Je cherche, cherche, cherche, mais au bout d'une heure, ça commence à sentir la mûre noire.

 

En bouche, c'est tannique, mais sans aspérité, avec un côté poivré et un fruit rouge tout en discrétion.

On garde une impression de rondeur.

C'est peut être même un peu trop rond, manquant d'aspérité et de longueur, avec une finale assez brutale.

 

C'est bon, plutôt léger pour un vin du Sud, à contre courant de ce que j'attendais du Lubéron.

 

Il a été bu, sans précipitation, avec un fruit qui devenait de plus en plus présent au cours de la dégustation, mais toujours sans amertume ou acidité...

Ca m'apprendra à carafer un coup avant de servir...

 

Un vin que l'on classe facilement dans les "vins de gourmandise" qui fait plaisir à tout le monde par sa rondeur, avec un léger manque de complexité qui aurait pu un peu plus affirmer sa personnalité.


A moins de 9 euros, c'est un beau rapport prix-plaisir!

 

 

 

 

Ps: j'ai laissé à Julien pour le remercier un "Moulin-à-Vent 2009" des côtes de la Molière, espérant qu'il apprécie la topissitude de ce beaujolais... 


 

 

 

 


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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:47

Préambule:

nous avons hésité avant de mettre le billet sur le blog...
nous avons préféré jouer la sincérité comme hommage à l'homme, et la franchise pour un vin "nature" qui a le mérite de ne pas etre standardiée et qui a choisi le droit d'être "vivant" donc faillible...

 

Marcel Lapierre est mort...

 

Marcel Lapierre était l'un des papes du renouveau Beaujolais.   

 

Dans une appellation engluée par la chaptalisation et le levurage aux goûts exotiques, piquettes infâmes et vins sans intérêt coexistaient pour le plus grand malheur du buveur amateur ou non.

 

Il fallait être un peu fou pour mettre en avant le vin "nature" dans le Beaujolais, laisser faire les levures indigènes du raisin de gamay et peu ou pas sulfiter ses vins.

 

Le bicéphale est d'autant plus triste qu'il se sent un peu coupable, un peu couillon de la dernière dégustation de son dernier "Morgon 2009", version "souffrée".

 

 

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Lors de la rencontre LPVienne des "dégustations en terre picarde", où nous avions eu la chance de goûter une sélection de" beaujolais bons, bio, nature", nous avions tous été déçus du vin de Marcel Lapierre...

 

Les compte-rendus notés sur "La Passion du Vin" (LPV pour les pressés) exprimaient tous du regret.

 

Nous attendions tant des vins de Marcel Lapierre, au milieu d'autres vignerons "phare" du Beaujolais de qualité comme on l'aime.

  

Peut être que nous pensions que la star de l'appellation se trouverait toujours une marche au dessus des autres...

 

La déception avait été à la hauteur des attentes suscitées par la bouteille à l'étiquette élégante et au chapeau de cire rouge. 

  

Hors de question d'en rester là, le bicéphale avait raté son rendez-vous, mais nous sommes du genre à insister et y revenir.

Ce n'est pas la première fois qu'un vin résiste à une rencontre et ne se laisse pas éfeuiller tout de suite sous les mains habiles du bicéphale...

 

Nous sommes les morpions du vin.

C'est avec ténacité que nous allons nous replonger dans ce morceau d'éternité léguée par ce vigneron qui aimait sa terre, son raisin et son vin.

Simplement.

 

  

En hommage à Marcel, demain, je vais reboire du Morgon de Lapierre pour effacer l'image laissée d'un vin terne, tout le contraire de l'homme.

 

 

 

 

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 13:21

Aujourd'hui, on va la jouer simple.

 

Parce que c'est samedi, parce qu'il fait beau en ce mois d'octobre.

 

Parce qu'après une nuit loin du foyer conjugal, je rentre tranquillement à la maison pour me rendre compte que ma vraie moitié amoureuse (Stéphane n'est qu'un pis-aller) part en astreinte...

 

Nous sommes le couple roi de la gestion des plannings.


 

La déception à peine digérée, une envie de me faire plaisir tout seul me vient.

 

Aucun rapport avec les prochains vendredis du vin dédiés au sexe vinique (que je ne saurai que trop vous recommander), plutôt une envie de boire quelque chose de simple mais de bon pour se poser dans le jardin qui respire l'été indien.


