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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 07:20

La percée du vin jaune est l'évenement qui draine le plus de monde dans le Jura.

 

Bon, le deuxième évenement serait le pélerinage du Mont-Roland, pour voir la vierge Marie, par des portugais immigrés en France...

 

Mais, nous sommes dans le Jura, cela laisse entrevoir de belles possibilités...

 

J'en profite pour vous donner rendez vous les 27 et 28 mars au domaine de la Pinte, près d'Arbois, pour le premier salon des vignerons BIO du Jura, le "Nez dans le vert".

 

J'y serai.

 

Et avec votre aide, peut être que le deuxième évenement du Jura ne sera pas une montée teintée de religiosité communautaire...


 

Nous, le premier week-end de février, c'est tradition, c'est percée.

 

C'est l'occasion de fêter le vin jaune, vin de voile de cépage savagnin, emblématique du Jura, qui sommeille 6 ans et trois mois en tonneau et de faire une cérémonie autour de la mise en perce d'un tonneau.

 

percee01.jpg

(aucune photo n'est du bicéphale... nous ne sommes pas là pour faire du tricot ou de la photo... Celle-ci date de la percée 2009 et est visible sur le site de la percée du vin jaune)

 

Chaque année, une ville différente accueille la percée et organise cette grande fête vigneronne.

 

En 2010, c'était à Poligny avec Pierre Perret en perceur de tonneau.

 

 

 


Cette année, 84 vignerons de tout le Jura s'installent à Arbois, durant le week-end, dans des caves particulières, pour accueillir les visiteurs et faire goûter leurs vins.

 

60000 personnes ont déambulé de cave en cave avec leur verre autour du cou et les coupons de dégustation au fond de la poche pour goûter du vin jurassien.

 

Sans titre

(crédit leprogrès.fr)

 

Bon, on ne va pas se la jouer.

 

On goûte très mal à la percée.

 

Les queues sont interminables, le vin est débouché à peine sorti du frigo, jamais à son avantage.

 

Dégustateurs "professionnalisants", passez votre chemin.

 

A la percée, on fait la fête.

 

C'est du frotti-frotta au milieu de gens déguisés en schroumpf, de jeunes qui braillent, de cadavres de bouteilles qui s'empilent aux coins des rues.

 

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(crédit Charlie Chevasson)

 

 

Un gentil brouhaha avec des odeurs de morbiflette au vin jaune, de comté et diverses cochonailles...

 

 

percee2011-1.jpg

(crédit Charlie Chevasson)

 

 

C'est surtout un ravissement de voir qu'un événement autour du vin peut être populaire, festif, sans débordement, autour de vignerons de qualité...

Et pas qu'au milieu des caves coopératives, ou gros domaines de plusieurs dizaines d'hectares...


 

C'est donc le pélerinage du début février qui me fait plaisir.



Surtout que nous avions débauché une conductrice à la sobriété retrouvée pour une seule journée (c'est la soeur de Sue-Ellen...), avec des avantages "poitrinesques" certains qui pouvaient fendre la foule.

 

Laureline, nous te remercions pour cette journée, et, même si tu m'appelles le "petit toast" (une référence dyslexique en rapport avec mes origines portugaises...), l'année prochaine, je promets la sobriété et votre véhiculage. 


 

Dans la série les petits couacs, Philippe Bornard avait décidé de ne pas venir (on a cherché son emplacement pendant une bonne demi heure, aucune information laissée...), le domaine Labet a bougé de cave (je ne l'ai pas retrouvée...) et beaucoup de domaines étaient inaccessibles en moins d'une heure de queue.


 

C'est la rançon du succès pour la percée.

Et c'est tant mieux.

 

 

C'est aussi le moment de remplir son carnet à "prochaines sorties chez le vigneron"...

 

Et là, en regoûtant le vin rouge de cépage trousseau de Rémi Treuvey, on se dit qu'il y a des rapports qualité-prix-plaisir énormes dans le Jura.

 

Le vin jaune du domaine des marnes blanches méritera aussi un petit détour pour goûter la production.

 

Nous n'avons pas eu le temps de trinquer autour des vins du domaine de l'Octavin, du domaine de la Tournelle, mais ce n'est que partie remise...

 

 

Le temps est compté...

A 18 heures, les caves ferment.

 

Et, nous étions si bien dans la cave investie par Michel Gahier, que nous en avons profité pour goûter à tout, plusieurs fois, beaucoup de plusieurs fois...

 

 

C'est donc dans un état proche de la défaite que Laureline nous a ramené à la maison, où nous attendaient un "Traminer 2008" de Stéphane Tissot du domaine André et Mireille Tissot, un "L'Etoile 2008" du domaine Geneletti et un "Fleur de marne" du domaine Labet.

