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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 19:56

En ce beau vendredi annonciateur d'un automne comme je les aime (je me pèle les boursots au milieu d'une pluie qui bat sur mes volets qui claquent), le bicéphale va tenter de s'atteler au sujet de notre président du jour...

 

 

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Ce n'est pas peu de dire (écrire...) que j'apprécie les beaux gars du superbe blog de BourgogneLive.

 

Depuis qu'ils existent, je suis au fait de tout ce qu'il se passe dans le monde du vin, du plus incongru au plus informatif.

Je vous aime les BourgogneBoys (avec tout ce que ça implique de calins et de vaseline, c'est le jeu...).

 

Pour tous les bloggers amoureux du vin, il faut "prouver" que le flacon importe dans l'ivresse...

Il faut être un BourgogneBoy pour vouloir contredire Alfred de Musset himself!!

 

"Le poète a dit: « peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse! »
Et bien sans vouloir me faire Musset mon cher Alfred, je dis NON! Le flacon a de l’importance!

- Par sa forme: les Bourguignons la préfèrent ronde tandis que les Bordelais ou les Alsaciens aiment sa taille fine et élancée.
- Par sa taille: du tube à essai jusqu’au format XXXL pour troisième mi-temps du XV de France.
- Par son étiquette: Classique ou design original, érotique ou rock’n'roll, elle nous tape parfois dans l’oeil.

Partagez avec nous LA bouteille qui vous a fait craquer et dites nous si l’ivresse était à la hauteur…

Le vendredi 24 septembre, je vous lance un SOS: prouvons qu’Alfred avait tort et sortons quelques flacons de l’oubli!"

 

 

Dès que le sujet est dévoilé, le bicéphale veut faire quelque chose de beau pour leur rendre hommage.

 

Mais, il faut bien avouer que nous avons aussi un bon esprit de contradiction...


Même si nous nous délectons de lire les comptes-rendus de magnifiques boutanches, toutes plus étincelantes les unes que les autres, le bicéphale n'oublie pas un des mots clés du sujet... L'ivresse...

Tellement politiquement incorrect, même si nous sommes des buveurs modestes et que ivresse ne veut sûrement pas dire saoulerie et autre bench-drinking loin de l'esprit "amoureux des belles choses".

 

Et, là, tout va très vite pour les bicéphales (attention ça risque d'être trop dur pour un lecteur néophyte...)

- "ivresse" amène à "fête"

- "fête" amène à "bonne grosse bouffe"

- "bonne grosse bouffe" amène à "pleins, pleins de gens"

- "pleins, pleins de gens" amène à "gros cubitainer de vin"

- "gros cubitainer de vin" amène à sa version plus moderne, le "bag-in-box"

 

CQFD, vous pouvez applaudir...

 

Mais le Bag-In-Box (BIB) se doit d'être de qualité...

 

Bon, faut pas déconner, pas de "grand cru" en BIB, ce n'est pas le but.

Aucune chance de trouver un vin destiné à vieillir au fond d'une cave à l'hygromètrie parfaitement contrôlée dans ce contenant...

 

Mais, on peut y trouver un vin de plaisir immédiat à partager entre potes.

 

C'est le cas de ce Mâcon blanc de la cave d'Azé en BIB de 10 litres.

 

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Et oui, du vin de coopérative...

Le bicéphale fait la part très belle aux vignerons indépendants depuis les quelques mois de son existence, avec de belles rencontres.

Mais quand c'est bon, c'est bon... 
Azé est une petite commune au nord de l'appellation Mâcon, à quelques kilomètres de Cluny, avec une grande histoire de culture de la vigne (merci les moines..) et un terroir mis en valeur au cours des siècles.

La cave d'Azé est une "petite" coopérative regroupant 120 vignerons, avec une envie de faire de la qualité plus que de la quantité.
Il n'y a pas de course au rendement, mais un système d'incitation à la bonne conduite avec des primes sur l'état sanitaire ou sur la propreté de la vendange.

Pas de mensonge, on est loin de l'agriculture biologique, mais cela n'a jamais été notre cheval de bataille (tous les bios ne sont pas excellents, tous les "conventionnels" ne font pas du caca).

Ce petit BIB, avec robinet intégré, nous donne un petit vin blanc de cépage chardonnay d'un bel or pâle-vert.
Pas de surprise au nez ou en bouche, nous avons les deux pieds dans le mâconnais.