 

Je suis définitivement amoureux de la Bourgogne.


C'est naturellement que la bouche salive en pensant à un petit mâconnais (le Viré-Clessé "terroir de Quintaine" de Jean-Pierre Michel me fait de l'oeil) ou à un petit Chablis (le "Vaillons" de Savary hurle mon nom)

 

Aujourd'hui, je veux de la bleuette, une petite histoire simple mais pas simpliste...

 

Et mes yeux tombent sur le Bouzeron 2008 du domaine A. et P. de Villaine. Ce vin blanc de cépage aligoté est le grand vainqueur de ce samedi-plaisir!

 

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Une évidence de fraîcheur!


 

Surtout qu'au Bicéphale, nous sommes sensibles au "combat" mené par Aubert de Villaine pour l'inscription des climats du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial de l'UNESCO.

 

C'est un héritage exceptionnel, façonné depuis des siècles pour offrir des vins qui respirent le terroir et qui font fondre le bicéphale...

 

C'est frénétiquement que vous devez cliquer sur le site des "climats du vignoble de Bourgogne"!

C'est avec l'âme d'un guerrier du terroir que vous pouvez soutenir sur facebook cette demande d'inscription!

 

Le Bouzeron est un terroir particulier en Bourgogne. C'est la seule Appellation d'Origine Contrôlée uniquement produite en cépage aligoté (le Saint-Bris est un autre extra-terrestre étant produit en sauvignon) dans une Bourgogne qui a dédié ses beaux blancs au cépage chardonnay.

 

L'aligoté est un cépage rustique, exposé aux maladies comme le mildiou et ayant une très mauvaise réputation...

Le chanoine Kir lui ajoutait de la crème de cassis pour apaiser sa "verdeur" acide qui décolorait les dents...

 

Encore aujourd'hui, l'aligoté est produit dans toute la Bourgogne de manière plus ou (surtout) moins heureuse manière...

 


 

A Bouzeron, dans la côte chalonnaise, c'est l'aligoté qui est calife à la place du calife chardonnay!

 

Surtout, qu'à Bouzeron, Aubert de Villaine, célèbre co-propriétaire du domaine de la Romanéé-Conti (produisant des vins que le bicéphale pourra se payer quand Kerviel aura remboursé la Société générale!) vient se ressourcer et produire un vin biologique loin des centaines d'euros la bouteille venant du DRC...

 

Et, oui, le plaisir peut se trouver à presque 15 euros!

 

Bon, c'est pas tout ça, mais on va lui faire sa race à cette petite bouteille...

 

Premier point, la bouteille est jolie, pas tapageuse pour un sou mais mettant en avant l'AOC Bouzeron (10 mentions Bouzeron sur la bouteille!).

 

DSC00223.JPG

 

Les raisins sont issus de l'agriculture biologique, mais pouvions attendre autre chose d'un des co-propriétaires du domaine de la Romanée-Conti?

Ils sont répartis sur 10 hectares de l'appellation Bouzeron, sur des sols maigres, argilo-calcaires.

La pressurage est pneumatique, la fin de presse étant exclue, avec un élevage de 6mois en foudres et cuve inox.

 


 

La bouteille est sortie de la cave a 13°.

 

C'est enfin le moment de sortie le tire bouchon bilame, de verser le vin dans mon petit verre (dont le sérigraphie "printemps du Viré-Clessé" commence à palir).

 

Le vin est joli, d'un bel or très pâle. Il semble "discret", des petits dépôts se baladent dans le vin.

J'apprécie d'avoir l'impression que le vin est en vie, les robes inspirant l'asepsie et la stérilité me font peur...

 

Au nez, c'est net, la poire accompagnée d'agrumes percutent mes naseaux...

C'est frais, ça conforte mon impression d'été indien.

 

Dès la première gorgée, on est à des années-lumières du stéréotype de l'aligoté!

 

Le vin est structuré autour d'une belle acidité, doux, sans être sucré.

 C'est un festival d'agrumes en bouche. 

La longueur n'est pas impressionnante mais il reste sur le palais un acidité de dentelles qui s'étire doucement, pas irritante du tout.

 

Ca me rappelle les belles acidité des beaux rieslings d'Alsace ou la finesse des grands chenins de la Loire (Laurent Lalouette, je te serai éternellement reconnaissant de m'avoir ouvert cette voie!!).