 

Tous de belle qualité!

 

Bref, n'ayant pas du tout recraché, j'ai pris une bonne pelle...

 

Mais, un peu d'immodération festive autour d'un événement bon enfant et populaire, au milieu de bons vins, ça ne fait pas de mal.

 

De temps en temps.

 


 

 


 


Par stephane et david
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Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 16:02
Affirmation qui ne manque pas de sens lorsque nous avons décidé de faire un blog autour du vin!

 

Oui, j'aime le vin...

 

Et je ne cherche même pas d'excuses.

 

Je m'en tape complètement des polyphénols qui pourraient, hypothétiquement, avec une consommation modérée mais régulière, probablement, mais avec toutes les réserves d'un monde médical croulant sous les lobbies, me donner une meilleure santé.

 

polyphenol.jpg

 

 

Crotte, ne nous gâchez pas notre plaisir!

 

Stéphane avait participé à une "information de laboratoire" sur les propriétés "extraordinaires" des polyphénols contenus dans le vin rouge.

 

Une réunion de médecins qui tentait de se donner une bonne conscience pour que le vin ne soit pas uniquement du plaisir...

 

Vin-et-sante-300x2251.jpg

 

C'est tabou de simplement dire que le vin est bon et que l'ivresse est agréable.

 

Il n'a jamais réussi à en faire un compte rendu pour le blog.


 

Une pelle sert à creuser des trous.

Même si l'on en utilise deux pour faire des échasses, la pelle sert toujours à creuser des trous.

 

Le vin est un objet vivant de plaisir.

Même si en boire peut améliorer le capital cardio-vasculaire (mais titiller notre cirrhose...), le vin sert toujours au plaisir et à l'ivresse.

 

 

Alors quand un vin m'amène encore un peu plus de plaisir, il justifie à lui seul l'existence de toutes les boissons fermentées du monde!

 

 

C'est exactement ce que je me suis dit en buvant le Saumur "clos de la ceriseraie" 2008 des vins Mélaric, par Mélanie Cunin et Aymeric Hillaire.

 

IMAGE_294.jpg

 

Un grand, beau moment de plaisir.

 

 

N'ayant pas pu me libérer pour aller à la "Dive Bouteille" ou à Angers pour la "Renaissance des appellations" (billet intéressant d'Oenos) qui se déroulaient fin janvier, j'étais assez pressé de savoir ce qu'il y avait de joli à goûter...

 

Je sais que je peux avoir une totale confiance en Olif.

 

En plus d'être aveuglé par la topissitude de la drolitude d'Olif, le bicéphale partage souvent les mêmes coups de coeur que le terroiriste jurassien.

 

Mais, j'avais une arme (presque) secrète présente à ces deux évenements, et je pouvais compter sur lui pour me ramener du bon vin...

 

Cette arme du goût sûr, du travail bien fait et de la belle découverte vinique se trouve à Bourg-en-Bresse.

 

Raphael Reboux, caviste du "vin selon... Marcellin" (avec tout ce qu'il y a de mieux dans ce métier), a arpenté les salons de Loire du dernier week-end de janvier pour débusquer du bon.

 

Encore mieux, c'est un ami du caviste, passant par là mais l'ayant accompagné dans ses pérégrinations ligériennes, qui m'a ouvert un carton de bouteilles (au fond de la cave) pour me conseiller de goûter ce vin.

 

Ami du caviste au joli accent québécois, je ne me souviens pas de ton prénom, mais je te suis reconnaissant pour ce conseil!

 

Le domaine des "vins Mélaric" (méla- de Mélanie Cunin et -ric d'Aymeric Hillaire) est tout jeune mais mérite de lever le coude...

 

En culture biologique, sur le terroir de Saumur, c'est une prochaine adresse de visite pour le bicéphale qui se demande comment il a pu vivre avant de goûter ce vin.

 

IMAGE_295.jpg

(comme je suis un gros nul qui n'utilise pas d'anti-goutte et qui sert comme un goret, j'ai taché la belle et élégante étiquette...)

 

J'exagère un peu, mais c'est vraiment un beau saumur (AOC de la Loire) rouge que nous avons eu la chance de boire.

 

Fait avec 100% de cabernet franc, sur des vignes de 45 ans, c'est un vin rouge d'une jolie finesse!

 

 

La bouteille n'a pas de contre-étiquettes, mais il y a de petites explications sur le côté de l'étiquette.

 

 IMAGE_293.jpg

 

Aucune mention n'est faite du parti pris de cultiver les raisins selon l'agriculture biologique.

