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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 00:19

Ce mois ci, c'est un vieux de la vieille (à qui on ne la raconte pas, qui en a vu des vertes et des pas mures) qui a pris la présidence des 36ièmes vendredis du vin.

 

Un papi de la blogosphère vinique qui doit partager le même dentier qu'Olivier Grosjean et faire une commande groupée de couches "confiance" avec Christian Bétourné et Laurent Lalouette...

 

couche-confiance.JPG

 

Philippe Rapiteau de la "pipette aux quatre vins" fait plancher les amoureux du vin sur le "world wide web" autour d'un sujet qui nous ramène au temps des modems 56k, du portable sans androïd et des voitures qui ne font pas leurs créneaux toutes seules...

 

Diantre, nous voyageons dans le passé.

 

Il nous faut explorer l'avant-2000.

 

"Le thème : "Les années 2000?... Et avant?..." La condition sine qua non pour participer sera d'évoquer une bouteille d'avant 2000. Le siècle dernier, voire le lointain millénaire précédent!... 1999 et avant!..." 

 

Ouais...

Pas si facile que cela.

 

Le gros souci du bicéphale est qu'il n'est pas caviste amateur.

 

Les vins achetés le sont pour être bus avec les potes.

Rapidement, sans concession, dans le plus total consumérisme immédiat...

 

Peu de bouteilles ont été oubliées au fond de la cave.

Et celles qui ont été volontairement "planquées" attendent vraiment une occasion spécialissime (record du monde du triple saut, première dent du petit, nouveau slip avec élastiques renforcés ou pour un concours de cul-sec...).

 

Mais, à chaque problème, il existe une solution...

 

J'ai la chance d'avoir un père serial-collectionneur.

Il possède une cave superbe, avec une multitude de bouteilles.

Bouteilles qui s'ennuient et sont très (trop) peu ouvertes.

 

Mon père a toujours préféré l'objet "bouteille" que le plaisir que peut procurer le liquide à l'intérieur.

Un peu comme une boule à neige, sans neige mais avec du raisin.

 

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Les vins évolués ne me déplaisent pas, j'aime les côtés animal, cuir, humus, champignon qui apparaissent au fil du temps.

 

C'est toujours un plaisir d'aider mon père à "aérer" sa cave...

 

Si nous devons boire un vin du siècle dernier, autant y aller à fond.

 

N'ayant pas un amour fou des vins blancs liquoreux, botrytisés, vendangés tardivement et ne trouvant pas grande grâce aux vins de Bordeaux, j'opte pour une expérience masochiste.

 

je vais dégoupiller un Sauternes...

 

J'ai longtemps hésité à prendre un vin d'Yquem 1982, avec irrespect et dans un verre à moutarde.

Mais la provocation a des limites.

Ce vin fera sûrement plus plaisir à un amateur que mon père voudra impressionner.

 

Mon dévolu s'est donc posé sur un "Château de Fargues 1984".

 


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Ce ne sont pas les grandes années de la décennie (1983, 1986).

Il serait temps d'y goûter...

 

Le Château de Fargues d’une superficie de 15 hectares, appartient à Alexandre de Lur-Saluces, autrefois propriétaire et gérant d’Yquem.

Le château appartient à la même famille depuis plus de 500 ans.

Il est souvent comparé à un petit frère d'Yquem, la star du Sauternes avec des bouteilles dont le prix frise l'intolérable...

 

La couleur de la bouteille est juste magnifique.

D'un or franc, lumineux et brillant.

 

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Le bouchon, retiré avec soin, a bien morflé.

 

 

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Au nez, c'est très expressif.

Ca envoie sévère dans les naseaux...

Au tout début, cela semble alcooleux, mais très vite, on est envahi par des odeurs de pain d'épices, des fruits confits.

Le tout sent bien le sucre, le miel, mais garde une fraîcheur relative.

Le vin ne sent pas le "lourd", le pâteux.

 

En bouche, cela reste fort doux.

Le sucre tapisse la bouche, avec une sensation de fruits rôtis (pêche, abricot, pomme), même limite blet (ce qui n'est pas désagréable, juste surprenant au premier verre).

Un goût de miel arrive en milieu de bouche, mais avec une certaine finesse.

Dans la longueur, une jolie acidité, avec des notes de noisette, finit doucement la bouche.

 

C'est du grand, beau vin.