Le vin est marqué par son côté facile dès le début avec la pêche et l'abricot, sur une petite fragrance de fleurs blanches (chèvrefeuille).
Le vin est frais, avec un belle acidité, pas très longue et finissant avec une pointe de verdeur qui n'est pas du plus bel effet.
C'est bon, mais loin de s'approcher des vins, même génériques, de nombreux producteurs aux environs (on en reparlera...).

Donc, ça ne déchire pas en deux, mais je n'ai pas honte de le servir en apéro à une meute d'assoiffés, histoire de monter dans les tours (ou les quilles) gentiment...

Une bonne première approche du mâconnais, sans stress, dans un esprit clairement festif, pour un contenant qui appelle à une belle ivresse (toujours sans saoulerie!!!).

Et, en plus, j'utilise ce vin en cuisine, n'ayant jamais été déçu par la petite acidité qu'il ajoute à mes mets fins et raffinés (ouarf...).

On n'oublie pas le prix "doux" (environ 25 euros les 10 litres) pour une qualité de Mâcon blanc surplombant quasiment toutes les belles bouteilles en verre avec jolie étiquette de l'appellation dans les foires au vin...

Alors, les BourgogneBoys, impressionnés par mon beau flacon?

Ps: les Fils de Teuhpu avec leur morceau "bricoleur"... Ca définit un peu l'esprit bicéphale...
Par stephane et david
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 07:33

Il y a peu de vins qui sont comme une évidence.

 

Peu qui marquent l'esprit de manière indélébile, comme une pièce de puzzle qui s'emboîterait parfaitement dans la case plaisir du cerveau, sans forcer, tout en douceur.

 

La première fois que le vin a suscité une telle émotion au bicéphale bressan, ce fut en présence d'un vin de Bordeaux (comme quoi, le Bordeaux peut servir à quelque chose... provocation gratuite...).

 

A l'époque, le père découvrait les joies des foires au vin. Les grands crus semblaient accessibles, enfin, à un modeste ouvrier amoureux des belles étiquettes.

A la maison, le vin était une anomalie.

Il n'y en avait pas à table. Parfois, le père s'autorisait un panaché industriel pour accompagner le repas dominical ou après avoir jardiné tout la journée.

 

Et puis, il y a eu la "démocratisation" (pour ne pas écrire invasion) des foires au vin, et toutes ces belles étiquettes de vins, faisant tourner la tête.

Les bouteilles achetées à l'ogre Carrefour n'étaient pas bues.

Non, non, elles étaient amoureusement stockées dans la cave, répertoriées dans un cahier à spirales.

Ce qui suffisait au bonheur de mon père.

 

En collectionneur minutieux, il avait décidé de ne se consacrer qu'aux terroirs de Saint Julien et de Sauternes.


Sans avoir jamais vraiment goûté les différents crus, par hasard ou suite aux conseils des pseudo oenologues-sommeliers-vendeurs-conseillers mandatés par la grande distribution (l'histoire ne le dit pas).

 

Et puis, cela a été l'occasion de frimer le samedi soir devant des invités en ouvrant des "bouteilles de grosse cylindrée".

Avec des mariages plus ou moins heureux... Château Talbot et morue à la crème (bacalhau de nata)... Château Lagrange et pot-au-feu à la portugaise (cozido a portuguesa)... Château de Fargues et pudim brasileiro...

L'important étant de bien montrer la belle étiquette du Château de Beychevelle.

 

C'est dans cette ambiance de non-connaisseur respectueux du nectar des plus fortunés, qu'un Château Gruaud Larose 1990 a été servi pour accompagner le fameux rosbeef-purée de charlotte de ma mère.


A la première gorgée, silence général, salle à manger extatique...


Pour la première fois de sa vie, l'étudiant gavé de bière du quartier Saint-Leu buvait du vin.

Pas le liquide rouge, blanc, rosé, à bulles qu'il ingurgitait pour accompagner les soirées "old-school".


Non, du vin...

 

Première émotion vinique.

 

J'ai, par la suite, regoûté différentes bouteilles, millésimes de Gruaud Larose, je n'ai jamais retrouvé le même plaisir.

 

L'émotion a cela de beau qu'elle est éphémère mais au souvenir éternel.

 

Donc ce n'est pas rien lorsque j'ai l'impression d'approcher cette émotion...

 

Pourtant rien ne laissait présager que cette bouteille allait "claquer" à ce point.