 

Ce qui est plutôt rassurant...

 

Les logos et autres certifications ne représentent pas un gage de qualité.

 

A l'ouverture, je suis surpris par cette odeur monolithique de toffee anglais...

 

Ca embaume le doux caramel.

 

Le vin est grenat, très sombre, violet profond.

 

Dans le verre, après avoir laissé respirer le vin, le toffee laisse un peu de place au cassis bien mûr, avec un nez végétal caractéristique du cépage.

 

En bouche, le vin est posé, juste à sa place, avec un équilibre.


Nous avons tous eu la même réaction autour de la table...

 

L'oeil a brillé, un petit soupir de béatitude s'est échappé, et le corps s'est laissé aller au fond du dossier de la chaise.

 

Les goûts se mêlent sur la langue, s'entrelacent.

Il y a des fruits mûrs de cassis, une sensation de cerise "kirchée", des notes végétales, une touche poivrée.

 

Le tout a l'élégance et la folie d'un fakir sur une planche de clous.

 

Cela tient dans un équilibre de magicien.

 

Il manque, peut être, une pointe d'acidité en finale, mais le temps de se poser la question et la bouteille était déjà terminée et tout le monde en redemandait pourtant.

 

Du plaisir enfermé dans 75 cl...

 

En parfait accord avec mon filet mignon mijoté aux petits poix-carottes et au chorizo, ce saumur démontre (encore une fois!) que le cabernet franc donne des vins magnifiques loin des terres bordelaises, quand il est vinifié avec soin.

 

"La vie, c'est le stress

La vie, c'est la panique

La vie, c'est le cirque

Alors quand le rentre du travail

J'ai besoin d'heures de douceur"

 

Bon, le bicéphale ne danse pas, mais un peu de musique et un beau verre de bon vin...

 

Du plaisir!

 

 

 


 


 

 


 


 


 



 

 


Par stephane et david
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 07:48
Aujourd'hui, c'est "Vendredis du Vin"!

 

Après un mois de pause, pour fêter l'avin sereinement, les plumes des vendredistes vont croiser le verre.

 

Car, Hub de l'Oenothèque nous convie à entremêler les mots et le vin.

 

Des lettres et des litres, "La 32ème édition des VDV sera littéraire ou ne sera pas".

 

Ca va fuser dans la blogosphère vinique, ça va balancer de la culture vinique.


 

Le bicéphale, l'animal le plus proche de la moule, a longtemps erré comme une âme en peine après avoir lu le sujet.

 

Jamais, jamais, boire du vin ne nous a évoqué d'une manière la plus infime possible un moment d'extase littéraire...

 

Ce n'est pas vraiment que nous avons honte, mais, la première idée (qui est venue tout naturellement au bicéphale) associant le vin et la littérature , c'est le gibolin...

 

Nous n'y pouvons rien, on a la culture qu'on mérite.

 

 
 

 

 

Equation simplissime, vin + littérature = gibolin...

 

Et on a beau résister, quand c'est pour écrire une connerie, ça vient vraiment tout seul.

 

On imagine déjà le petit vin rouge de cépage ploussard, à la belle couleur rose-orangée, se mariant volontiers à la charcuterie (même si c'est un peu "dur" avec le boudin...) des Deschiens.

 

 

Non, non, non, non!

 

Nous allons essayer de pondre un truc un peu cohérent.

 

 

Même si nous sommes des lecteurs mordus de bande-déssinée, que c'est festival d'Angoulême en ce moment, que le sujet principal du meilleur manga de la Terre est le vin, NON, nous ne céderons pas à la facilité...

 

Le bicéphale, ayant eu une vie d'étudiant heureuse, s'est souvent lové sur la plage du Bois de Cise en s'abreuvant d'histoires.

 

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Bon, nous sommes très loin de la plage paradiasique de sable fin avec des cocotiers et des cocktails à base de rhum.

 

Je prenais plutôt un pack de bières et lisais des bouquins dénichés le premier mai, au salon du livre d'expression populaire et de critique sociale d'Arras.

 

C'était bien avant d'apprendre que j'aimais le vin...

 

Mais pour l'occasion, j'ai fait un peu de spéléologie bibliothécaire pour retrouver un bouquin, lu sur les galets de la plage du Bois de Cise...

 

"Vendange" de Miguel Torga m'avait scotché.

 

LA lutte des classes.


Les paysans pauvres, travailleurs, mais plein de vie lâchent leurs pioches et leurs bêches pendant les 15 jours des vendanges du porto, descendant de leur montagne, le long du Douro.