 

Pourtant, je ne suis pas sûr d'aimer.

J'aimerais m'extasier, atteindre le 7ème ciel et soupirer de plaisir...

Mais je n'y arrive pas.

Le sucre reste trop présent et trop longtemps en bouche.

J'ai plus l'impression de fatiguer mon pancréas que de contenter mes papilles...


Le vin est trop bling-bling, envoie dans tous les sens.

Du body-building de compétition.

 

Je comprends aussi le plaisir qu'il peut procurer à des amateurs.

Tout comme je comprends les amateurs de grosses Ferrari rouges ou de grosses Porsches rutilantes... Sans avoir jamais eu envie d'en conduire une de ma vie.

 


 

Quand j'apprends que cette bouteille vaut environ 180 euros, cela finit de m'achever.

 

J'ai pris un chemin trop tortueux pour ma remontée dans le temps.


En choisissant d'aller vers le choix le moins évident pour moi, j'ai pris quand même plaisir à ouvrir une bouteille d'une vendange faite quand j'avais 8 ans...

 

8 ans en 1984...

 

Ca me donne envie de jouer au rubik's cube en écoutant "Lemon Incest" de Gainsbourg, "Heaven's on Fire" de Kiss ou "True Men Don't Kill Coyotes" des Red Hot Chili Peppers...

 

 

 

 

 

Par stephane et david
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Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 01:57

Ca va tailler dur...

 

Apres une longue série d'articles mettant en avant des vins "bio", "natures", faits par des vignerons à la superficie modeste, mais au talent énorme, le bicéphale avait envie d'un contre-pied dans la surface de réparation, avant de tacler le gardien et de lui faire avaler le ballon (de rouge).

 

Parce qu'aujourd'hui, nous allons changer de galaxie et parler d'un vin produit pour le discount par un énorme producteur de pinards divers et variés, avec une promotion écoeurante d'un has-been du terroir...

 

Le "Beaujolais nouveau 2010" de Dominique Piron, en partenariat avec Leader Price a fait son petit buzz au mois de novembre 2010.

 

IMAGE 228 

 

 

Avec une publicité à grands renforts de Jean-Pierre Coffe (acteur tragi-comique de la gastronomie française), de bouchon lyonnais (à Paris, faut pas déconner quand même), et d'accordéon que l'on voudrait broyer à coups de talon.

 

 

Il est prêt à tout notre Jean-Pierre, beaucoup plus à l'aise et ayant mieux appris son texte que Dominique Piron.

On ne nait pas pro de la communication, c'est du travail de longue haleine...

 

Monsieur Piron, lui, gère une soixantaine d'hectares dans le Beaujolais, avec de multiples noms de domaines, de négoces, et une déjà belle présence dans les rayonnages des grandes surfaces avec de belles promo lors des foires aux vins.


 

Et quand il s'agit d'aider les vins de grande distribution, on peut toujours compter sur la "Revue du Vin de France"...

 

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Coup de tonnerre, le bojo nouvo de Leader Price à 4,25 euros est le préféré de nos grands dégustateurs de vins, en vidéo, s'il vous plait.

 

Cette cuvée "spécial low cost" est même préférée à la version caviste du même producteur (notre ami Dominique Piron), évidemment plus chère.

 

20 "beaujolais nouveaux" qui faisaient grimacer nos pauvres dégustateurs.

Que de la pointure, Carrefour, Monoprix, Intermarché...

 

Il fallait porter une grosse pointure à ses pieds (même si le dit pied nageait à l'intérieur de la chaussure), avec un bô portefeuille, pour avoir la chance de bousiller les papilles de la RVF.


 

 

"Arrêtez, c'est trop gros, on n'y croit plus!"

C'est ce qu'aurait pu crier un metteur en scène soucieux de ménager le pauvre spectateur.

 

Mais, comme souvent, la fiction est plus frileuse que la réalité (un scénariste qui aurait osé imaginer le directeur du FMI, mal rasé, menotté dans le dos et le regard perdu dans le vague aurait pointé au Pôle Emploi il y a 2 semaines...).

 

 

20 "beaujolais nouveaux" goûtés et aucune envie de présenter des vignerons qui portent l'appellation à bout de bras en proposant des vins loin du stéréotype banane, myrtille et autre daubes abjectes et rapeuses.

 

Et des vignerons qui aiment leur travail et leur terroir, il y a en a à la pelle.