Dîner en mode détente entre potes après avoir glandé près de la piscine des parents de Céline, célèbre tournugeoise méritant une licence IV ainsi qu'une critique élogieuse du "guide des meilleures fêtes décadentes de France".

 

Au menu du soir, pour sustenter l'appétit de douze ventres creusés par le chlore, keftas maison et frites fraîches.

 

Lorsque la bouteille a été posée sur la table, l'oeil gauche du bicéphale a tresailli...

Le Mâcon-Cruzille rouge 2009 du Clos des vignes du Maynes l'appelle telle une sirène.

 

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Cruzille est un petit village tout au nord de l'appellation "Mâcon".

 

Le mâconnais est une chance pour les consommateurs désargentés comme le bicéphale.

Malgré de magnifiques terroirs (Pouilly-Fuissé, Viré-Clessé, certains Saint Véran...), une erreur de casting fait qu'il n'y a pas eu de classement en premiers ou grands crus, comme la Bourgogne aime à faire pour ses plus beaux climats.

Lorsqu'un bon Puligny-Montrachet coûte jusqu'à l'élastique du slip, des blancs de mâconnais peuvent rivaliser sans complexe dans le plaisir, tout en préservant la dignité "slipale" du bicéphale.

 

Nul doute que le terroir de Cruzille ferait parti du classement des meilleurs crus du mâconnais.

 

La vigne du domaine de Julien Guillot est cultivée depuis le dixième siècle par les moines de l'abbaye, toute proche, de Cluny.

Sans moquerie aucune, s'il y avait une chose que les moines savaient faire, c'était de choisir les plus beaux terroirs pour produire le meilleur raisin...

 

Cette vigne a aussi la particularité de ne jamais avoir goûté à un quelconque traitement chimique.

L'agriculture y est biologique depuis 1954, en biodynamie depuis 1998...

 

Onze siècles de vignes travaillées par l'homme en respectant les sols, ça donne envie!

Encore plus après avoir vu les superbes videos du site de l'univers dit vin, ainsi que celle du superbe site de BourgogneLive (que des tapis de feuilles de vignes adoucissent chacun de vos pas).

 

La bave aux lèvres, le regard fixé sur la bouteille, complétement obnubilé, je fus enfin autorisé à tire-bouchonner la demoiselle.

 

Demoiselle car de 2009, mais le cépage gamay est un de mes préférés, envoûtant par le fruit dans sa jeunesse et se complexant en vieillissant avec des arômes de sous bois et de gibier lorsqu'il est traité avec respect.


Ce n'est pas la cuvée "phare" du domaine.

Mais c'est en voyant comment on traite les plus petits qu'on appréhende le mieux le style du vigneron et surtout sa passion.

 

Il est conseillé de le carafer sur la contre étiquette... 

Pas le temps pour ce cérémonial, je suis peut être un gougnafier, mais je l'aérerai gentiment dans le verre.

 

Sa belle couleur rubis foncé et son nez de fruits rouges me font oublier que je suis au milieu d'une tablée bruyante...

 

Et, en bouche, ZBAM... ZIM... BLAM...

 

Difficile de décrire ce vin. Le carnet de notes ne sert à rien.

C'est un vin jeune, sur le fruit rouge, cerise kirschée, fraise, mais aussi groseille.

Mais il a une belle structure acide l'accompagnant sur toute la longueur, avec des petites notes douces poivrées...

 

Un peu comme si le meilleur du Beaujolais rencontrait le meilleur du Bourgogne.

 

Le vin est porté par le fruit mais avec une belle finesse, une infinie précision et une longueur toute en bonne acidité, le tout sans aucune agressivité.

 

Je ne sais pas comment le vin va vieillir.

Je n'aurai sûrement jamais la patience d'en conserver dans ma cave...

Ce serait dommage de se priver de ce pur plaisir.

 

S'il y avait un défaut à ce vin, ce serait qu'il a éclipsé tous les autres vins bus durant cette journée. Il a tiré toute la couverture pour lui...

 

A vin exceptionnel, chanson fantastique... Jouissif et immédiat comme du rock, profond comme du blues...

 

 

 

PS: Je n'ai aucune idée du prix de la bouteille gentiment amenée par Gaelle, mais ça doit avoisinner la quinzaine d'euros. Le bicéphale va sûrement s'inviter au domaine après les vendanges... 


 


 


Par stephane et david
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Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 08:47
Je suis longtemps passé à côté des vins de L'Etoile.