Les nouveaux nantis de la classe moyenne, contremaîtres issus de la même pauvreté, mais qui ont oublié cette souffrance au premier verre de porto, sont devenus des traîtres avides de rendements et de petits pouvoirs.

Les riches propriétaires terriens considèrent les vendangeurs comme des serfs sur leur domaine, dans une société malade du fascisme de Salazar.

 

En toile de fond, le raisin des plateaux du Douro n'adoucit pas, il est amer et âcre de la sueur et du sang des paysans, avec quelques moments de grâce...

 

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"Caleçons retroussés, les hommes foulaient le raisin, en un mouvement qui avait quelque chose du coït, d'une chaude et sensuelle défloration. Dorés, noirs, violets, jaunes et bleus, les grains étaient des clins d'oeil lascifs sur un lit d'amour. Comme des phallus gigantesques, les jambes des fouleurs déchiraient virilement et tendrement la virginité humide et féminine des grappes. Au début, la peau blanche des cuisses, tiède et lisse, laissait couler les éclaboussures de moût sans se colorer. Puis elle prenait la couleur violette, de plus en plus foncée, des différents cépages, du moreto, du sousão, de la tinta carvalha, de la touriga et du bastardo.

La première pénétration enlevait à la grappe la fleur d'une intégrité fermée. C'était la déchirure. Puis, les coups allaient plus profond, déchiraient davantage, écrasaient avec une sensualité redoublée; alors le moût s'ensanglantait et se couvrait d'une légère écume de volupté."

 

Longtemps après ce livre, je n'arrivais pas à trouver que le porto était trop "doux" ou trop "sucré".

 

Je le trouvais acide et profond, le sucre n'était là que pour adoucir un peu et équilibrer un vin né de la sueur d'hommes et de femmes exploités pour un porto dont ils n'auront jamais pu goûter une seule gorgée...


 

Le porto m'est précieux.

Il me ramène vers mes racines.


Ce livre m'a donné envie de goûter au porto, avec, souvent, une pensée pour les vendangeurs de Miguel Torga.

Et j'en ai bu de merveilleux portos, visité de superbes chais à Vila Nova de Gaia, en face de la vieille ville de Porto.


 

Alors, aujourd'hui, je vais présenter une bouteille que je n'ai jamais encore bue.

Le dernier cadeau d'un grand père que j'ai trop peu connu, paysan vieux et fatigué, mais avec l'oeil qui est resté rieur, des rides de malice qui allaient avec, jusqu'au bout de sa vie.


Elle est gardée comme un objet rare, dans un coin de cave.

 

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Le porto Barros "colheita 1980" attendra son heure, patiemment dans la cave.

 

Ce porto est produit par une des dernières entreprises familiales, présente depuis le début du 20ème siècle, à l'époque de Torga.

 

 

C'est la première fois que le bicéphale montre un vin qu'il n'a pas bu.

 

Mais, c'est le seul vin qui provoque une "émotion littéraire" au bicéphale, rien qu'en caressant la bouteille...

 

 


 



Par stephane et david
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 01:33

En voilà une question qui paraît incongrue...

 

J'entends déjà les murmures et autres chuchotements d'incompréhension devant tant d'évidence.


 

Le caviste a une image de proximité, de conseil avisé pour l'acheteur avide de belles bouteilles, souvent chères.


Ah, ben, c'est bien différent d'un hyper marché, le caviste est auréolé de connaissances et sa cave respire bon l'amour du vin.

 

Que vous croyez!


 

Il y a aussi de sacrés margoulins, encore moins crédibles que la grande distribution.

 


 

Avec une formation de 9 mois en alternance et un peu plus de 400 heures de formation (35 heures de stage), n'importe qui, et sans aucun requis, peut devenir caviste...


En moins d'un an, vous pouvez passer de grand branquignole à star du mariage mets-vins.

 

 

Trois petites expériences personnelles de la cave et de son habitant naturel, le caviste-conseil, toutes vécues le même jour, à quelques heures d'intervalle...


 

Les joies d'une cave qui ressemble à s'y méprendre à un supermarché, le papier toilette en moins.

 

Visite-Leclerc-Roques-sur-Garonne-31_gallerie.jpg

 

En posant mes valises dans la Bresse, je me suis empressé de regarder ce que l'Ain avait à proposer en joies vineuses et autres produits du terroir pouvant égayer nos soirées.

 

Tout naturellement, perdu dans la cambrousse, au milieu des poulets, la première cave croisée semblait un Eldorado pour le bicéphale...

 

Poussant la porte vitrée de ce caviste de petit bourg à côté de la maison, la bave aux lèvres et tremblant d'émotion, je me jette sur le vin "local", le vin du Bugey.

