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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:45

En ce dernier vendredi du premier mois de l'année, on reprend les bonnes habitudes de 2011.


Il est temps de communier tous ensemble pour la 42ème édition des Vendredis du Vin autour du sujet imposé par le lascif Guillaume du blog "Du Morgon dans les veines" qui ne pense qu'à voyager et boire du bon vin .

 

Ce BVNI (Blogueur du Vin Naturellement Imbibé) demande à toute la blogosphère vinique avec (ou sans) nez framboise et haleine chargée de plancher sur le thème du "Vin et voyage".

 

vdv-logo

 

"Ah ça, le vin peut faire voyager : certains vous emmènent très vite très loin, d'autres ne sont que des allers simples jusqu'à l'évier le plus proche.

Non, moi ce que je veux, c'est vous voir voyager dans la réalité. Que vous nous parliez d'un vin que vous avez découvert lors d'un voyage et que vous avez rapporté (ou que vous auriez aimé rapporter) dans vos valises.

En guise de souvenirs, certains offrent des mugs ou des boules à neige. Nous, nous préférons un vin du terroir visité qu'un caviste bien attentionné nous a recommandé, que nous avons dégusté dans un restaurant ou sur lequel nous sommes tombés par hasard. Parfois ce vin s'avère si exceptionnel, si hors norme, que vous vous en voudriez de priver vos amis d'un tel joyau une fois revenu au bercail."

 

 

Diantre, que voila un beau sujet... 

 

De quoi remettre le pied à l'étrier pour un bicéphale en mal d'inspiration ces derniers temps.

 

Alors, où? Quand? Quoi?

Ca a fusé dans tous les sens.

Ce vin d'Ottawa "vendanges de glace" sucré jusqu'à l'écoeurement et qui m'avait fait vomir à Montréal... Non...

Ou le Penedes bu à Barcelone qui avait complétement torché Céline (pourtant une sacrée poche à vins). Deux bouteilles plus loin, elle embêtait les touristes allemand au Museu d'Historia de la Ciutat... Non...

Ou ce vin de l'Alentejo partagé avec Sophie dans un superbe restaurant de Monsaraz avec une escalope de porc et coques (carne de porco a alentejana)...

 

Rhhhhhâââââââ^...Je bugue.

 

Comme toujours dans ces moments de doute, j'ai mon arme fatale... Sophie...

"Tu as toujours une bouteille du vin de Cilaos dans la cave?"

Et la lumière fut.

 

 

Tu veux du lourd, monsieur le morgonneux président Guillaume.

Là, c'est du très, très lourd.

 

Cilaos est l'un des trois cirques de la Réunion.

Nous y avions passé quelques jours en meute en 2004 avec nombre de packs de "dodo", la bière locale et un grand sac d'une herbe aromatique, de l'origan si je me souviens bien...

 

De superbes paysages, de bons moments de coinche... Parfait...

 

reunion-065.jpg

 

 

Nous avons aussi rencontré Marcel Dijoux, responsable alors de la coopérative de CIlaos et aussi de la chambre d'hôte où nous dormions.

Le vin de Cilaos venait de passer en appellation "vin de pays" en 2004.

 

iletcordes.jpg

 

Ca a été l'occasion de discuter autour d'un petit apéro.

 

La vigne a été amenée par les premiers colons au 17ème siècle, d'abord pour le fruit.

Ce n'est que plus tard, vers le 19ème siècle que du vin a été produit.

Le vin de Cilaos avait une mauvaise réputation, il rendait aveugle et fou autant que le rhum.

Le cépage "isabelle" (ou "plant du cap") donnait à la vinification quasiment autant d'éthanol que de méthanol.

 

La création de la coopérative, avec un plantage de chenin, malbec, les méthodes de production revues ont permis aux uniques 40 hectares de la Réunion de devenir le premier vin de pays français de l'hémisphère sud.

 

Je n'avais pas gardé un énorme souvenir du vin de Cilaos.

A l'époque, la coopérative se "cherchait" un peu selon le vigneron.