Tout un terroir de qualité sans que l'on pense une seule fois à le pourrir en rajoutant de la crème de cassis.

 


 

Un vin qui n'est pas tapageur, qui n'a pas une opulence monstrueuse mais qui compense tout cela par une finesse, une précision qui ne peut qu'enjouer le buveur!

 

Si vous ne l'avez jamais goûté, faites vous ce petit plaisir des sens.

Ce Bouzeron est bon, certifié "plaisir dans tes fesses" par le bicéphale.

 

Ou comment se dire que, quand même, la vie est belle...

 

 

Ps: je finis le billet partiellement éméché... La bouteille a succombé sans résistance, et je me rends compte qu'écrire ou boire, il faut choisir...

Mais c'était trop bon!


 


 



 


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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 18:19

Pas de détour... 

 

Je ne suis pas un grand fan d'Hervé Bizeul, son vin et sa communication compris...

 

Que les vignerons soient présents sur la toile et qu'ils communiquent, cela fait parti du "jeu" dans notre siècle de réseau social virtuel.

 

Les blogs de vignerons sont une source inépuisable de lecture pour le bicéphale, nous apprenons tout et nous avons l'impression de suivre le vigneron dans sa démarche pas à pas.

 

A la volée (parmi d'autres), les blogs de Francis Boulard ou d'Iris Rutz-Rudel, d'Isabelle Perraud ou de Patrick Vermorel (même si la motivation semble être plus difficile en ce moment...) sont un moyen de se sentir au milieu des vignes, de découverte en découverte pour encore mieux apprécier le vin.

 

Avec son passé de journaliste, Hervé Bizeul a été un précurseur du blog vigneron.

Son blog a un style bien à lui, un peu beaucoup tourné vers lui (certains diront égocentrique...ouh, les vilains...).

 

 

Mais, Hervé Bizeul est loin de l'image du vigneron que la Nature a rendu humble.

Il est loin de l'image du vigneron qui doute, se remet en question.


Il faut le voir (et entendre) sonner le cloche en plein salon de vigneron pour annoncer qu'il va faire une dégustation de sa meilleure cuvée...

 

Tout cela dégage une sensation d'hyper-communication qui a toujours un peu refroidi le bicéphale.

 

 

Bon, nous ne pouvons pas parler d'un vin uniquement sur les affinités avec le vigneron...

 

 

Nous avons donc goûté les vins d'Hervé Bizeul du domaine du Clos des Fées, dans le Roussillon. 

Mais, voilà, les vins du Clos des Fées sont souvent trop lourds, avec un manque de finesse. 

Ils sont le reflet du stéréotype du vin du sud gorgé de soleil, testiculé à souhait avec une mâche sans finesse...

 

 

Longtemps j'ai cru qu'on n'y pouvait rien, que le Roussillon ne pouvait produire que du "lourd"...

Et la dégustation  des vins du domaine Vinci a ouvert une belle porte.

 

Il est possible de faire des vins avec une belle acidité, une complexité sans lourdeur tout en équilibre.

D'autres domaines de la vallée de l'Agly, dans le Roussillon, se sont ajoutés à la mémoire vinique du bicéphale avec de beaux compte-rendus à venir.

 

 

 

Me baladant dans un hypermarché pour y acheter du papier toilette rose, je tombe sur une vilaine foire aux vins...

 

On ne se refait pas, je traîne un peu, découvrant des noms de domaines farfelus de Bordeaux (certifiés Grand Vin de Bordeaux, ouarfff...) et mon regard tombe sur une bouteille Walden Côtes du Roussillon Rouge 2007.

 

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C'est marqué dessus, c'est du French Red Wine...

 

Walden est l'activité de négoce (c'est à dire achat de raisins à un ou des tiers, produisant un vin sous sa marque propre) d'Hervé Bizeul.

Plusieurs fois par an, les lecteurs de la Revue des Vins de France peuvent lire la pluie de louanges pour cette activité de négoce...

 

Allez, on ne va pas mourir idiot, je ne suis pas a 7 euros près...

 

Donc, ouverture de la bouteille le soir chez mes beaux-parents pour un petit dîner après les ensillages de maïs (comme je sers à rien, je suis chargé du repas).

 

Grande nouveauté, c'est la première fois qu'une contre étiquette m'agace...