 

Je pensais voir des pépites dénichées de nulle part avec des vins de vignerons du coin qui seraient même des potes à la vie et à la mort du caviste.

 

Je me suis tout rabougri en voyant un superbe linéaire avec toute la gamme du "caveau bugiste", coopérative tout ce qu'il y a de plus inintéressant et insipide pour la mise en valeur du terroir.

 

Affligeant de facilité, à peine bon pour faire la nique à quelques touristes voulant ramener un souvenir de leur détour en Bresse...

 

Et surtout un copié-collé du linéaire du supermarché "intermarché" à moins de 500 mètres.

 

Le conseil est presque équivalent à la grande distribution, très proche du zéro absolu, mais un sourire béat de commerçant qui sent qu'il va y arriver...

 

La déception était déjà à son comble avant même de voir que les références bordelaises saturaient l'espace avec des étiquettes faciles, que les vins de Bourgogne n'appartenaient qu'aux grosses maisons de négoce et que 3 Sancerres représentaient les vins de Loire...

 

Le caviste de ce genre d'établissement est un fan du cochage de cases de listes préremplies de vins à commander.

Ca gère du stock, avec autant de passion que moi en train de nettoyer le barbecue à la fin de l'été...



 

Le caviste qui s'adapte à sa clientèle la plus fidèle mais la plus désargentée, le vieux à mobylette.

 

mobylette_type50-1-.jpg

 

Bon, tant pis pour les "caves-supermarché", à quelques kilomètres de la nouvelle résidence du bicéphale, se niche une petite cave d'allure plus conviviale.

 

A la frontière du Jura, ça sent le savagnin!

 

Je pousse la porte bien lourde, en vieux bois, toujours plus assoiffé, les yeux pochés par le désir de bon vin.

 

Et je manque de convulser...

 

Devant mes yeux de moins en moins pochés par quoi que se soit, un mur avec une dizaine de robinets.

Chaque robinet est surmonté d'une petite pancarte avec le nom d'un cépage.

 

Et mon petit vieux qui vient de garer la mobylette, d'éteindre sa gitane maïs sans filtre, va droit vers le robinet gentiment surnommé "merlot" pour remplir son cubitainer de 5 litres.

 

On vient "faire son plein", comme à une station service.

 

Les quelques vins en rayon ne sont qu'un très mauvais alibi.

 

Adieu mes envies de savagnin, la seule pauvre bouteille présente (avec une belle couche de poussière) provient des pires "pisseurs de vignes" de tout le Jura.

 

C'est du "darwinisme cavinistique".

 

Plutôt que se prendre la tête à ouvrir de nouveaux horizons à une population loin d'être citadine, on leur donne de la pompe à gnôle peu chère mais sacrément rebutante...



 

Les cavistes sérieux existent, cela devient alors un beau métier!


 

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(superbe cave, tenue par Raphael Reboux, avec qui j'ai eu le plaisir de partager les coups de coeur sur les vins du salon de cugnette)

 

Tout morose, ayant (presque) perdu goût à la vie, c'est avec un vague sentiment de "qu'est ce qu'il va encore me tomber sur la tête" que je me rends chez un troisième caviste...

 

Pas de linéaire sur-éclairé venant d'un surplus de supermarché, pas de prise d'otage du magasin par les vins bordelais, et un caviste qui parle de vins qu'il connait, parce qu'il est allé les chercher chez le vigneron.

 

Ca prend toute de suite une autre dimension.

 

L'exaltation monte en parlant de beaujolais faits avec passion par ce vigneron qu'il faut aller "extraire" de ces vignes pour discuter.

 

La gourmandise scintille dans l'oeil quand on parle de ce chenin de Loire qui l'a scotché.

 

Et ce vin de Roussillon d'un jeune domaine qui travaille avec respect des vignes, ou ce macônnais en agriculture biologique avant même que le terme existe et qui est un trésor inconnu...

 

La tête tourne.

 

C'est peut être ici le paradis, entre les vins glouglou pour l'apéro entre amis et les vins pour le plaisir extatique, au milieu de bouteilles avec des "vrais morceaux de vignerons à l'intérieur".

 

Un vrai bonheur de rencontrer un caviste qui se sent imprégné de la mission sacrée du "mieux boire".

Avec des conseils, des avis qui peuvent être tranchés, mais respirant de sincérité.



A chaque fois que j'ai la chance de profiter des conseils de Raphael Reboux du "Vin selon... Marcellin" à Bourg-en-Bresse ou de Stéphane Planche des "jardins de Saint Vincent" à Arbois, le bicéphale se régale de "nectars à maraver sa race".