Vite fait, quelques bojo nouvo qui nous ont "bougé", celui de Michel Guignier (à Vauxrenard), des côtes de la Molière , de Lilian Bauchet, de P.U.R, de Bruno Debize (entre autres...).

 

 

 

Bon, comme il ne faut pas mourir idiot, j'en ai acheté du bojo nouvo de chez Leader Price...

Mais, comme le but du jeu n'est pas de faire de la publicité pour Leader Price, le bicéphale a patiemment attendu que le buzz meurt jusqu'à disparition des stocks de ce vin dans notre surface discount du jour.

 

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A 4,25 euros chez le low-cost du coin, c'est déjà du haut de gamme dans le rayons vins et spiritueux.

 

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On a retourné la bouteille dans tous les sens, aucune mention de Coffe n'apparait sur l'étiquette ou la contre-étiquette...

Par contre, c'est grâce à Leader Price et à son illustre inconnu oenologue que ce Beaujolais doit déchirer.


 

Malgré notre fort mauvais à-priori à l'achat de la bouteille, il faut être honnête et souligner le côté "vin facile" de cette cuvée.

Même si le vin n'est pas chargé "émotionnellement", il fait le job.

 

On retrouve la teinte violacée habituelle des bojo de supermarché, se rapprochant du violet fluo des sodas canadiens ayant vaguement le goût de raisin, les "grape sodas".

 

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Le nez est dans la purée de fraises, avec une belle fraicheur.

Encore une fois, il n'y a pas de surprise, ça sent le bojo nouvo.

Mais, vous avez raison, si je m'attendais à avoir du bojo qui sente le romarin, c'est que je suis mentalement déficient...

 

En bouche, c'est très loin d'être désagréable.

C'est du concentré du fruits rouges, porté par une trame fraiche et avec une pointe d'acidité qui ne me déplait pas.

Ca se laisse même bien boire.

 

On est loin de l'extase, certes, mais on est aussi très loin de l'imbuvable.

 

D'ailleurs, sur le petit saucisson, à l'apéro, sans savoir qu'il était estampillé Leader Price, le vin est très bien passé auprès des convives.

 

 

Moi, je garde tout de même un blocage (sûrement débile, mais on ne se refait pas) à la dégustation.

Surtout en comparant avec les quelques vins (cités juste au dessus) qui sont autre chose que du stéréotype ou de la caricature.

Car, même s'ils restent tous d'un plaisir facile, ils proposent à chaque fois quelque chose d'original et de "pas pareil".

 

Là, j'ai l'impression de revoir pour la 1000ème fois une rediffusion de "l'aile ou la cuisse"...

 


 

J'ai beaucoup rigolé la première fois, mais ça devient un peu lassant...

 

Alors quand je vois ce grand guignol de Coffe, qui présente un vin honnête sans plus, se désarticulant et s'enthousiasmant jusqu'à la nausée pour un vin destiné à un coup médiatique, ça devient même un peu pénible.

 

Si on peut boire bon et intelligent en même temps, je prends encore plus de plaisir...

Pas vous?

 



Par stephane et david
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Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 08:12

Pour recommencer un blog laissé en friches depuis quelques semaines, il fallait un titre accrocheur...

 

Il s'en est passé des choses depuis le dernier post.

 

Le bicéphale bressan a été kidnappé et mis dans un avion direction Porto, pour un enterrement de vie de garçon entre "Top Ten Club" et visites de chais de Porto à Vila Nova de Gaia.

 

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 (le pire bar à entraineuses du monde, un summum du glauque... Ne jamais, jamais y mettre les pieds...)

 

 

Et puis, il y a eu un mariage, avec des soirées pré-mariage, des soirées post-mariage...

 


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(une photo de la fin des haricots, il est 6 heures du matin, Lionel vient juste de tomber...)

 


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(des warriors de la fête, encore l'oeil vif, mais faut les voir au réveil...)

 

 

Aimant un peu (beaucoup) le vin, nous avions décidé de surprendre le repas avec des vins remplis de cooltitude et de topissitude, dans une totale modestitude mais avec une certaine élégance.

 

Avec une envie de "punk", des vins issus de l'agriculture biologique et nature (sans ajout de sulfites).

Surtout, du rouge pour l'entrée et du blanc pour le plat principal et le fromage.