Généralement, j'adore qu'il y ait un petit mot sur la contre étiquette, même si ce n'est pas informatif, c'est une façon de présenter le vin pour le vigneron, de mettre l'eau à la bouche.

 

Ici, c'est assez imbuvable...

 

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Voilà, une belle confiture bien étalée.

Il faut creuser le concept et coller un petit livret avec les plus beaux haïkus d'Hervé Bizeul...

 

Le vin est un assemblage de syrah, carignan et grenache, la triplette gagnante du Roussillon.

 

La robe est d'un beau grenat-violet bien sombre, c'est opaque, j'aime cette noirceur.

 

Au nez, pas de trace d'évolution, pas de bouchonné, cela semble bien mûr mais fruité...

 

En bouche, ça pique et ça pétille...

C'est âcre et désagréable en bouche.

Le vin est foutu.

 

Quelle tristesse...

Je tente de réanimer le vin, je tourne, j'espère que c'était un mirage.

 

Je reste seul à me battre et à me reservir (on ne sait jamais...), alors que les autres sont déjà passés à autre chose, laissant la pauvre bouteille soupirer son dernier souffle.

 

Espérant un cas unique, la deuxième bouteille est ouverte... avec les mêmes conclusions, le vin est broyé.

 

Quel gâchis...

 

En commençant le bicéphale, nous avions décidé de n'écrire que sur les vins qui nous avaient impressionnés, respectueux que nous sommes des vignerons.

 

Là, c'est le dépit qui fait écrire. 

 

Auchan a-t-il détruit un bon vin (deux bouteilles achetées le même jour avec les mêmes défauts, j'aurais dû faire un LOTO...)?

Les vins de Walden méritent-ils toutes ces louanges?

 

C'est le pire rapport plaisir-prix de la décennie...

 

Boire un bon vin me donne une patate monstrueuse, le plaisir coule dans mon estomac et je pêche les sourires des amis qui, comme moi, prennent leur pied...

 

Là, bof, je me sens tout déprimé comme après un journal télévisé de 20 heures...

 

(shame is the shadow of love...)

 

Ps: Je posterai tous les commentaires positifs sur les vins de Walden... J'espère toujours me tromper lorsque je passe à côté d'un vin à ce point...    

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 09:00

Les Vendredis du Vin ont été un terrain de jeu amusant pour le jeune blog du bicéphale buveur.

 

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Le principe est simplissime.

Chaque mois, un nouveau président pour un nouveau sujet autour du vin et la multitude bigarrée et bouillonnante de la blogosphère vinique qui "planche" sur sa contribution pour le dernier vendredi du mois.

 

Et la petite cerise sur la gâteau, c'est une véritable auberge espagnole!

La porte est ouverte à tous, on y vient comme on est et on partage son coup de coeur autour du sujet commun.

 

Pêle-mêle, les Vendredis du Vin font cohabiter les avis de professionnels du vin et de la vigne, les plus belles "plumes sur clavier" de la blogosphère (celui qui n'a pas lu Christian Bétourné ou Olif a raté du grand, du beau, du drôle), les amateurs éclairés passionnés et les derniers des poireaux (bonjour, on est le bicéphale...).

 

Aucune nécessité d'avoir un blog "orienté" pour faire partager "son" vin, ni même être une piche invétérée (bonjour, on est le bicéphale...).

Il faut juste amener son vin, sans complexe.

Même si on ne sait pas définir les robe, nez ou bouche ou autres couilleries du vin proposé.

Un petit mot sur le groupe facebook des Vendredis du Vin et on salive d'impatience de boire votre vin! 

 

C'est avec émerveillement que l'on lit les différentes sensibilités et que l'on découvre des vins "qu'on pourrait mourir pour y goûter"...

 

Aujourd'hui, L'émotion empoigne le bicéphale.

Il va officier ce mois-ci avec un sujet aux petits oignons et compiler les différents billets, en espérant voir de nouveaux contributeurs!

 

Surtout que les clés de la dernière présidence ont été remises par les BourgogneLive Boys, autour du sujet "les plus belles quilles!".

Ca met la pression après un aussi beau sujet du blog le plus influent de la bloglouglou...

 

Mais, là, c'est le drame, le bicéphale s'est emparé des clés et il ne peut pas s'empêcher de faire n'importe quoi!

