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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 17:45
Ce que j'ai pu avoir les oreilles rabattues au sujet du domaine Guffens-Heynen...

 

C'est la référence ultime des vins du macônnais.

 

Avec son petit accent flamand et ses méthodes de vinification, il a poussé vers le haut une appellation réputée sans "grand" terroir.


Lorsque l'on fait le tour de la bloglouglou, à chaque vin de Guffens goûté, le dégustateur a quasiment vu la vierge.

On imagine facilement le verre auréolé d'une lumière dorée, le buveur avec un genou à terre, la larme à l'oeil.


Et c'est parti pour "l'expression parfaite de la minéralité" du terroir mâconnais.

 

La minéralité, magnifique terme fourre-tout, qui m'en bouge une sans toucher l'autre...

Faux gage de qualité, mis à toutes les sauces, la minéralité, comme la buvabilité, m'emmerde.

(même pour la flotte, c'est insupportable... Et, en plus, ça rouille)

 

Parti toujours du principe qu'on appréhende plus facilement la qualité d'une production à la manière dont on a traité les vins dits "génériques" ou "bas de la gamme", je décide d'entrer dans le monde Guffens...

 

J'ouvre la bouteille de Bourgogne "dernier jus" 2006 du domaine Guffens-Heynen, je le fais avec un grand respect, pauvre manant que je suis.

 

KICX0799.JPG

 

C'est un Bourgogne "générique" blanc, composé de 100% de cépage chardonnay, en Appellation d'Origine Contrôlée, provenant des vignes du domaine, récoltées sur les parcelles de Mâcon-Pierreclos et de Pouilly-Fuissé.

 

Sa particularité est d'être un assemblage des jus de presse de ces différents climats.

Pour les moins techniciens, le jus de goutte provient de l'écoulement naturel du vin au décuvage, alors que le jus de presse nécessite un "coup" de pressoir pour être extrait.

 

Dans ce vin, le vigneron a choisi d'assembler les derniers jus de presse sous la dénomination Bourgogne.

Le jus de presse est souvent réputé lourd et gras, toujours moins qualitatif que le jus de goutte, même s'ils sont souvent assemblés lors de la vinification.


Ce vin ne vient pas du négoce, ni même de parcelles ingrates.

 C'est une première bonne nouvelle.

Les vignes ont été "soignées", même si Jean-Marie Guffens n'est pas adeptes des dogmes bio.

Ce sont les levures naturelles qui s'expriment, le vin n'a pas été filtré.

 

Il a une jolie robe dorée claire.

 

Au nez, c'est assez flatteur, peut-être même un peu trop stéréotypé "Mâcon-blanc" avec une belle odeur de fleurs blanches et de poire.

 

En bouche, je grimace...

Le vin est imprégné de son élevage en fût avec un côté vanillé bien marqué.

Cela donne une sensation de puissance et de matière au vin, mais déquilibre le fruit.

Il y a bien une acidité sur la longueur, mais qui me semble trop légère, avec un manque de finesse.

On sent le fruit blanc, là, derrière, mais la finale donne sur le végétal, le "vert".

 

C'est gras, le fruit et l'acidité sont en retrait.

 

Cela reste un vin plaisant, mais avec une impression de ne pas être à sa place.

Je ne peux pas m'empêcher de penser à la fable de la grenouille qui voulait ressembler à un boeuf, en gonflant, gonflant, gonflant...

 

Effectivement, avec ses talents de vinificateur, le vigneron a voulu faire ressembler son Bourgogne AOC à un Puligny-Montrachet...

 

Cela reste un beau travail d'élevage, mais avec un manque de subtilité.

 La fraicheur et l'acidité que j'attendais m'ont semblées dénaturées.

 

Tout cela pour un prix caviste à 19 euros... Aïe, aïe, aïe...

 

Bon, allez, je vais quand même garder mes chakras ouverts et tenter de goûter le reste de la gamme à la recherche de l'équilibre perdu.

 

PS: l'excellent article de Christian sur ses "littinéraires viniques" ne me dissuade même pas.

 

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Published by stephane et david
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commentaires

christian Bétourné 17/09/2010 21:49



Alors les bulots jumeaux, on s'est fait rouler par les fond de tonneaux de Guffens! C'est qu'il est roué le Belge. Des jus de presse recyclés à 19 euros.


Mais je dois à l'expérience de dire que lorsqu'il fait bon, c'est bon. Sauf que depuis un an ou deux, il met la barre trop haute "question prix". Suis obligé de n'en plus acheter. Goûtez voir les
vins de Sainte Barbe ou de Nicolas Maillet...Et dites moi, je veux dire, dites nous.



stephane et david 17/09/2010 23:55



alors la attention!!


nous avons eu la chance de passer un apres midi avec jean marie chaland au printemps de vire clesse... je ne l'ai pas decramponne!!! des vire clesse precis et denteles (voir article sur le
printemps du vire clesse)


grand moment pour le bicephale reunifie!!


nicolas maillet... connais pas mais la curiosite est aiguisee comme un couteau a lame ceramique, ca sent la prochaine visite!!


pour guffens, je reste ouvert, a toutes bonnes decouvertes, mais j'ai des oursins dans la poche ^^



Chanas 15/09/2010 22:17



Bonjour,


Je viens juste de découvrir votre article et force est de reconnaitre que je ne suis pas d'accord. Le flacon que vous avez dégusté correspond chez Guffens à l'entrée de gamme.


Je vous conseille de gouter ses macons un peu plus travaillé tel que La Chavigne ou encore mieux, le tri des hauts de Chavigne. Ces deux bouteilles sont à moins de 30 euros et valent vraiment le
détour. Le bourgogne générique à 19 euros, c'est du vol, on en trouve entre 13 et 15 euros.


Si je peux me permettre perseverez car les cuvées plus évoluées valent vraiment le coup.



stephane et david 15/09/2010 23:54



bonjour,


heureux d'etre lu par un nouveau venu au bicephale...


dans l'article, je ne dis pas autre chose... je vais gouter d'autres guffens...


MAIS j'ai tendance a "jauger" (en toute modestie) un vigneron a la facon dont il traite les vins "generiques" ou moins "importants", et, la, j'ai ete decu.


ca reste un avis tout a fait subjectif et je reste ouvert.


a 19euros ou meme a 13 euros, cela reste trop cher pour le plaisir donné.


il y a tellement de macons extraordinaires a moins de 10 euros!!!



olif 25/07/2010 09:20



Tu vois, à force de t'énerver comme ça sur la minéralité et la buvabilité, tu as manqué l'équilibrité et goûté à la végétalité. Bicéphale-buveur d'étiquettes, va!


P.S.: Je n'ai pas vraiment d'expérience en Guffens, mais je ne suis pas persuadé que le style de la maison, malgré sa grande qualité reconnue, convienne trop à mes papilles non plus.



stephane et david 01/08/2010 17:34



je me faisais une telle joie de le gouter...


surtout que le maconnais recele de tresors!!!


a suivre...



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