 

 

 

Le bicéphale n'idéalise pas les cavistes, tout comme il ne plombe pas la grande distribution.

 

Pour un consommateur qui commence à goûter aux plaisirs du bon vin, le caviste aura toujours un conseil à donner.

 

Mais, quand on a la chance d'avoir un caviste passionné, impliqué, qui va chercher la bouteille chez le vigneron, et pas un bête marchand de vin, on se noie dans le "mieux boire".

 

 

Le caviste-conseil passionné est un acteur indispensable de l'oenotourisme, de l'apprentissage du goût (avec des soirées de dégustation).

 

Il doit être loin de l'image de vendeur de vins haut de gamme, belles étiquettes aux prix exorbitants pour l'élite de la société française.

La consommation a changé, tout le monde veut boire du bon vin, accessible et avec du goût.

 

 

Je ne imagine pas le caviste autrement qu'ouvert à la découverte, avec un bon nombre de kilomètres au compteur pour aller voir la vigne, défenseur jusqu'au bout des vins qu'il vend et militant-terroiriste.


 

 

Ce militantisme intelligent, le bicéphale le retrouve chez Ethiquettes.fr, "le vert et le vin"(entre autres).

 Ils sont animés par une envie de faire partager des vins hors norme au plus grand public possible, avec les prix les plus raisonnables possibles.


 

Il reste encore beaucoup de travail à faire, 80% des vins vendus le sont en grande distribution...

 

Site internet sérieux, boutique avec caviste avide de conseils, il est de plus en plus facile de trouver du bon vin, loin des sentiers battus et rebattus par les grandes enseignes.

 


 

 

Le bicéphale est prêt à boire moins pour boire mieux, et, en plus, si cela peut lui ouvrir de nouvelles portes... Vivent les cavistes sérieux!

 

 

 

Pour aider le jeune buveur à trouver un caviste qui propose autre chose que des "vins de supermarché" (avec tout le côté péjoratif derrière), des "vins haut de gamme-pan dans les bourses" ou des "vins au litre qui piquent le foie", le bicéphale a toujours la même technique.

 

Ca vaut ce que ça vaut (c'est à dire pas grand chose), mais on cerne rapidement à qui on a affaire...


1- Demandez un vin de cépage chenin de la Loire (pour ceux qui habitent la Loire, tentez un savagnin du Jura).

 

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Le chenin est un cépage autochtone de la Loire, qui ne supporte pas les hauts rendements et qui est de plus en plus produit par des vignerons au top de la qualité.

Ce n'est pas un "fashion-cépage", mais tous les amoureux du vin ne peuvent plus s'en passer.

 

Le caviste en dilettante aura beau jeu de vous proposer du Sancerre (vin blanc issu de sauvignon, plus à la mode, et supportant "bien" les gros rendements, même s'il y a de bons sancerres!), s'il n'a pas de chenin en rayon...

 

N'hésitez pas à lui répondre qu'il y a autant de points communs entre du sancerre blanc et un vin de chenin qu'entre de l'argent et des billets de Monopoly.

 

 

2- Demandez du Beaujolais BIO.

 

C'est un peu mon grand jeu...

 

IMAGE 123

(Patrick Vermorel, une crème de vigneron avec le meilleur Brouilly bu cette année, du domaine de la Fully, en plus, c'est BIO...)

 

 

Attention, je ne dis pas que le beaujolais en culture conventionnelle est automatiquement du caca.

 

Mais le caviste au professionnalisme bancal a tendance à ne proposer que du beaujolais de coopérative ou de maison de négoce facile (ah, les vins de Georges Duboeuf...), avec un linéaire, durant le mois de décembre, rempli de pauvres "beaujolais nouveau" faits de raisins martyrisés et souffreteux.

 

Il y a un vivier de vignerons impliqués dans l'agriculture biologique ou biodynamique dans le beaujolais qui tentent d'améliorer l'image du beaujolais (il suffit d'ailleurs d'en goûter une fois pour se dire que du gamay entre de bonnes mains donne des vins extraordinaire).

 

Un caviste un tout petit peu amoureux du vin ne peut pas passer à côté.


 

3- Demandez un vin qui s'accorde avec du vieux comté.

 

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Et, surtout, passez votre chemin si le caviste vous propose un gros vin rouge bien tannique, venant de Bordeaux...

 

Le comté mérite un vin blanc floral, ou mieux un vin oxydatif (le vin jaune...).

 

Donner du gros tanin bien lourd sur ce fromage, c'est massacrer le fromage et le vin...


 

4- Demandez le vin surprise.