 

Le bicéphale avait promis un sujet bas de gamme et racoleur à notre présidente des Vendredis du Vin à vie, Iris Rutz-Rudel du superbe blog du domaine Lisson...

 

Le vin et... le SEXE!

 

Et, oui, on veut du vin sulfureux, graveleux, un peu (beaucoup) cochon et sans complexe!!!

 

De nos jours, le vin véhicule trop souvent une image épurée, limite coincée...

Le bicéphale sourit à chaque dégustation de Shizuku Kanzaki, le héros du manga "Les Gouttes de Dieu", où il voit une belle femme au milieu de roses, vêtue d'un voilage battant sous la brise légère, le regard dans le vague...

 

Mais le bicéphale se souvient que le Dieu du vin n'est autre que Bacchus, Dieu de tous les excès, de l'ivresse et des débordements sexuels.

 

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Bicéphale avant l'heure, Bacchus avait comme binôme un certain Priape, le bien nommé (le bien membré).

 


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(A chaque époque, son Priape)


Le vin peut être sensuel mais il est aussi sexuel!

 

Le vin peut être "Amour passionnel" mais il est aussi "Amour physique".


Le vin n'est pas qu'un plaisir évanescent et vaporeux, petit doigt relevé.

Le vin vient de la terre, du fruit juteux, de la fécondation, de la terre brute et virile se mêlant à l'eau suintante et ruisselante.


 

Pas de puritanisme mal placé, le vin, c'est du plaisir.

Celui qui aime le vin aime la sexualité, le SEXE!


 

Du "petit coup sans lendemain" aux "griffes dans le dos", en passant par les hurlements, le bicéphale veut que le vin sente la sueur et que la sueur sente le vin...


 

De la fraise dégagée par tel vin qui vous fait penser à cette demoiselle qui avait l'air si prude et qui vous a fait grimper au rideau.

Du cuir senti dans tel autre vin qui vous a rappelé la bestialité pure de ce moment magique!

Du chocolat sur ce vin qui fait remonter le souvenir de ce bel africain "doué pour la chose" comme vous vous dites pudiquement, bouche bée avec un frisson de plaisir.


Des bulles pour la folie, ou du sucre pour la douceur, ou de l'acidité pour la fraîcheur... Les possibilités sont infinies!!

 

Le bicéphale ne parle pas de pornographie, de pratiques bizarres (même si c'est bon quand ça fait mal).

 

Non, le vin, "votre" vin peut exprimer l'attraction des corps, la montée des sens, ou l'orgasme brut et sans contrainte.

 

Bref, du marin croisé à Brest, de sa première fois, de l'amour de sa vie, de cette personne rencontrée en soirée pour la soirée, de cet ami d'enfance qu'on n'avait pourtant jamais envisagé, etc... le bicéphale veut un vin qui parle de la fesse mais de la jolie fesse.

 

Nous vous attendons pour le 29 octobre!

 

 

PS:

Parmi nos réflexions, les sujets auxquels vous avez échappé, "Les vins et ma grand-mère", "Le vin facile à vomir", "qui a pissé dans ce tonneau?", "Le vin et l'hypertrophie de la prostate", "Le vin et Paul Préboist", "Le vin Grolandais", "Le vin solution de la faim dans le monde"... 


 


 

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 10:37

Je ne peux que vous inciter à vous connecter immédiatement sur le site de BourgogneLive!

 

La crème de la crème du dessus du panier de tout ce qui se fait de mieux en blog vinique s'est amusée sur le sujet amené par François dit le serial BourgogneBoy.

Les plus beaux flacons pour les plus jolies ivresses ont été exposés devant nos yeux ébahis...

 

Le bicéphale, comme à son habitude, fait figure de nain anémique au milieu de ces géants alliant plaisirs du vin et de l'écriture.

 

Garanties par votre serviteur, des lectures étonnantes, des sujets savoureux, de l'information donnée par les bloggers les plus pointus de leur(s) génération(s)... Et, souvent, du beau n'importe quoi!

 

A consommer sans modération, pour vous donner envie de participer au prochain "vendredis du vin", c'est ouvert à tous, via le groupe Facebook.

 

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Voila, c'est toujours avec une larme à l'oeil que les vendredis du vin se terminent... Sniff...

 

 


 


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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 19:56

En ce beau vendredi annonciateur d'un automne comme je les aime (je me pèle les boursots au milieu d'une pluie qui bat sur mes volets qui claquent), le bicéphale va tenter de s'atteler au sujet de notre président du jour...