 

Dans cette appellation d'origine contrôlée du Jura, depuis 1937, on ne trouve que des vins blancs.

Ils sont faits, en très grande majorité, à partir du chardonnay et du savagnin, alias THE cépage of THE Jura, donnant aux vins blancs (ouillé ou non, élevés sous voile ou non) ce fameux "goût de Jura".

 

L'Etoile regroupe 4 communes,  L'Etoile, Saint-Didier, Plainoiseau et Quintigny avec une surface de 75 hectares.

 

Si L'Etoile a été l'un de mes toutes premières expériences "jurassiennes", j'ai vite été ébloui par les terroirs de Pupillin, de Montigny-les-Arsures, de Rotalier...

 

Au point de n'avoir plus une bouteille provenant de L'Etoile à proposer aux soifards de passage, qui (les pauvres...) devaient se contenter de boire des vins produits par Bornard, Ganevat, Aviet ou Labet.

 

Un peu comme si le bicéphale s'était embourgeoisé, et ne restait plus que sur les "valeurs sures" du bien pensant vinique.

 

L'été est une chance pour le bicéphale "expatrié".

En Bresse, il accueille les pauvres picardo-rémois, laissés à leurs misérables betteraves teintées de pluie.

 

En déambulant dans Chateau-Chalon, au milieu d'amis retenant leurs larmes devant tant de beaux paysages, par un reflexe pavlovien, je suis resté en arrêt devant le panneau du domaine Geneletti, prêt à bondir pour déguster.

 

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Le domaine Geneletti se situe au village de L'Etoile, mais reçoit les hordes avides de vins du Jura dans une jolie demeure à Chateau-Chalon.

 

J'avais déjà goûté leur vin jaune (avec le savagnin, murissant sous un voile de levure en fût de bois donnant un vin atypique et déroutant au premier abord, mais amenant à une addiction totale en quelques dégustations), avec une très bonne impression.

 

Mais en vrai monomaniaque du mono-cépage avec comme devise "un vin, un terroir , un vigneron donc un cépage", je me suis penché vers mes tendances masochistes pour goûter cette bouteille de "L'Etoile vieilles vignes 2006" du domaine de Geneletti.

 

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Eh, oui, il y a du chardonnay et du savagnin dans cette bouteille de vin blanc...

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C'est à ce moment que la lumière s'éclaire juste au dessus du crane chauve du bicéphale...

 

Je n'aime pas l'assemblage car c'est du (parfois beau) travail d'oenologue-conseil.

"Allez on va te mettre 10% de merlot dans ton vin pour fruiter tout ça"

"Ca manque de robustesse... Si on lui claquait un peu de carignan"

En imaginant un Rolland se claquer les mains sur le ventre en se bidonnant d'un rire gras.

 

Mais rien à voir avec le vin de David Geneletti!

 

Ce n'est pas un travail d'assemblage, mais une parcelle de vieilles vignes complantées en chardonnay et savagnin, véritable reflet d'un terroir ainsi que d'une pratique séculaire jurassienne.

 

Dixit les Geneletti: "Nos anciens complantaient sur cette parcelle, pourquoi changer une pratique qui a toujours donné du bon vin?"

 

Et oui, parce que le vin est bon...

 

il faut être franc, à l'ouverture, on cherche le chardonnay, tellement le savagnin avec son nez d'amande et de noix domine les fragrances...

Même en remuant mon verre, je ne retrouve pas les odeurs de fleurs blanches ou de fruits blancs si caractéristiques du chardonnay.

 

En bouche, c'est encore le savagnin qui se démarque avec son côté épicé, les fruits secs, la belle longueur acide.

Mais au long de la dégustation, après le choc du savagnin sur les papilles, la fraicheur et le fruité du chardonnay nuancent le vin.


Le vin devient de la dentelle brodée...

 

C'est vraiment tout en nuances, en touches légères.

Sans dénaturer le savagnin qui est l'acteur principal de ce vin, la star incontestable, le chardonnay appporte même un "plus" plaisir.

 

Quelle longueur agréable en bouche!

 

Je l'ai dégusté avec un néophyte du Jura, impressionné par sa finesse et ce petit quelque chose qu'on ne trouve que dans le Jura... Et que vous retrouverez  sûrement en le goûtant.

 

Sinon, je ne sais pas pourquoi, influences extérieures, en écoutant cette chanson, je me suis dit que le chardonnay était un peu le Chewbacca de ce vin.

