Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 20:30

Le vin est surprenant.

 

C'est (aussi) grâce à cette surprise (presque) permanente que le vin a réussi à attirer le bicéphale dans ses filets.

 

Un ami vous tend une bouteille inconnue. Vous l'examinez avec attention. La curiosité est éveillée.

Et voilà, en quelques secondes, vous vous sentez l'âme d'un explorateur dans la jungle sauvage protégeant dans le creux des bras un trésor...

 

 

 

 

Aujourd'hui, nous avons même la chance de goûter à des cépages oubliés sur un terroir que le bicéphale aime beaucoup.

 

C'est l'heure de goûter à "Erant Olim" 2008 du domaine Camp del Roc. 

 

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Il y a une ébullition du côté du Roussillon. 

Entre les anciens qui ont joué la carte de la qualité et les nouveaux vignerons qui s'installent avec des objectifs de qualité absolue, il y a toujours de belles surprises au fond des verres.

 

L'appellation vin de pays des côtes catalanes est une IGP (indication géographique protégée) qui peut être produit sur tous les terroirs du département des Pyrénées-Orientales sauf autour de Coullioure et Banyuls.

La classification en vin de pays permet de proposer au consommateur un vin de terroir tout en pouvant se dédouaner du carcan du cahier des charges de certaines AOC (appellation d'origine contrôlée).

 

Le domaine Camp del Roc est situé au nord-ouest des Pyrénées-Orientales, à Montalba le Château.

Installé en 2003, Philippe Botet a passé la main à de jeunes vignerons en 2009. 

Julien et Emmanuelle Montagnon proposent des vins de passionnés de la vigne pour consommateur gourmand, avec une volonté de travail respectueux dans les rangs de vigne jusqu'à la cuverie.

 

 

  

 

"Erant olim" peut se traduire du latin par "qui étaient là autrefois".

Le décor est ainsi planté, on va parler d'antiquité ampélographique, de vieux cépages et de bon vin rouge.

 

 

L'étiquette de la bouteille est d'une belle sobriété, le nom est écrit en blanc sur un fond ocre avec les points de suspension évasifs...

La contre-étiquette est, à peine, plus informative.

 

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"Erant Olim" est un vin rouge issu de vignes plantées au 19ème siècle, sur une toute petite parcelle de 40 ares avec multiples cépages "rustiques" méditerranéens coplantés, aux noms mystérieux et exotiques, mataro, garigua, nuance, ull de llebre, lledoner pelut (liste non exhaustive)...

 

La robe est d'un pourpre soutenu, bien sombre, bien lisse.

Un vin rouge bien serré et bien corsé... La couleur du vin nous situe dans la burne tendue hispanolisante.

 

Le nez surprend par sa relative discrétion...

Les yeux ont tellement pris que l'on s'attend à un nez sur-expressif.

Mais, là, premier pas chassé, le vin respire plutôt la fraîcheur, au milieu d'un fruit noir marqué.

 

Le bicéphale est tout perdu entre la robe virile et le nez féminin...

Ca donne un peu le vertige et nous remue la base arrière.

 

En bouche, on retrouve un peu de tout ça et les sens se brouillent.

Une première bouche animale, cuir, tabac qui remplit le palais.

Des fruits noirs confiturés et gourmands qui ratissent le fond des amygdales et qui prennent le dessus.

Le tout enrobé par une maille serrée de tanins.

Un vin tissé par un crochet invisible qui nous serrent les papilles!

 

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Une finale d'une incroyable fraicheur qui fige le temps.

De la voltige au fond de son fauteuil. 

 

Ne reste qu'un soupir quand le verre est vide.

 

Pour finir, il n'y a que 600 bouteilles produites par an, pour une trentaine d'euros (pas cher pour le plaisir donné).

 

Si vous avez la chance de tremper votre gosier dans un verre de "Erant Olim", pensez au bicéphale qui déspère d'en reboire!

 

 

On continue dans le bon son vintage, moins ancestral que les vignes de "Erant Olim", mais c'est quand même un vieux ceps.

 

 

 

 

 

 

  

  

 


 


Par Le Bicéphale Buveur
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 00:18

C'est avec (presque) une semaine de retard que le bicéphale rend sa copie pour le 43ème Vendredi du Vin...

 

 

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Ca me rappelle vaguement mon enfance (presque) studieuse et les retards involontaires.

"Ma copie est tombée dans la confiture."

"Le vent a emporté mon devoir."

