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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 14:08

Pendant que la crème de la blogosphère vinique se trouve à l'European Wine Bloggers Conference, pour entendre une pluie d'autosatisfactions "wine bloggiste", je me suis mis, moi aussi, à l'heure européenne.

 

Allez, nous n'avons jamais vraiment parlé "Europe" dans le blog...

 

C'est surtout parce que, sortis du Porto, de quelques vins italiens et de quelques Whiskies (pas moi, Stéphane...), nous sommes au summum de la nullité.

Nous sommes passés subitement des cubitainers de vins faits avec des raisins européens en vrac (pour faire des vins chauds et des sangrias) aux bon petits vins de vignerons "terroiristes" (spéciale dédicace à Olif, encore...)

 

En écoutant, en vidéo streaming, les différents interlocuteurs, nous annonçant à quelque point nous changeons le visage de la critique du vin et à quelque point nous étions géniaux, j'ai subitement eu envie de regoûter le Camins del Priorat 2007 d'Alvaro Palacios.

 


 

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Bon, ok, je la fais facile...

 

Alvaro Palacios croule déjà sous les critiques dithyrambiques...

Ce n'est pas un perdreau de l'année et je ne vous apprends pas la vie en vous montrant ce vin espagnol.


 

Alvaro Palacios est considéré comme l'un des plus grands vinificateurs du monde, mettant en valeur le terroir du Priorat.


 

J'avais profité d'un petit week-end à Barcelone pour goûter ce terroir devenu mode en une dizaine d'années.

 

Le Priorat, avec ses 1850 hectares, est à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Barcelone, dans une Catalogne aride et frappée par le soleil, avec ses côteaux abruptes rendant le travail des machines même pas envisageable.

 

Le vignoble est en D.O.C, l'équivalent d'Appellation d'Origine Contrôlée.


De la réputation de gros rouge qui tâche avec son carignan plutôt dur avec ses rendements riquiqui, il est passé à "superstar mondiale" grâce à quelques vignerons, dont Palacios.

 

Tout le vignoble au Priorat d'Alvaro Palacios est cultivé en bio, la vendange est manuelle (pas trop le choix à cause des pentes), le raisin est égrappé et fermenté en cuve puis vieilli en fûts de chêne.

 

Alvaro Palacios produit donc le Camins del Priorat avec un assemblage majoritairement de carignan (une bonne moitié) qu'il "tempère" avec 40% de grenache et le reste en syrah et cabernet-sauvignon (cépage introduit il y a une quinzaine d'année).

 

J'avais ouvert la bouteille la veille au soir, bu un verre...

Evidemment sans le carafer, ni lui laisser le temps de respirer, n'oublions pas que je suis au vin ce qu'un babouin est à la danse classique...

 

Le seul verre pris avait envahi ma bouche de tabac.

J'avais l'impression de chiquer dans un film de western-spaghetti

 

 

 

Oulah, je vais le laisser se calmer durant la nuit, le Priorat!!

 

Et bien m'en a pris.

 

Car, là, en écrivant ce petit billet, le vin est devenu plus que sociable.


De sauvage agressif, c'est devenu un pote...

 

Sa robe est d'un joli rubis brillant et profond.

 

Au nez, il est subtil.

Il reste de bonnes traces d'élevage comme le nez de tabac et de chocolat amer, mais avec un fruit mûr rouge avec un joli fond épicé.

Sans déconner, ça pinote!! Oui, oui, le nez peut s'apparenter à un bon vieux pinot noir de la Bourgogne comme j'aime.

Ca sent réellement bon...

 

En bouche, ça coule tout seul, sans forcer.

Le vin marque surtout par sa fraîcheur, avec un fond "aérien" surprenant.

Il y a du tanin, mais comme fondu, ne gardant que le meilleur sans aucune acreté.

Le tout est empaqueté dans un arôme de mûres bien noire et juteuse.

 

J'aime les vins rouges qui terminent leur longueur de bouche avec une belle acidité.

On n'a pas l'impression de mâcher du tanin ou du gros fruit surfermenté.

 

Je ne peux m'empêcher de repenser au Rafalot du domaine Vinci de la vallée de l'Agly (une des plus belles émotions de l'année...).

 

Un vin rouge qui a du caractère, qui mérite d'être carafé et attendu pour dégager tout son potentiel.

 

C'est un beau travail d'élevage, bien loin des stéréotypes des vins espagnols avec des grosses corones (traduire par couilles en français), avec de l'élégance et de la finesse.

 

Et c'est un beau rapport qualité-prix (une douzaine d'euros, mais les souvenirs sont embrumés...).

 


 

 

Ps: Pour Christian, le dessus de la crème du "blog à la française", les conférences de l'EWBC sont très facilement regardables après à peine quatre verres du vin d'Alvaro Palacios... A méditer... Moi, je vais me coucher...

 


 



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Published by stephane et david
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