Bon, ce n'est pas une révolution anarchique, mais ça a bien amusé le traiteur (monsieur Plat, traiteur à Montret, que des pétales de rose parfument votre toque jusqu'à la fin du monde).

 

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(Elisabeth et Gérard Plat, encore merci!)    

 

 

C'est donc en se transformant en chien truffier que je suis parti en quête du vin blanc qui déchire sa race, mais avec classe.

 

 

Ecumant les salons "BIO", visitant les vignerons, scrutant les cavistes, avec une totale abnégation et un amour du travail bien fait, j'ai baroudé durant de longs mois, traînant une hépatomégalie et un oeil vitreux.

 

Pourtant, c'était l'évidence!

 

A, à peine, 20 kilomètres de chez moi, se trouvait la réponse, la quadrature du cercle, la solution du Cube...


 

Guy Blanchard est un vigneron avec qui j'ai totalement accroché à la première seconde.


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(photo du site wine terroirs, avec un bel article sur Guy)

 

 

2 hectares de vignes totalement dédiées au vin blanc de chardonnay sur Montbellet, dans le nord du mâconnais, tout près de Tournus.

La maison mâconnaise de Guy Blanchard, au lieu-dit Mercey, abrite sa cave d'Ali Baba.

 

J'avais déjà goûté le "vin d'mon bled", une de ses cuvées durant les BiojoLeynes de 2010, une tuerie...

 

J'ai donc pu goûté à ses vins, bio, natures, vrais, avec des énormes identités.

 

Mais, c'est en goûtant un de ses fûts que la révélation est venue.


"- Hé, c'est ce vin, là, dans ce fût, que je veux!

- Ha, il est fort le gringo"

 

 

 

 

 

Un vin de la parcelle de Bouchat, de la vendange de 2009, qui envoyait du lourd.

 

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Le "Bouchat 2009" de Guy Blanchard a été une révélation!

 

Prenant de la place en bouche, avec peu de gras, mais commençant tout en rondeur avec du fruit poire-pomme, une pointe d'oxydation qui donne des belles notes de calva, pour terminer sur la plus ENORME des finales citronnées que j'ai eu la chance de boire depuis 30 ans...


Une longueur de malade qui aiguise les papilles.


De la dentelle, de la précision, de la finesse qui transfigurent le vin.

 

A l'aveugle, on peut partir dans tous les sens, tellement nous sommes loin du stéréotype du chardonnay (fleurs et fruits blancs).

C'est juste délicieux, en apéro, sur du fromage de chèvre ou sur le succulent "suprème de volaille à la façon Georges Blanc, poélée de champignons et purée aux éclats de noisette" (testé et approuvé!).

 

 

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Ce vigneron a une patte, un truc en plus, qui se retrouve dans le verre.

 


Il y a des phrases magiques...

"T'as qu'à venir avec quelques copains, pour le mettre en bouteille juste avant le mariage. On cassera une croûte pendant l'embouteillage."

 

Whaouh!

 

C'est donc une équipe de 6 bras cassés qui a embouteillé environ 300 bouteilles de ce fût, une centaine étant quasiment déjà bue depuis...

 


 

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(atelier tirage et bouchonnage, sous l'oeil bienvaillant du patron)

 

 

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(atelier collage d'étiquette sous l'oeil bienvaillant du chat du patron, qui aimait bien mon postérieur...)

 

 

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(atelier mise en place de la capsule... Si ce n'est pas fait avec amour, ça!)

 

 

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(atelier saucissons, pâté croûte bressan, vieux comté, vins et détente à l'ombre... Là, c'est le boss qui travaille et ouvre de la bouteille, dont un superbe "vin d'mon bled 2005")

 

Il reste 200 bouteilles de cette superbe journée de labeur riante et détendue.

 

Encore bravo pour l'efficacité de Fifo et de Fred, les vannes d'Anyl et de Matt et les coups de hanche vigoureux d'Aurélien qui a laissé un peu de lui sur chaque bouteille qu'il a encapsulé...

 

Le vin de Guy est un moment à part, que je ne peux que vous recommander.

 

N'hésitez pas à le contacter pour une dégustation ou un envoi de colis au 03 85 33 13 84...

 

Il lui restera peut être un peu de "Bouchat", "Les Perrières", "le vin d'mon bled" ou, si vous êtes vraiment en veine, son pétillant naturel, le "blanc charmant", avec un beau fruit et une gentille douceur.