 

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Là, il faut un minimum de confiance et une satisfaction intégrale durant les trois premiers points...

 

Je demande toujours le vin coup de coeur du caviste qu'il m'est impossible de connaître.


Le caviste a la chance de pouvoir goûter du bon et du joli vin.

 

C'est sensé être un amoureux de la bonne chère.

 

Je ne peux pas concevoir un caviste qui n'a pas un petit vin chéri dans sa boutique...



C'est alors toujours une joie de découvrir une bouteille présentée par le caviste et d'en saliver d'avance, en se torturant l'esprit pour deviner si le vin va ouvrir une brèche sous les pieds du buveur ou si des cloches vont tinter au dessus de la tête à la première gorgée...

 


 

 

Voilà, en espèrant que vous avez trouvé le caviste parfait près de chez vous ou sur internet, et que le vin reste un plaisir du partage entre amis!

 

 

 

 

 


 

 

 



Par stephane et david
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 05:20

Faut-il arrêter d'acheter en hypermarché?

 

C'est ce que je me dis toutes les fois où je rentre dans un super-méga-maxi-hyper temple de la consommation.

 

Dépendant de denrées aussi périssables que du papier toilette, de la pâte à dentifrice ou des bouteilles d'eau gazeuse, j'ai l'impression de passer trop de temps dans ces lieux aseptisés au possible.

 

paquet-de-48-rouleaux-papier-toilette-sans-mandrin-compact2.jpg

 

 

On ne se refait pas, je fais toujours un crochet par les linéaires "vins et spiritueux", avec toujours un soupir de lassitude, voyant toujours trop peu de qualité et une écrasante majorité de vins sans âme, vendus parce que "promotion" ou parce que "grand cru classé de ...".

 

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Il y a toujours moyen de trouver quelque chose de "pas trop mal", mais le manque évident de conseils devant un étalage de centaines de bouteilles déroute le commun des mortels.

 

 

Quand j'achète une bouteille, que le vin me semble bon, il y a toujours un hic.

 

Le dernier article mettait en avant un vin pétillant de Vouvray plutôt plaisant, du domaine du petit coteau.

 

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Un vin simple, mais de plaisir immédiat.

 

Comme les lecteurs de ce modeste blog sont géniaux, le commentaire de julien m'a interpelé...

 

""Pas moins de 7 mentions faisant référence à une agriculture biologique sur la bouteille.

Ca, aussi, cela aurait pu m'apeurer.

Il y a une vague odeur de "surf sur la mode du BIO".

Après, quand on apprend que le domaine est certifié utilisant des raisins issus de l'agriculture biologique depuis 2002, ça tempère (un peu)."

mouais.... pas très loin sur le rayonnage devait aussi y avoir du chateau de montcontour, c'est la même maison! 120 ha, très très loin d'être bio!

la raison de ce domaine en bio depuis 2002 mais certifié depuis 2005 est qu'il a été racheté par moncontour à marie annick lemaire ex dom lemaire-fournier de 2002 à 2004, et la certification et ses primes imposent de rester bios qq années. Et pour moncontour, vu le réseau de distribution et l'engouement pour le bio c'était un bon plan je suppose!

comme tu dis, "un bon surf sur la mode bio"

perso je passe mon tour"

 

 

Deux réactions à ce commentaire pertinent.


 

 

La première est que le vin était bon (pas génial, hein, bon...) et que c'est peut être dommage de ne pas vouloir ne serait-ce que le goûter.

 

Le bicéphale n'a jamais prêché pour une quelconque chapelle.

 

Nous sommes des consommateurs, avec la seule idée que le vin doit amener du plaisir.

 

Le vin n'améliore pas la santé, le vin n'est pas une valeur socio-économique majeure pour notre pays.

 

Tout cela, on s'en contre-fiche, le vin doit être bon, se boire entre amis avec une certaine modération pour en profiter un maximum.

 

Plus nous goûtons, plus nous prenons plaisir en buvant des vins avec une âme, une certaine éthique du vigneron qui se retrouve toujours dans l'amour du travail bien fait et, donc, au fond de la bouteille bue...


 

C'est une surprise pour nous de voir que la quasi-totalité des billets porte sur des vignerons indépendants, loin des grosses structures, avec des rendements maitrisés, avec des vignes chouchoutées avec le moins de chimie possible, une vinification respectueuse des terroirs.


Ce n'était pas planifié, nous ne voulions que des vins de copains.


 

Plus on boit, plus les goûts s'aiguisent.


 

 

Si une personne toute simple comme le bicéphale peut prendre du plaisir avec un "vin de supermarché", il y reviendra.