 

Sauf, que, maintenant, je suis adulte et je peux encore m'élever dans la mauvaise foi.

 

Pour cette nouvelle édition, le présidentAntonin nous demande de plancher sur un vin présidentiel.

"Si chaque vin était un candidat, pour lequel voteriez vous?"

 

  

Il serait facile de justifier mon retard comme un acte héroïque d'anarchie totale.

Le bicéphale, vent debout contre le dernier vendredi du mois, préférant poster son article le front haut et le poing levé 5 jours après.

 

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Sus au conformisme, faisons front au "boire mou".

 

Levons nous, buveurs de tous pays et marchons ensemble vers le mâconnais, "ô terre promise", pour reconstruire un monde meilleur fait de gamay en agriculture biologique et sans souffre ajouté!

 

Le vin présidentiel existe, le bicéphale l'a bu!

 

 

Activité de négoce de Julien Guillot du domaine des "Vignes du Clos des Maynes" à Cruzilles, "Ultimatum Climat" 2010 est un vin rouge de cépage gamay venant de l'AOC Chénas.

 

 

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Ce vin a été d'abord produit pour "Greenpeace".

Le raisin est cultivé selon les méthodes biologiques, vinifié ensuite par un de mes vignerons préféré Julien Guillot, sans aucun ajout de cochonnerie.

 

 

Un vin avec un parti pris de pureté, de naturel, avec ce qu'il faut de militantisme implicite.

 

Dans le verre, le gamay me met tout de suite à l'aise.

Pas de langue de bois et pas de blabla.

On va boire un joli vin de soif, c'est signé d'un beau rouge rubis qui danse aux creux de ma main gauche.

 

Fragrances de fruits rouges, mûrs, avec un touche de senteur plus sauvage penchant vers la réglisse.

Le discours est clair, net, précis.

Le vin est là pour le plaisir immédiat, pas pour le petit doigt levé bobo ou pour la longue garde aristocratique.

 

En bouche, c'est une manifestation de fruits rouges qui lancent des pavés sur la glotte. C'est la prise du palais par des tanins très fins.

Avec une belle droiture en fin de bouche pour réveiller les papilles et demander au stakhanoviste coude gauche de lever encore bien haut le verre!

 

 

Loin d'être un vin de politique molle, de promesses floues et d'engagements sans lendemain, "Ultimatum Climat" est un vin de gourmandise qui te promet du bonheur et qui t'en donne encore...

 

Plus...

 

Juste un petite fenêtre du monde que nous avons fabriqué avec Pearl Jam.

C'est caricatural, mais ça doit éveiller un petit truc chez chacun de nous.

 

   
Par Le Bicéphale Buveur
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 01:51

Il y a des vins qui doivent toujours être à portée de verre.


Il n'y aurait qu'à briser la glace et pousser sur la manette en cas d'urgence et la soirée ne pourra que bien se dérouler.

 

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Chacun de nous a, au moins, un vin qu'il affectionne.

Ce vin qu'il peut faire boire à ses amis pour faire plaisir à coup sûr.

Souvent, on a même plusieurs atouts dans sa manche pour parer à toute éventualité.

 

C'est un réel plaisir de vous dévoiler un des nombreux secrets de soirées toujours réussies du bicéphale.

Un vin rouge garanti "plaisir à la limite du régressif", à un prix défiant les lois de l'apesanteur, et, cerise sur le (déjà beau) gâteau, fait avec respect de la vigne et du consommateur.

 

Et, oui, ce Saint-Graal existe.

 

Mais pour le dénicher et en profiter, il ne faut pas avoir les idées carrées.

Ne pas focaliser sur le contenant considéré comme ultime par tous les amoureux du vin.

 

On peut trouver de sacrés bons jus en Bag-In-Box (BIB).

 

Le "Cabwerant 2010" AOC Bergerac du Château Lestignac en est une nouvelle preuvre.

 

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Lorsque mon regard a croisé cette sobre et magnifique boîte en carton chez le caviste, je n'ai eu qu'une seule pensée.

"Toi, cocotte, tu vas prendre cher..."

 

J'ai donc ramené ce cube de 5 litres (pour à peine plus de 15 euros) à la maison.

 

Je n'avais jamais eu l'occasion de goûter aux vins de Camille et Mathias Marquet et j'enrageai de n'avoir pu croisé le verre avec eux au Grunge Tasting de l'ami Vindicateur.

Vigneron-blogueur, actif sur la toile, je hoche souvent la tête en le lisant (comme l'entrevue avec le morgonneux Guillaume).