 

Je ne vous parle même pas du prix de la qualité...

Entre 8 et 10 euros la bouteille (d'un des meilleurs vins blancs goûtés de ma vie de poche à gnôle), c'est du rapport prix-plaisir qui enterre quasiment toute la Bourgogne et qui concurrence sérieusement le Jura!

 

 

Encore merci pour l'anti-conformisme, les convictions de Guy qui teintent chaque goutte de son vin "nature".

 

 

 


Par stephane et david
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 08:39

Après un printemps de Viré-Clessé qui a tenu toutes ses promesses de rencontres et de belles bouteilles, le bicéphale voulait juste refaire un peu le point sur la dégustation.

 

Nous avions l'air d'une meute sauvage devant les vignerons.

Ils nous accueillaient avec le sourire, mais j'ai bien vu la peur dans leurs yeux, devant une vingtaine de chiens fous, la bave aux lèvres...

 

Ils ont failli convulser devant nous, une paire de lutins, un countryman à moustache, une gothique, deux-trois aux yeux rouges mais à la peau mate, une tour rousse de 2 mètres, un portugais sans accent mais avec des poils, un métalleux gentil comme un fan de Delerm, un alsacien au regard brillant, une photographe sans appareil photo, un barbare répondant au doux surnom de "pantouffle", les soeurs Sue-Ellen et bien d'autres...

 

Bref, pas de tout repos pour les 30 vignerons du Viré-Clessé qui ouvraient leurs caves les 16 et 17 avril pour des dégustations qui déchiraient (heureusement que nous n'en avons fait que 6-7, la fatigue prenant l'avantage...).

 

Nous reparlerons bientôt des domaines qui nous ont plus, dans le désordre, le domaine de la Verpaille, le domaine de Sainte-Barbe, bien sûr, Jean-Pierre Michel, et la découverte le domaine Gondard-Perrin.

 

Mais le bicéphale a bien vu les difficultés de tous pour profiter d'une bonne dégustation.

 

L'heure avançant, les dégustateurs grumaient de moins en moins bien et ne pensaient même plus à cracher.

 

Donc, dans sa grande bonté, je poste très vite cette vidéo (en anglais, mais tout le monde pourra comprendre) pour reprendre les bases d'une bonne dégustation.

 

Imaginez vous êtes un citoyen du Kazakhstan, qui n'y connait vraiment rien au vin (comme le vin kazakh, mais non fait à partir d'urine de cheval fermentée).

 


Ce soir, dégustation de vins du Jura avec les internes de l'hôpital de Dole aux Jardins de Saint-Vincent...

J'espère qu'ils auront le temps d'intégrer les principes de base.

 

 

 


Par stephane et david
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 09:03

Après une petite escapade au pays de la morue et de la sardine grillée, de la periquita et de la touriga nacional (cépages autochtones), la moitié poilue et chauve du bicéphale rentre en Bresse.

 

Il y aura sûrement un petit article sur les caves de Taylor's, avec des portos "vintage" délicieux autant qu'abordables, des chais de toute beauté avec la plus belle vue de Porto...

 

Il y aura sûrement aussi un article sur un "vin de garage à la portugaise", celui de mon oncle.

 A la retraite depuis quelques années, il s'est épris d'un coin de vigne de moins de 2 hectares, où il produit un vin rouge qui déchire...

Vin d'assemblage de syrah, cabernet sauvignon et periquita, il l'appelle son "jus de raisin", avec une culture de la vigne respectueuse, sans aucun souffre ajouté ("pourquoi rajouter quoique ce soit quand le vin est aussi bon, c'est prendre un risque!").

Un vin rouge tout en "fruit concentré", avec une acidité et une fraîcheur équilibrée qui donne à ce vin une profondeur et un plaisir assez incroyables...

Pour avoir la chance d'y goûter, il faut aller dans le petit village de Soudos, et demander la vigne du capitaine (et oui, c'est un ancien militaire, on ne peut pas avoir que des qualités).

Accueil en frantugais (gai mélange des deux langues...) et plaisir garanti .

 

 

 

Mais, aujourd'hui, après une quinzaine de jours de repos bien mérité, le blog doit de nouveau s'ébrouer!

 

Bien sûr, ce petit branleur de Stéphane n'en a pas foutu une rame, ne modérant même pas les commentaires (branleur..).