La curiosité va le démanger et il en redemandera...

Si une seule personne sort du circuit de la grande distribution pour pousser la porte d'un caviste ou celle d'un caveau de vigneron, alors, là, whaouh, un millier d'horizons s'ouvrira devant lui.


 

C'est une réalité que 80% des vins achetés le sont en grande distribution.

 

C'est une réalité que le prix moyen d'une bouteille vendue en supermarché est 3,60 euros.


 

Aiguiser sa curiosité, ne pas s'enfermer dans des paroisses trop étroites, essayer des vins...

Tout cela est un moyen de tenter d'amener vers plus de qualité et de sortir des stéréotypes de la grande distribution.


 

Alors s'il n'y a qu'une petite chance d'écrire sur un vin qui ouvre une porte à un lecteur, et qu'il se dise après avoir bu (par exemple) un Vouvray cité dans le blog, "j'en veux encore, allons voir les autres (par exemple) Vouvray chez le caviste du coin", le bicéphale pourra mourir heureux.


 

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C'est une piste, loin d'être la seule, vers un "mieux boire"...

 

 

Le lecteur avide de belles découvertes peut aussi aller directement à la case "salons des vins", à celle du caviste sérieux, ou à celle qui mène directement à la porte du domaine du vigneron.


 

Une piste parmi tant d'autres que le bicéphale explore quotidiennement avec un droit à l'erreur assumé, et avec une certaine bonhommie...

 

 

 

 

La deuxième réaction au commentaire de ce lecteur malin a été de se demander s'il y avait de l'espoir dans la grande distribution...

 

 

Il y a trop peu de place pour les vignerons indépendants dans les rayons.

 

Et ce n'est pas la faute des vignerons...

 

La prise de conscience par les bloggeurs (ceux qui sont loin des réalités du monde viticole...) des difficultés des vignerons indépendants a été un électrochoc, avec le cas particullier d'Olivier B., qui (j'espère) sera un déclic pour nous tous pour des actions à venir.

 

Ils produisent sur des surfaces "humaines", devant à la fois être des viticulteurs sérieux et respectueux de la nature, des parfaits comptables, mais aussi des publicitaires, des commerciaux, des génies des méandres de l'administration, des piliers de l'oenotourisme, des promoteurs du terroir (etc...).

 

 

La grande distribution est une machine à profits qui broie les marges.

Elle exige de grosses quantités, aime les "promotions-bonnes affaires" et reste peu regardante sur la provenance du vin.

 

Elle colle aux modes de consommation (le BIO...), se donne une nouvelle virginité, deux fois par an, en favorisant quelques vignerons dans l'énorme magma des "foires aux vins".


 

L'idéal, dans un monde parfait, serait une grande distribution qui laisse une place plus importante à la qualité, avec un travail de partenariat local moins contraignant, sans inféoder le vigneron.


 

Les chiffres le prouvent (et ils aiment bien les chiffres dans la grande distribution).

Nous buvons moins, mais de meilleure qualité.

On trouve de temps à autre des belles bouteilles, cachées au milieu des vins de grands négoces.

 


 

Demander à un hypermarché de nous éduquer sur le bon vin et de devenir un militant du "mieux boire", c'est sûrement une belle utopie, limite "se tirer dans le pied" pour la grande distribution...


 

Mais un beau coin de linéaire "vigneron indépendant" serait apprécié (La FNAC le fait bien avec la musique, avec un petit coin des auto-produits où on peut trouver des petites perles...), et aurait sûrement un beau succès.

 

 

La grande distribution ne pourra pas passer à travers ce changement de mode de consommation des buveurs de vin.

 


 

 

 

 

 

Le bicéphale n'a donc aucune réponse valable à fournir sur cette question du "faut-il acheter du vin en hyper?".

 Je continue à acheter (de moins en moins) du vin en hyper (j'ai trouvé du Gauby, du Guffens-Heynen, du Jean-Paul Brun...), même si je vais chercher des informations et mes plus belles découvertes chez les cavistes, et que j'adore par dessus tout aller embêter (gentiment) le vigneron chez lui.


 

 

Je considère la grande distribution comme des roulettes de chaque côté d'un vélo pour le jeune apprenti cycliste.


 

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Certains n'en ont pas besoin, certains s'en débarrassent très vite, d'autres les gardent de côté "au cas où".

Mais tous veulent, un jour ou l'autre, prendre de la vitesse et faire des roues arrière tranquillement et découvrir de superbes paysages...


 

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On veut tous devenir des "Jalabert" et grimper le mont Ventoux sans roulette... 

 

 

 

 

   

c'est bon, ça...

Par stephane et david
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