Je vous conseille de vous connecter sur le site internet du Château Lestignac.


Mathias s'est installé en 2008 en Dordogne, à Sigoulès, reprenant les vignes de ses grand-parents.


Dans le terroir de Bergerac, il est en conversion biologique depuis 2010, avec des vinifications les plus naturelles possibles (vendanges manuelles, levures indigènes, élevages sur lies, moins de souffre à la mise en bouteille).

 

Aujourd'hui, il va falloir réprimer mon envie de tire-bouchonnage.

 

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Deux doigts suffisent pour soutirer.

 

Dans le verre, le vin est d'un rubis sombre avec des reflets violets.

Le vin est fait de 100% de cépage merlot.

Le merlot, quand il est bien traité avec des rendements raisonnables et une vinification respectueuse, est un cépage de plaisir.

 

En mettant le nez dans le verre, on a les deux pieds dans le plaisir.

J'ai l'impression d'ouvrir un pot de gelée de cassis comme celle de ma mère (cassis ramassé par mes petites mains) dans mon enfance.

Une fragrance de fruits noirs, une impression de bonbon.

Ca sent la jouissance régressive.

 

Dès la première gorgée, c'est gourmand, avec un fruité concentré.

C'est bon!

En fin de bouche, des arômes complexes titillent le palais avec une pointe de tabac et de chocolat, ne masquant jamais le fruit du vin.

Les tanins sont fins, jamais agressifs, donnant une petite mâche bien agréable au vin, un relief sympathique.

 

Difficile de s'arrêter...

On se demande vite si un BIB de 10 litres ne serait pas une encore meilleure idée.

 

Le Cabwerant a été le vin surprise des réveillons de Noël et de la nouvelle année.

Au milieu des vins convenus, il a donné du plaisir à tous, dans toutes les situations, de l'apéro au dessert.

 

Une sorte de vin de plaisir ultime.

J'entrepose 3 BIB à la maison, prêt à le servir en cas d'urgence vinique.

 

Un vin que tout le monde devrait avoir chez soi.

 

En vidéo, cadeau pour Mathias, l'utopiste de Bergerac, "I fought the law" The Clash.

 

 

 

 


 

 


 

 


 

 

 


Par Le Bicéphale Buveur
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 10:06

Ce n'est pas le courage qui a manqué à ceux qui étaient à Ruffey-sur-Seille le premier week end de février 2012 pour la "percée du vin jaune".

 

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Parce que l'on s'est bien caillé les miches.

Ca pelait à mort.

Les machoires du bicéphale claquaient et nous étions pris de convulsions chaque fois qu'il fallait changer de cave.

Un véritable sacerdoce.

 

En écrivant le post, des frissons parcourent ma colonne vertébrale et mon sang se fige (presque).

 

Et de la foi, il fallait en avoir pour tenter de réchauffer comme des malheureux les vins glacés, tout en se mouchant et sans laisser tomber à terre un morceaux de morteau-cancoillotte-patates.

 

A la percée, on vient surtout pour une ambiance, plutôt potache et bon enfant, entre familles, confréries d'étudiants, cars de touristes venus de tous les horizons.

Au fil de la journée, les décibels montent, les chants sonnent de plus en plus faux et on a plus de difficultés à naviguer entre les caves.

 


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Le bicéphale vient aussi pour rencontrer les vignerons (environ 80) et déclencher des envies de visites dans les domaines.

Une sorte de première approche, tel un éclaireur dans la nuit cherchant la prochaine lumière, signe d'espoir.

 

Pour ça, on a une carte aux trésors...

 

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Et puis, au détour d'une cave (le domaine Macle comme par hasard...), on peut tomber sur un star locale mondialement connue, comme Olif, accompagné du non moins célèbre journaliste belge Marc Vanhellemont du blog les 5 du vin.


C'est avec la plus grande solennité que je présente mes excuses à ses deux grands hommes du vin pour avoir tenté de les empoisonner avec un vin (pourtant bon) du domaine Genelletti que nous avions pensé amusant de mettre dans un camelback.

Le vin a décapé le plastique, lui donnant un goût de vieil ananas pourri et oxydé.

Le bicéphale s'excuse aussi d'avoir gaché du bon vin dans cette outre en plastoc...