 

 

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Ce n'est pas peu de dire (écrire...) que j'apprécie les beaux gars du superbe blog de BourgogneLive.

 

Depuis qu'ils existent, je suis au fait de tout ce qu'il se passe dans le monde du vin, du plus incongru au plus informatif.

Je vous aime les BourgogneBoys (avec tout ce que ça implique de calins et de vaseline, c'est le jeu...).

 

Pour tous les bloggers amoureux du vin, il faut "prouver" que le flacon importe dans l'ivresse...

Il faut être un BourgogneBoy pour vouloir contredire Alfred de Musset himself!!

 

"Le poète a dit: « peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse! »
Et bien sans vouloir me faire Musset mon cher Alfred, je dis NON! Le flacon a de l’importance!

- Par sa forme: les Bourguignons la préfèrent ronde tandis que les Bordelais ou les Alsaciens aiment sa taille fine et élancée.
- Par sa taille: du tube à essai jusqu’au format XXXL pour troisième mi-temps du XV de France.
- Par son étiquette: Classique ou design original, érotique ou rock’n'roll, elle nous tape parfois dans l’oeil.

Partagez avec nous LA bouteille qui vous a fait craquer et dites nous si l’ivresse était à la hauteur…

Le vendredi 24 septembre, je vous lance un SOS: prouvons qu’Alfred avait tort et sortons quelques flacons de l’oubli!"

 

 

Dès que le sujet est dévoilé, le bicéphale veut faire quelque chose de beau pour leur rendre hommage.

 

Mais, il faut bien avouer que nous avons aussi un bon esprit de contradiction...


Même si nous nous délectons de lire les comptes-rendus de magnifiques boutanches, toutes plus étincelantes les unes que les autres, le bicéphale n'oublie pas un des mots clés du sujet... L'ivresse...

Tellement politiquement incorrect, même si nous sommes des buveurs modestes et que ivresse ne veut sûrement pas dire saoulerie et autre bench-drinking loin de l'esprit "amoureux des belles choses".

 

Et, là, tout va très vite pour les bicéphales (attention ça risque d'être trop dur pour un lecteur néophyte...)

- "ivresse" amène à "fête"

- "fête" amène à "bonne grosse bouffe"

- "bonne grosse bouffe" amène à "pleins, pleins de gens"

- "pleins, pleins de gens" amène à "gros cubitainer de vin"

- "gros cubitainer de vin" amène à sa version plus moderne, le "bag-in-box"

 

CQFD, vous pouvez applaudir...

 

Mais le Bag-In-Box (BIB) se doit d'être de qualité...

 

Bon, faut pas déconner, pas de "grand cru" en BIB, ce n'est pas le but.

Aucune chance de trouver un vin destiné à vieillir au fond d'une cave à l'hygromètrie parfaitement contrôlée dans ce contenant...

 

Mais, on peut y trouver un vin de plaisir immédiat à partager entre potes.

 

C'est le cas de ce Mâcon blanc de la cave d'Azé en BIB de 10 litres.

 

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Et oui, du vin de coopérative...

Le bicéphale fait la part très belle aux vignerons indépendants depuis les quelques mois de son existence, avec de belles rencontres.

Mais quand c'est bon, c'est bon... 
Azé est une petite commune au nord de l'appellation Mâcon, à quelques kilomètres de Cluny, avec une grande histoire de culture de la vigne (merci les moines..) et un terroir mis en valeur au cours des siècles.

La cave d'Azé est une "petite" coopérative regroupant 120 vignerons, avec une envie de faire de la qualité plus que de la quantité.
Il n'y a pas de course au rendement, mais un système d'incitation à la bonne conduite avec des primes sur l'état sanitaire ou sur la propreté de la vendange.

Pas de mensonge, on est loin de l'agriculture biologique, mais cela n'a jamais été notre cheval de bataille (tous les bios ne sont pas excellents, tous les "conventionnels" ne font pas du caca).

Ce petit BIB, avec robinet intégré, nous donne un petit vin blanc de cépage chardonnay d'un bel or pâle-vert.
Pas de surprise au nez ou en bouche, nous avons les deux pieds dans le mâconnais.