Ah, ça, pour balancer les pires crasses sur les vins bas de gamme portugais dans les restaurants touristiques de Porto, y avait du monde!

Mais c'est comme tirer sur une ambulance...

 

Le prix moyen d'une bouteille de vin acheté au Portugal est d'environ 1,50 euro...

 


Non, aujourd'hui, un peu de sérieux (...).

 

Le blog a beaucoup écrit sur les vins produits à partir de raisins cultivés en agriculture biologique ou sur un mode de culture biodynamique.

 

Quand le vin est plus qu'un produit de consommation.

Quand il devient un objet vivant offrant du plaisir (mieux qu'un OVNI, un OVOP...).

L'agriculture biologique ou la biodynamie ne sont plus alors que des outils au service de vignerons qui nous donnent une part d'eux mêmes, une partie de leurs sensibilités.

 

Au bicéphale, on a envie que tout le monde y goûte, et vite.

Car, c'est dommage de traverser une vie sans en tirer un maximum de plaisir.

 

Mais, quand le bicéphale boit un vin dont l'étiquette est bariolée de logos prouvant que le vin est de belle qualité et qu'en le buvant, le seul mot qui vient c'est "pouah!", il a l'impression d'avoir été trompé.

 

C'est la sensation que j'ai eue en goûtant le "viognier de l'Ardèche 2008" du domaine des Granges de Mirabel, de Michel Chapoutier.

 

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Michel Chapoutier est le plus gros négociant du Rhône.


La Maison Chapoutier est omni-présente sur toutes les appellations, truste gaiement les linéaires des hypermarchés et des cavistes heureux de proposer des vins "qui disent un petit quelque chose à tout le monde".

 

Il y a eu un véritable choix depuis une dizaine d'années de faire une bonne proportion de vins certifiés en agriculture biologique ou biodynamique.

 

 

Ce vin blanc, "vin de pays des coteaux de l'Ardèche" a été acheté une douzaine d'euros chez un caviste qui me promettait un vin d'apéritif entre amis.

12 euros, c'est déjà une belle somme.

 

Sur un linéaire, je n'aurais jamais pris cette bouteille, trop bariolée de logos...

 

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Trop de bla-blah sur l'étiquette...

 

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Le viognier est un cépage blanc qui a pour origine le Rhône.

 

Quasiment oublié après l'épidémie de phylloxéra, la production de viognier ne cesse d'augmenter, car il s'adapte facilement et peut donner de bons rendements, avec des vins gras et faciles, à boire dans leur jeunesse.

 

A l'ouverture, on est déjà dans le "trop".

 

Un nez exhubérant de mangue et d'abricot, de la sucrosité jusqu'au fond du tarin.

Ca envoie, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

En bouche, c'est de la purée de mangue, avec un sucre résiduel tellement important, que j'ai relu l'étiquette pour être sûr de ne pas boire du porto blanc...

 

C'est gras, c'est lourd, c'est fruité dans l'exhubérance... Limite bling-bling. 

 

Il y a un vrai manque de finesse, pas d'acidité, pas de contre-poids équilibrant un sucre et du fruit exotique digne des plus beaux banga.

 

 

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Un vin à conseiller aux anorexiques du vin qui pensent qu'il y a toujours trop de choses à décripter dans un vin...

 

Là, c'est un vin mono-syllabique.

 

Un peu comme le premier mot d'un bébé, genre "gah".


 

 

C'est dur de l'écrire, mais un vin produit en biodynamie peut donner une boisson sans intérêt.

Quand la maturation est poussée aux extrèmes et que la vinification n'est pas maitrisée, le vin est triste, même si les raisins sont sains.

 

Deuxième conclusion, quand une grande maison qui déverse des milliers de litres de vin dans les rayons de la grande distribution fait de la biodynamie, c'est souvent un argument de vente supplémentaire (avec des magnifiques tunings de bouteille...).

 

Plus qu'une réelle envie de partager du bon en bouteille...

 

Avec un vin à plus de 10 euros, pour le gogo classe moyenne et citadin qui aura l'impression de boire "citoyen du monde", mais à éviter pour les amoureux des vins de vignerons faits avec passion.

 

Il y a tellement mieux, pour tellement moins cher...


 

Le bicéphale revient de vacances et il est déjà pas content!

 

 

 

 

 


 


 

Par stephane et david
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