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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 07:19

Les premiers beaux jours arrivent.

 

Le bicéphale pointe son nez dehors et sort (enfin) de son hibernation.

Après moultes étirements en baillant, contrôle de l'haleine et grattage de testicules (dans cet ordre...), il est temps de profiter de la fraîcheur ensoleillée d'un matin au goût de printemps.

 

Pour cela, rien de tel qu'un bon vin qui allie fruit, finesse et vivacité.

 

Si ce bon vin est fait par un jeune vigneron qui a commencé à vinifier quelques parcelles du domaine familial dans le mâconnais en 2005 avant de vinifier l'ensemble de ses 26 hectares en 2008.

Si, pour finir, ce jeune vigneron, planté dans son terroir, magnifie un cépage trop souvent méprisé.

 

Alors, le printemps peut commencer avec un peu d'avance.

 

Jean-Christophe Perraud est installé à La Roche Vineuse.

Fraîchement sorti du lycée vinicole de Davayé (qui produit du vin à tomber), il prend les rênes du domaine familial et sort de la coopérative de Prissé.

Avec des méthodes de culture raisonnées, les vins proposés par le domaine Perraud font une belle vitrine au mâconnais.

 

C'est surtout l'étiquette de la bouteille (et les conseils éclairés de Lydia Chaveriat, caviste de Dingovino à Dijon) qui a tilté l'imaginaire du bicéphale.

 

 

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Le petit chaperon rouge allume toujours une petite lumière nostalgique, même si le bicéphale se sent plus d'afinités avec le loup...

 

L'oeil gourmand du loup, quenottes retroussées, donne envie de faire la fête à la bouteille.

 

Et (cerise sur le pinot) c'est de l'aligoté.

L'aligoté et le Bourgogne, c'est une grande histoire passionnée d'amour-haine.

L'aligoté a été un cépage maudit.

D'abord détesté, on en a fait un ingrédient du kir. La crème de cassis devait adoucir ce cépage considéré comme trop acide.

Au bord des nationales, les vignes d'aligoté ont souvent été malmenées, avec des rendements trop élevés, des vinifications sans soin pour en faire des vins de soif à petit prix et à mauvais goût.

Il revient par la grande porte quand Aubert de Villaine le produit dans le terroir de Bouzeron.

 

Et on se rappelle que, quand un cépage est respecté, le vin qui en sort est souvent très bon...

 

DSC00689.JPG

 

Dans le verre, le vin est jaune très pâle, presque cristallin.

 

Au nez, cela semble léger. Le vin n'est pas démonstratif, en insistant et en tournant le liquide dans le verre, de jolies effluves miellées remontent gentiment, avec un côté amade fraîche qu'on vient d'écraser.

Ce n'est clairement pas le nez le plus impressionnant de la décennie (ni même de la semaine), mais on garde un sentiment primesautier.

 

En bouche, je coure tout nu dans la rosée d'un matin ensoleillé, je trébuche et je me roule dans l'herbe humide.

 

 

 

 

Comme Carrie Ingalls, mais tout nu et avec beaucoup plus de poils...

 

Des arômes d'agrumes accrochent les papilles, avec une sensation de "rectitude fruitée".

Le vin est droit, avec une belle fraîcheur mais sans aucune amertume, acreté ou une sur-acidité.

 

De l'aligoté qui ne décape pas les dents mais qui joue de finesse et de gourmandise.

 

A environ 7 euros, c'est un joli rapport prix-fraîcheur.

Un vin de mars qui pourra accompagner les poissons d'eau douce, mais qui se boira tranquillement à l'apéro sur de la belle charcutaille à l'ombre d'un parasol en plein cagnard d'été...

 

Et si vous osez mettre de la crème de cassis dans ce joli vin, le bicéphale mettra des glaçons dans votre bière!

 

Non, mais!

 

 

 

 

 

 


 


 


Par Le Bicéphale Buveur
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