Le vin est marqué par son côté facile dès le début avec la pêche et l'abricot, sur une petite fragrance de fleurs blanches (chèvrefeuille).
Le vin est frais, avec un belle acidité, pas très longue et finissant avec une pointe de verdeur qui n'est pas du plus bel effet.
C'est bon, mais loin de s'approcher des vins, même génériques, de nombreux producteurs aux environs (on en reparlera...).

Donc, ça ne déchire pas en deux, mais je n'ai pas honte de le servir en apéro à une meute d'assoiffés, histoire de monter dans les tours (ou les quilles) gentiment...

Une bonne première approche du mâconnais, sans stress, dans un esprit clairement festif, pour un contenant qui appelle à une belle ivresse (toujours sans saoulerie!!!).

Et, en plus, j'utilise ce vin en cuisine, n'ayant jamais été déçu par la petite acidité qu'il ajoute à mes mets fins et raffinés (ouarf...).

On n'oublie pas le prix "doux" (environ 25 euros les 10 litres) pour une qualité de Mâcon blanc surplombant quasiment toutes les belles bouteilles en verre avec jolie étiquette de l'appellation dans les foires au vin...

Alors, les BourgogneBoys, impressionnés par mon beau flacon?

Ps: les Fils de Teuhpu avec leur morceau "bricoleur"... Ca définit un peu l'esprit bicéphale...
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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:33

Il y a peu de vins qui sont comme une évidence.

 

Peu qui marquent l'esprit de manière indélébile, comme une pièce de puzzle qui s'emboîterait parfaitement dans la case plaisir du cerveau, sans forcer, tout en douceur.

 

La première fois que le vin a suscité une telle émotion au bicéphale bressan, ce fut en présence d'un vin de Bordeaux (comme quoi, le Bordeaux peut servir à quelque chose... provocation gratuite...).

 

A l'époque, le père découvrait les joies des foires au vin. Les grands crus semblaient accessibles, enfin, à un modeste ouvrier amoureux des belles étiquettes.

A la maison, le vin était une anomalie.

Il n'y en avait pas à table. Parfois, le père s'autorisait un panaché industriel pour accompagner le repas dominical ou après avoir jardiné tout la journée.

 

Et puis, il y a eu la "démocratisation" (pour ne pas écrire invasion) des foires au vin, et toutes ces belles étiquettes de vins, faisant tourner la tête.

Les bouteilles achetées à l'ogre Carrefour n'étaient pas bues.

Non, non, elles étaient amoureusement stockées dans la cave, répertoriées dans un cahier à spirales.

Ce qui suffisait au bonheur de mon père.

 

En collectionneur minutieux, il avait décidé de ne se consacrer qu'aux terroirs de Saint Julien et de Sauternes.


Sans avoir jamais vraiment goûté les différents crus, par hasard ou suite aux conseils des pseudo oenologues-sommeliers-vendeurs-conseillers mandatés par la grande distribution (l'histoire ne le dit pas).

 

Et puis, cela a été l'occasion de frimer le samedi soir devant des invités en ouvrant des "bouteilles de grosse cylindrée".

Avec des mariages plus ou moins heureux... Château Talbot et morue à la crème (bacalhau de nata)... Château Lagrange et pot-au-feu à la portugaise (cozido a portuguesa)... Château de Fargues et pudim brasileiro...

L'important étant de bien montrer la belle étiquette du Château de Beychevelle.

 

C'est dans cette ambiance de non-connaisseur respectueux du nectar des plus fortunés, qu'un Château Gruaud Larose 1990 a été servi pour accompagner le fameux rosbeef-purée de charlotte de ma mère.


A la première gorgée, silence général, salle à manger extatique...


Pour la première fois de sa vie, l'étudiant gavé de bière du quartier Saint-Leu buvait du vin.

Pas le liquide rouge, blanc, rosé, à bulles qu'il ingurgitait pour accompagner les soirées "old-school".


Non, du vin...

 

Première émotion vinique.

 

J'ai, par la suite, regoûté différentes bouteilles, millésimes de Gruaud Larose, je n'ai jamais retrouvé le même plaisir.

 

L'émotion a cela de beau qu'elle est éphémère mais au souvenir éternel.

 

Donc ce n'est pas rien lorsque j'ai l'impression d'approcher cette émotion...

 

Pourtant rien ne laissait présager que cette bouteille allait "claquer" à ce point.