 

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(Olif illuminé par le soleil glacé de Ruffey, juste avant d'avoir les papilles détruites par le bicéphale)

 

A la volée, pour justifier les verres descendus tout au long de la journée et pour conseiller les lecteurs de ce blog tout pourri et enrhumé, voici quelques pistes garanties "plaisir dans tes fesses" par le bicéphale.

 

- On se répète, on radote, mais nous ne sommes pas atteints de yoyotage de touffe. Les vins du domaine Labet et ceux de Julien Labet sont ENORMES.

 

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Les vins de Julien sont de plus en plus précis et de plus en plus nature... Mentions spéciales aux cuvées "chalasse" et "varrons", les deux sans souffre ajouté et qui ont un drôle de goût de "j'y retourne vite".


 

- Pour les malchanceux qui n'habitent pas dans le Jura, il existe une activité de négoce, "Les caves de la Reine Jeanne", qui se trouve assez facilement dans la grande distribution et qui permet d'avoir de vrais bons vins du Jura, avec un beau rapport qualité-prix.

Vous ai je déjà dit que leur crémant déchire?

 

 

- Au domaine de la Pinte, il y a avait aussi foule... Et c'est tout à fait normal d'en redemander tellement c'est bon.

 

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- Depuis que le bicéphale a eu la chance de boire les blancs de Peggy et Jean-Pascal Buironfosse au "Nez dans le vert", nous en sommes complétement fous.


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Décidemment, Rotalier est une "réserve" pour grands vignerons...

 

 

- Dans les bonnes surprises, j'ai découvert les vins de Jean-Michel Petit du domaine de la Renardière à Pupillin, ça va mériter un petit tour au domaine.

 

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- Et le bicéphale finit toujours en beauté avec un domaine sur lequel il va se pencher avec beaucoup d'intérêt. Le domaine de Montbourgeau nous a proposé de jolis vins de ce beau terroir oxydatif de du village de L'Etoile.

Les "hyper-locaux" de cette percée, situés pour l'événement dans la belle cave du prieuré de Ruffey, méritent aussi un petit détour et une salutaire levée de coudes au domaine... Rendez vous pris avec mister Olif...

 


 

 

Après trois assiettes de morteau-patates-cancoillotte, un sandwich au jambon cuit au vin jaune, quelques dés de comté et quelques mouchoirs en papier imbibés, c'est le coeur léger que le bicéphale est rentré au bercail pour boire une bouteille de "Varrons 2010 Nature" de Julien Labet...

 

 

J'en ai quasiment oublié mes engelures...

Mais, en choisissant la vidéo, je me dis que je dois avoir des séquelles cérébrales.

 

 

 

 


Par Le Bicéphale Buveur
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 14:45

En ce dernier vendredi du premier mois de l'année, on reprend les bonnes habitudes de 2011.


Il est temps de communier tous ensemble pour la 42ème édition des Vendredis du Vin autour du sujet imposé par le lascif Guillaume du blog "Du Morgon dans les veines" qui ne pense qu'à voyager et boire du bon vin .

 

Ce BVNI (Blogueur du Vin Naturellement Imbibé) demande à toute la blogosphère vinique avec (ou sans) nez framboise et haleine chargée de plancher sur le thème du "Vin et voyage".

 

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"Ah ça, le vin peut faire voyager : certains vous emmènent très vite très loin, d'autres ne sont que des allers simples jusqu'à l'évier le plus proche.

Non, moi ce que je veux, c'est vous voir voyager dans la réalité. Que vous nous parliez d'un vin que vous avez découvert lors d'un voyage et que vous avez rapporté (ou que vous auriez aimé rapporter) dans vos valises.

En guise de souvenirs, certains offrent des mugs ou des boules à neige. Nous, nous préférons un vin du terroir visité qu'un caviste bien attentionné nous a recommandé, que nous avons dégusté dans un restaurant ou sur lequel nous sommes tombés par hasard. Parfois ce vin s'avère si exceptionnel, si hors norme, que vous vous en voudriez de priver vos amis d'un tel joyau une fois revenu au bercail."

 

 

Diantre, que voila un beau sujet... 

 

De quoi remettre le pied à l'étrier pour un bicéphale en mal d'inspiration ces derniers temps.

 

Alors, où? Quand? Quoi?

Ca a fusé dans tous les sens.

Ce vin d'Ottawa "vendanges de glace" sucré jusqu'à l'écoeurement et qui m'avait fait vomir à Montréal... Non...

Ou le Penedes bu à Barcelone qui avait complétement torché Céline (pourtant une sacrée poche à vins). Deux bouteilles plus loin, elle embêtait les touristes allemand au Museu d'Historia de la Ciutat... Non...