L'urgence était de rayer la mauvaise réputation du vin qui rend fou.

 

 

Quelques années après, ça me fait chaud au coeur d'ouvrir ma dernière bouteille de Vin de Cilaos rouge demi-doux .

 

DSC00660-copie-1

Aucune idée de la date des vendanges...

Il y a du malbec et du pinot noir dans la bouteille, mais je n'ai pas la moindre idée non plus des proportions.

Je me souviens l'avoir demandé, mais, comme je ne note rien, j'oublie tout.

 

Sur l'étiquette, c'est assez sommaire.

Seule la mention "demi-doux" peut donner la puce à l'oreille de ce qui va finir dans le verre...

 

DSC00663.JPG

J'avais un souvenir plus que mitigé sur cette bouteille à l'époque. Ce n'est pas sans une certaine appréhension que je tire-bouchonne la belle.

Le bouchon est bien attaqué mais il a tenu bon, contre vents et marées.

 

Le vin a pris une teinte rubis tirant sur le rose, avec des reflets ambre.

 

Le nez est très discret. J'ai un peu de mal à le caractériser.

C'est fruité, peut être de la groseille écrasée entre les doigts.

J'ai beau tourner le verre et y replonger mon nez, ça reste assez fade.

 

En bouche, c'est très surprenant.

"Ah, ça, pour voyager, je voyage!"

La première impression est très, très sucrée. De la soupe de glucose.

Je me sens au milieu d'un champ de cannes à sucre...

La finale est sèche et brutale laissant la bouche toute gluante de sucre.

 

Au bout de quelques minutes d'aération, le vin reste de la guimauve liquide, mais avec une pointe d'acidité en fin de bouche qui donne un peu d'espoir pour le verre suivant.


On se rapproche plus d'un banyuls jeune que d'un Madère.

 

Aucune sensation alcooleuse, très peu de fruit, quelques notes de vanille, un fond de canelle et du sucre.

 

C'est lourd.

Mais, bizarrement, en le buvant avec Sophie, nous nous attendions à pire.

Il y a même des bons souvenirs de l'île de la Réunion qui remontent tout en "douceur".

 

Le vin de Cilaos ne rend plus fou, il rend nostalgique.

Ca me donne même furieusement envie de goûter les derniers millésimes.

 

Je ne finis pas la bouteille, je suis sûr que Fred "natural born surfer" et Céline "je vomis dans la baignoire des enfants en fin de soirée" seront heureux de reboire le vin de Cilaos.

 


 

 

 



 



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Published by Le Bicéphale Buveur
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commentaires

Tiuscha 27/01/2012


Jolie conclusion, ce VdV m'a rendue un brin nostalgique aussi..

groshulk 27/01/2012


Rhaaaa la réunion, son rhum Charrette (pas que lui qui l'était) et sa dodo


Cilaos et son proche cirque de Mafate lieu de ballades inoubliables...


Ton article me remonte mes 4 semaines de vacances la bas et je crois bien que j'avais visité cette cave en 2005, pas sur d'y avoir gouté le vin mais j'y suis passé


Il me donne envie d'aller en acheter (OK plus pour le voyage que pour le vin mais l'occasion fait le larron (ou un truc du genre))

Olivier B 07/02/2012


Excellent, en baladant la BVNI, je tombe sur cette bouteille que j'ai ramené cet été de là-bas. Je suis allé à l'Ilet à Cordes avec mon fils, je n'ai pas rencontré marcel Dijoux, mais j'ai acheté
ce vin en direct, sur l'exploitation, au milieu des légumes et autres lentilles locales. Aucune mention de millésime, et du coup, comme la petite vendeuse était peu inspirée, je me demande si
c'était un reste du même stock que toi ou quelques choses de plus récent, parce que le commentaire que tu fais là correspond exactement à ce que j'ai bu en rentrant ici...j'en avais raconté un
bout sur mon blog à l'époque....yalla, bravo pour l'exotisme du billet, moi aussi j'y retournerai bien....à +....

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