Dîner en mode détente entre potes après avoir glandé près de la piscine des parents de Céline, célèbre tournugeoise méritant une licence IV ainsi qu'une critique élogieuse du "guide des meilleures fêtes décadentes de France".

 

Au menu du soir, pour sustenter l'appétit de douze ventres creusés par le chlore, keftas maison et frites fraîches.

 

Lorsque la bouteille a été posée sur la table, l'oeil gauche du bicéphale a tresailli...

Le Mâcon-Cruzille rouge 2009 du Clos des vignes du Maynes l'appelle telle une sirène.

 

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Cruzille est un petit village tout au nord de l'appellation "Mâcon".

 

Le mâconnais est une chance pour les consommateurs désargentés comme le bicéphale.

Malgré de magnifiques terroirs (Pouilly-Fuissé, Viré-Clessé, certains Saint Véran...), une erreur de casting fait qu'il n'y a pas eu de classement en premiers ou grands crus, comme la Bourgogne aime à faire pour ses plus beaux climats.

Lorsqu'un bon Puligny-Montrachet coûte jusqu'à l'élastique du slip, des blancs de mâconnais peuvent rivaliser sans complexe dans le plaisir, tout en préservant la dignité "slipale" du bicéphale.

 

Nul doute que le terroir de Cruzille ferait parti du classement des meilleurs crus du mâconnais.

 

La vigne du domaine de Julien Guillot est cultivée depuis le dixième siècle par les moines de l'abbaye, toute proche, de Cluny.

Sans moquerie aucune, s'il y avait une chose que les moines savaient faire, c'était de choisir les plus beaux terroirs pour produire le meilleur raisin...

 

Cette vigne a aussi la particularité de ne jamais avoir goûté à un quelconque traitement chimique.

L'agriculture y est biologique depuis 1954, en biodynamie depuis 1998...

 

Onze siècles de vignes travaillées par l'homme en respectant les sols, ça donne envie!

Encore plus après avoir vu les superbes videos du site de l'univers dit vin, ainsi que celle du superbe site de BourgogneLive (que des tapis de feuilles de vignes adoucissent chacun de vos pas).

 

La bave aux lèvres, le regard fixé sur la bouteille, complétement obnubilé, je fus enfin autorisé à tire-bouchonner la demoiselle.

 

Demoiselle car de 2009, mais le cépage gamay est un de mes préférés, envoûtant par le fruit dans sa jeunesse et se complexant en vieillissant avec des arômes de sous bois et de gibier lorsqu'il est traité avec respect.


Ce n'est pas la cuvée "phare" du domaine.

Mais c'est en voyant comment on traite les plus petits qu'on appréhende le mieux le style du vigneron et surtout sa passion.

 

Il est conseillé de le carafer sur la contre étiquette... 

Pas le temps pour ce cérémonial, je suis peut être un gougnafier, mais je l'aérerai gentiment dans le verre.

 

Sa belle couleur rubis foncé et son nez de fruits rouges me font oublier que je suis au milieu d'une tablée bruyante...

 

Et, en bouche, ZBAM... ZIM... BLAM...

 

Difficile de décrire ce vin. Le carnet de notes ne sert à rien.

C'est un vin jeune, sur le fruit rouge, cerise kirschée, fraise, mais aussi groseille.

Mais il a une belle structure acide l'accompagnant sur toute la longueur, avec des petites notes douces poivrées...

 

Un peu comme si le meilleur du Beaujolais rencontrait le meilleur du Bourgogne.

 

Le vin est porté par le fruit mais avec une belle finesse, une infinie précision et une longueur toute en bonne acidité, le tout sans aucune agressivité.

 

Je ne sais pas comment le vin va vieillir.

Je n'aurai sûrement jamais la patience d'en conserver dans ma cave...

Ce serait dommage de se priver de ce pur plaisir.

 

S'il y avait un défaut à ce vin, ce serait qu'il a éclipsé tous les autres vins bus durant cette journée. Il a tiré toute la couverture pour lui...

 

A vin exceptionnel, chanson fantastique... Jouissif et immédiat comme du rock, profond comme du blues...

 

 

 

PS: Je n'ai aucune idée du prix de la bouteille gentiment amenée par Gaelle, mais ça doit avoisinner la quinzaine d'euros. Le bicéphale va sûrement s'inviter au domaine après les vendanges... 


 


 


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