Mon dieu , n'écoutez pas ce pauvre de David dont le nez est "abimé" par les vins du jura.
Il n'a pas non plus faux sur toute la ligne mais bon...
Petit retour sur Alex Chartogne:
Où trouve t-on ce grand blond (ça c'est pour les filles)?
A Merfy (petit bourg tout proche de Reims, sur le massif de St Thierry, terroir méconnu ou plane l'ombre de Francis B., pour ne pas le nommer).
Alex (oui c’est plus sympa de tutoyer!) a commencé cette belle visite dans son salon, par un rappel de géologie et de la notion de parcelle.
La champagne est constituée de 250.000 parcelles d’une taille moyenne de 12 ares .
Cette notion de parcelle est fondamentale pour le vigneron, surtout s'il est en quête (reconquête) de son terroir.
Il est ainsi revenu sur le sens profond de la parcelle pour un vigneron ( pour la petite histoire son ancêtre était arpenteur à Merfy, il y a fort fort longtemps, c'était donc son travail de connaitre les parcelles, voici une véritable carte d'époque).
Une parcelle de vigne (valable pour toute plante) pour le commun des mortels, est une pièce de terre entière appartenant à un seul exploitant (point de vue foncier !).
(Sur la carte des parcelles, il nous montre...son doigt!)
Mais initialement une parcelle correspondait, non pas a un propriétaire mais à un sol , un sous-sol, bref à un micro-terroir.
Une parcelle est une entité de terrain homogène:
- Sur le plan géologique (strates, composition des strates, épaisseur de ces strates…),
-Sur le plan hydrologique (tous les éléments déterminants comme présence, qualité quantité, répartition, provenance, écoulements et drainage de l’eau),
-Sur le plan du micro climat (exposition aux vents, soleil, humidité, variations de température en fonction de la journée et des saisons).
Tous ces éléments vont influer sur les caractéristiques physico chimiques du sol et par extension sur la vie microbienne, animale.
Vous allez me dire que les « anciens » n’avaient pas ses notions ?
Ils les avaient mais indirectement.
En effet, l’observation longue et minutieuse de la nature apportait ces réponses.
Pourquoi telles fleurs poussent sur ce côté de la route et pas de l’autre, pourquoi tel champignon ici et pas là, pourquoi plus de maladie dans ce champ et pas dans l’autre…
Toutes ces « petites différences » étaient du fait de ce que l’on appelle le micro terroir.
Un laboratoire s'intéresse à ces problemes de terroir , qualité des sols , organismes...
Le labo du bien nommé Mr Bourgogne.
Son boulot?
Faire des trous dans les champs pour étudier cette terre et orienter sur les modes de culture pouvant rétablir l'équilibre de tout ce petit monde (moi pour 1000 euros, je peux aussi faire des trous dans vos jardins).
Alex nous fait sa petite explication sur le terroir et il en vient à la facon de magnifier ce beau terroir.
Pour lui, la solution est dans la contrainte exercée sur la vigne pour qu’elle aille puiser au plus profond de ce terroir….dans les entrailles de la terre !
Comment ?
Planter en « foule » ou plantation en haute densité !
L´intérêt de ces hautes densités résiderait dans la qualité des raisins.
En effet, plus on augmente la densité de pieds de vigne sur une surface, grâce à la concurrence qui se crée entre ceps, plus la qualité s’en ressent.
Le nombre de pieds plantés par hectare induit une concurrence entre eux au niveau de leur alimentation et du développement de leur système racinaire.
Plus la densité est forte, plus les grappes et leurs baies sont petites,bref plus concentrées. Il vaut mieux deux grappes par pied sur cinq pieds, que 10 grappes sur un même pied.
La hauteur du feuillage sera plus basse et permettra une meilleure pénétration du soleil sur les raisins.
La vigueur sera plus faible et la vigne moins fructifère nécessitera des travaux en vert moins importants; elle sera moins sensible au développement du botrytis pour les mêmes
raisons.
Les Syndicats de défense des appellations ne l´entendent pas de cette oreille.
Les garants du terroir et de la tradition feront-ils une entorse à la règle pour revenir... au terroir et à la tradition ? link
Des vignerons pensent donc qu'il s'agit là d'un champ d'expérimentation
porteur de progrès pour les vins dans l'objectif toujours présent d'expression du terroir.
Choix courageux et difficile car les coûts de production à l'hectare vont augmenter et cultiver une parcelle plantée en foule complique nettement le travail du vigneron (va t il vieillir
prématurément ce pauvre alex?).
Toujours est-il qu'Alex se tourne vers une production parcellaire avec de futures cuvées du nom des parcelles
d'origine....
A découvrir et à suivre!
Stéphane
PS de David:
Etant plus proche du buveur du type "un dernier cul-sec pour la route", j'apprécie ces petites notes techniques qui nous permettrons de nous couche moins bêtes qu'hier soir.
La passion et la foi de jeunes vignerons comme dans le domaine Chartogne-Taillet sont des gages de qualité pour l'avenir...
Toujours suspendus au bout de nos crayons, les comptes rendus de deux autres belles rencontres, le Champagne Pouillon et le Champagne Tarlant.
