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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 00:18

Aujourd'hui, un vin qui m'a fait fait traverser un bon paquet d'émotions différentes...

 

De l'ouverture de la bouteille jusqu'au dernier verre, le bicéphale a eu peur, a été rempli d'espoir, a savouré son plaisir et a regretté que la bouteille ne fasse que 75 centilitres.

 

Tout ça sur deux jours...

 

Un soir d'apéro avec les amis tournusiens, je me faisais une joie d'entamer les débats avec ce que je pensais être du lourd...

 

Je voulais leur faire goûter le Viré-Clessé "Cuvée Emile-Jean Thévenet" 2004 du domaine de la Bongran.

 

DSC00246.JPG

 

 

De la belle maison mâconnaise, pignon sur rue et connaisseurs habituellement en émoi.

 

Ce n'est pas la première fois que nous écrivons sur des vins de l'appellation Viré-Clessé.

 

Cette toute jeune A.O.C de 1998 recèle de vignerons sérieux, offrant un rapport qualité-prix-plaisir très valorisant pour le consommateur.

Un terroir tout en cépage chardonnay produisant des vins blancs vifs et frais.

 

Mais avec un vin du domaine de la Bongran, on goûte à la totale non-typicité du terroir, typicité qui a été définie avec trop de facilité (pour cibler le consommateur qui aime les petites cases bien carrées).

 

Avec un mode de culture traditionnel, mais avec labours, levures indigènes et élevages longs en cuve, le domaine se distingue surtout par une vendange de grains bien mûrs, souvent à la sucrosité marquée.

 

2004 ne déroge pas à la règle... Année difficile, n'épargnant que les vignerons patients, qui sont allés chercher la maturité, comme au domaine de  la Bongran.

 

La "cuvée Emile-Jean Thévenet" est une sélection sur les belles parcelles du domaine de Quintaine, entre Viré et Clessé.

 

DSC00247.JPG

 

On regarde la bouteille avec attention, rien de magique...

Pas de contre-étiquette... Tant pis...

 

 

Parenthèse: au vinocamp de Beaune (réunion de la sphère internet gravitant autour du vin), sur des ateliers, il a été évoqué que le consommateur n'en a rien à carrer des contre étiquettes avec la description des sols, les cépages, la date des vendanges ou celle de la mise en bouteille. Consommateur, non professionnel du vin, j'aime bien les contre-étiquettes qui me donnent l'impression de "rentrer dans la partie".

C'est une mise en bouche simple, un teasing à peu de frais, une présentation synthétique de ce qui va être bu.

J'aime bien être présenté à la bouteille et au vin qu'elle contient...

mais, bon, je ne fais pas de marketing vinique.

Fin de la parenthèse...

 

 

 

Je débouche la bouteille impolie.

 

Et c'est une gifle, le bouchon sent un peu le carton mouillé...

Non, pas ça, bouchonné!!!

 

Je prends un petit verre, histoire de dire, avec une belle couleur jaune-paille, appétissante.

Mais le vin n'est pas du tout prêt à être bu.

J'ai bien peur que 20 euros soient partis en fumée...

 

 

Tant pis, je le laisse respirer toute la nuit.

 

Le lendemain, en début de soirée, je me ressers un petit verre, pour accompagner un petit fromage de chèvre.

 

Le nez s'est transformé.

Aucune trace d'oxydation, disparu le carton mouillé, ça sent la mangue, le litchi...

 

Diantre, mon mâconnais s'est transformé en gewurztraminer?!?

 

Un nez marqué par une grosse maturité, c'est dense, avec beaucoup de fruits exotiques.

Surprenant, desarçonnant, mais pas du tout désagréable.

 

En bouche, c'est gras et rond, ananas, mangue.

Le vin a évolué avec un soupçon de sous bois, ça champignonne doucement.

 

J'avais espéré beaucoup de cette aération d'une nuit, pour ouvrir le vin.

Sa mère, je prends cher!!

 

je suis seul et, pourtant, les verres s'enchaînent gentiment.

Pourtant, pas de sucre ressenti dans le vin, pas de maturité excessive. Et surtout, pas de trace de maquillage au bois...

C'est bon! 

 

La finale est assez longue, mais avec une acidité un peu lourde et trop marquée à mon goût...

 

Un vin qui joue avec les superlatifs, qui ne fait pas dans la demi-mesure, à boire maintenant et tout de suite.

Une personnalité affirmée qui me plaît, musclée mais sans fond de teint, douce mais pas mièvre, virile mais pas brutale. 

 

 

 

La "cuvée Emile-Jean Thévenet"  envoie des watts, simplement, mais surprenant.

Une première approche qui peut impressionner, et ne pas plaire à la première dégustation.

Mais qui mérite d'y retourner tellement le plaisir vaut le coup.

 

J'estime avoir eu de la chance d'avoir ce petit défaut à l'ouverture de la bouteille.

On ne l'a pas sagouiné en mode "corsaires à l'abordage" et le vin a pu donner quelque chose de vraiment plaisant et déroutant en même temps... Hautement intéressant! 

 

Un contre pied pour ceux qui gardent une image du petit mâconnais frais au coin du bar, une attaque fatale contre les vins blancs insipides.

 

 Mais tout cela a un prix... une bonne vingtaine d'euros...

Un vin blanc avec des roustons, ça se paie! 

 

 

 

 

 

   

 

 

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Published by stephane et david
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