Ou ce vin de l'Alentejo partagé avec Sophie dans un superbe restaurant de Monsaraz avec une escalope de porc et coques (carne de porco a alentejana)...

 

Rhhhhhâââââââ^...Je bugue.

 

Comme toujours dans ces moments de doute, j'ai mon arme fatale... Sophie...

"Tu as toujours une bouteille du vin de Cilaos dans la cave?"

Et la lumière fut.

 

 

Tu veux du lourd, monsieur le morgonneux président Guillaume.

Là, c'est du très, très lourd.

 

Cilaos est l'un des trois cirques de la Réunion.

Nous y avions passé quelques jours en meute en 2004 avec nombre de packs de "dodo", la bière locale et un grand sac d'une herbe aromatique, de l'origan si je me souviens bien...

 

De superbes paysages, de bons moments de coinche... Parfait...

 

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Nous avons aussi rencontré Marcel Dijoux, responsable alors de la coopérative de CIlaos et aussi de la chambre d'hôte où nous dormions.

Le vin de Cilaos venait de passer en appellation "vin de pays" en 2004.

 

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Ca a été l'occasion de discuter autour d'un petit apéro.

 

La vigne a été amenée par les premiers colons au 17ème siècle, d'abord pour le fruit.

Ce n'est que plus tard, vers le 19ème siècle que du vin a été produit.

Le vin de Cilaos avait une mauvaise réputation, il rendait aveugle et fou autant que le rhum.

Le cépage "isabelle" (ou "plant du cap") donnait à la vinification quasiment autant d'éthanol que de méthanol.

 

La création de la coopérative, avec un plantage de chenin, malbec, les méthodes de production revues ont permis aux uniques 40 hectares de la Réunion de devenir le premier vin de pays français de l'hémisphère sud.

 

Je n'avais pas gardé un énorme souvenir du vin de Cilaos.

A l'époque, la coopérative se "cherchait" un peu selon le vigneron.

L'urgence était de rayer la mauvaise réputation du vin qui rend fou.

 

 

Quelques années après, ça me fait chaud au coeur d'ouvrir ma dernière bouteille de Vin de Cilaos rouge demi-doux .

 

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Aucune idée de la date des vendanges...

Il y a du malbec et du pinot noir dans la bouteille, mais je n'ai pas la moindre idée non plus des proportions.

Je me souviens l'avoir demandé, mais, comme je ne note rien, j'oublie tout.

 

Sur l'étiquette, c'est assez sommaire.

Seule la mention "demi-doux" peut donner la puce à l'oreille de ce qui va finir dans le verre...

 

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J'avais un souvenir plus que mitigé sur cette bouteille à l'époque. Ce n'est pas sans une certaine appréhension que je tire-bouchonne la belle.

Le bouchon est bien attaqué mais il a tenu bon, contre vents et marées.

 

Le vin a pris une teinte rubis tirant sur le rose, avec des reflets ambre.

 

Le nez est très discret. J'ai un peu de mal à le caractériser.

C'est fruité, peut être de la groseille écrasée entre les doigts.

J'ai beau tourner le verre et y replonger mon nez, ça reste assez fade.

 

En bouche, c'est très surprenant.

"Ah, ça, pour voyager, je voyage!"

La première impression est très, très sucrée. De la soupe de glucose.

Je me sens au milieu d'un champ de cannes à sucre...

La finale est sèche et brutale laissant la bouche toute gluante de sucre.

 

Au bout de quelques minutes d'aération, le vin reste de la guimauve liquide, mais avec une pointe d'acidité en fin de bouche qui donne un peu d'espoir pour le verre suivant.


On se rapproche plus d'un banyuls jeune que d'un Madère.

 

Aucune sensation alcooleuse, très peu de fruit, quelques notes de vanille, un fond de canelle et du sucre.

 

C'est lourd.

Mais, bizarrement, en le buvant avec Sophie, nous nous attendions à pire.

Il y a même des bons souvenirs de l'île de la Réunion qui remontent tout en "douceur".

 

Le vin de Cilaos ne rend plus fou, il rend nostalgique.

Ca me donne même furieusement envie de goûter les derniers millésimes.

 

Je ne finis pas la bouteille, je suis sûr que Fred "natural born surfer" et Céline "je vomis dans la baignoire des enfants en fin de soirée" seront heureux de reboire le vin de Cilaos.

 


 

 

 



 



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