19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 23:44

Revenons un peu sur terre...

 

En refaisant le point sur les vins goûtés et partagés, le bicéphale a la facheuse tendance à vouloir s'éloigner loin, loin, loin du côté marchand du vin... Parfois à devenir, peut être, trop partisan.

 

Erreur fatale... On peut trouver du bon vin chez le pire Hypermarché de la Terre, s'il est bien fait.

 

Au coin d'un linéaire trop éclairé, au milieu d'une musique insipide et parmi les gamins hurlant pour avoir le dernier DVD de Twilight, on peut débusquer une promesse de quiétude, à déboucher à la maison.

 

C'est donc dans un hypermarché que ma main s'est posée sur cet Arbois "Grain de Pierre" 2007 de la Cave de la Reine Jeanne.

 

IMAGE 137

 

C'était un peu facile, j'étais tombé sur un superbe article du Crazy Yellow qui m'avait fait saliver sur ce vin, mais sur un millésime 1999.

 

Mais, c'est quoi donc un vin de négoce?


Le vin de négoce est vinifié avec des raisins achetés à d'autres viticulteurs.


L'intérêt est multiple.

On peut toucher d'autres terroirs et élargir la gamme proposée au consommateur.

Le vigneron peut aussi être débordé par son succès. Plus de raisin, automatiquement, ça fait plus de vin...

Avec un joli nom bien connu sur l'étiquette, le vin de négoce peut s'avérer bien rentable pour tout le monde (sauf, nous, pauvres consommateurs).

Quelque fois, pour le vigneron, c'est la seule solution pour survivre après une récolte de trop mauvaise qualité ou de quantité vraiment insuffisante.

 

L'activité de négoce est souvent bien obcure en Champagne, où les "grandes maisons" jouent aux chaises musicales avec le raisin, se l'échangeant, le revendant, dans un magnifique mic-mac, pour obtenir le sacro-saint goût standard maison sans défaut... Cette tristesse...

 

Ne pas accepter les défauts hypothétiques d'un vin, c'est ne pas avoir envie d'avoir une bonne surprise.

C'est le "métro-boulot-dodo" du vin.

Triste... Même si c'est plus facile à concevoir pour le consommateur que je suis que le vigneron qui produit le vin et essaie de le vendre.

 

La Cave de la Reine Jeanne est l'activité de négoce de Stéphane Tissot.

 

Dites Stéphane Tissot (ou Puffeney, ou Ganevat) à un jurassien du Jura jurassique, et le sourcil gauche va automatiquement tressaillir. Il a compris. Ca lui parle. 

 

V'la la star du Jura!!

 

Ce petit Arbois est un vin blanc uniquement en cépage chardonnay.

Il se présente avec son goulot enrobé dans un surbouchon d'une belle cire jaune.

C'est joli, mais j'ai bien galéré à ouvrir la bouteille avec de la cire en petites micro-miettes toutes seches jusqu'au fond de mon slip.

Je peux oublier mon tire-bouchon à lames et je dois bourriner avec cette vrille agressive...

 

Snif, snif, toujours ces odeurs de lys et d'abricot si typiques du chardonnay, et qui évoquent tellement de choses à moi qui ai un pied dans le mâconnais.

 

Tout m'y emmène d'ailleurs, la couleur or pâle en plus de l'odeur.

Ouch, une resucée de vin blanc sec de Bourgogne?

 

Que nenni, première gorgée, et c'est Fred (une poche bien connue de Tournus) qui s'exprime avec un laconique "ça, c'est du Jura".

Ben, oui, ça ne me semblait pas évident au départ... On est bien sur du chardonnay avec un côté minéral, tendu avec une acidité marquée du début à la fin, mais qui reste équilibrée.

Mais il y a ce petit goût de Jura qui monte en fin de bouche. On a une finale légérement épicée, type curry doux, avec une pointe de muscade.

 

J'ai revérifié partout s'il n'y avait pas une pointe de savagnin dans ce "grain de pierre".

J'ai revérifié aussi si le vin était bien ouillé (l'évaporation du vin, la "part des anges" est compensée en cuve par le même vin, pour éviter au maximum le contact avec l'air, que seul le cépage savagnin supporte avec bonheur, mais nous reparlerons du vin jaune un autre jour...).

 

Le petit unicéphale, que je suis, se demande fort comment le terroir peut ainsi s'exprimer sur du chardonnay de négoce.

Un vrai mystère... Une hypothèse farfelue à débattre du genre, passage par les mêmes cuves. Je penserai à demander à Stéphane Tissot.

 

Bon, on est loin du choc interplanétaire avec des étoiles dans les yeux et les oreilles qui rougissent de plaisir.

Mais je n'aurai aucune honte à présenter ce vin à ma table, sur du chèvre frais, du poulet au curry.

 

A un dizaine d'euros, le débat peut être lancé sur le prix d'un vin de négoce...

 

Un vin de grande distribution qui ne se déshonore pas, c'est déjà assez rare pour être souligné.

 

Santé

 

david

 



 

 


 



 





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Published by stephane et david
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Tophe (Crazy Yellow) 20/05/2010



Les bicéphales,  un stage intensif d'ouverture de bouteilles à bouchon ciré, c'est quand vous voulez...  On pourra s'exercer sur un Grain de Pierre 99 et on trouvera bien d'autres cires
à décapsuler, vous verrez, on prends le coup très vite! On pourra débattre de l'influence du terroir et de moult autres sujets...


A bientôt!


Tophe



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