Il n'est pas indispensable, mais donne une petite touche inimitable...

 

 

 PS: Entendu dans le film "Jay et Silent bob contre attaquent" de Kevin Smith... Excellent... 

 

 

 

Par stephane et david
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 02:16

Parfois, on a beau le tourner dans tous les sens, y réfléchir, se triturer les trois neurones connectés, je n'y arrive pas.

 

Certaines fois, lorsque l'on boit un vin, même avec la meilleure volonté, je sèche complétement, revenu devant mon clavier.

 

Malgré mon incompétence au silence total, ma logorrhée permanente, je bloque.

 

La dernière fois qu'un vin m'a coupé le sifflet, c'était en dégustant le Champagne Tarlant "la  vigne d'antan" vendanges 2000.

 

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Je me faisais une joie de dégoupiller cette bouteille depuis quelques jours... Un peu pour épater la galerie... Un peu parce que je savais que c'était de la "bombe-bébé"...

 

Ce vin a un abord intriguant.

Il est composé de 100% de cépage chardonnay, mais sur des vignes non greffées.

 

Petit moment légèrement technique, obligé par le bicéphale amiénois, professeur dans l'âme, et, qui, n'ayons pas peur du terme, aime à se la péter en société...

 

A la fin du 19ème, un puceron a failli exterminer tout le vignoble français. Le phylloxera peut infester les racines du ceps ou les feuilles. Lorsqu'il pique les racines d'un ceps, la croissance du pied est anarchique, formant des tubérosités pouvant s'infecter et provoquer la mort du pied en trois ans.

Seule solution, utiliser un porte-greffe résistant naturellement à la maladie (venant des USA, l'origine aussi de notre petit insecte piqueur).

 

Il existe très peu de vignobles "francs de pied", sans porte-greffe protecteur.

 

La famille Tarlant a la chance de posséder un terroir de sol sablonneux à Oeuilly, où notre vilain puceron ne se plait pas du tout, du tout.

Une aubaine pour présenter un vin fait de chardonnay non greffé...

 

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Qu'est ce qu'apporte un vin issu de vignes non greffées?

 

Eh bien, je n'en sais rien.

Il a été lu que cela apportait plus de complexité au vin, que l'on goûtait à un vin proche de la fin du 19ème siècle, que c'était la pureté du chardonnay...

 

Y a qu'à y croire... Je doute fort que les vinifications du 21ème siècle aient un seul point commun avec celles du 19ème.

Mais, encore une fois le bicéphale est un blog de losers, qui n'y comprennent pas grand chose et qui n'ont pas d'amis. 

(Ca me fait penser à une chanson de loser magnifique, idéal du bicéphale)

 

 

 

Toujours est il que la petite bouteille de champagne Tarlant me donne envie de la violenter... Même s'il est fait de chardonnay pré-phylloxérique...

 

Le Champagne, quand il est fait avec passion, est un vin émouvant...

 

La seule note de mon carnet de dégustation a été résumée en un seul mot: "MERCI"

 

C'est un beau vin, on est loin des standards des grandes (avec un "g" minuscule) marques de Champagne, pas de verdeur en vue, pas de déséquilibre acide.

 

La bulle est fine, agréable, douce.

En bouche, le vin a de la matière, une impression de densité et de longueur.

L'amande fraîche, la pêche et l'abricot finissent d'enrober un vin séduisant au possible.

Il est très peu dosé en sucre, à 2g/L. Et on se dit que le sucre n'a vraiment rien à faire dans le Champagne.

 

"La vigne d'antan" a été une des plus grandes émotions de l'année, tous vins confondus.

Même si je n'ai pas eu de "flashback" nostalgique sur le vin de l'époque préphylloxérique...

 

Je me demande aussi si la très grande qualité de ce vin est due au chardonnay non greffé ou, plutôt, au talent de vigneron de Benoît Tarlant.

 

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Amoureux de la vigne, fin spécialiste du purin d'orties et pressant son raisin avec minutie, Benoît est un vinificateur exigeant et pointu.

 

Ayant eu la chance de déguster un bon nombre de ses cuvées et de ses vins clairs (vin en cours d'élevage, sans bulle), le vigneron est un terroiriste convaincu, qui vinifie parcelle par parcelle avec une délicatesse d'orfèvre.

 

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La bande de "terre et vins de Champagne" compte 17 vignerons passionnés, changeant radicalement l'image froide du Champagne sans âme et stéréotypé des maisons de Champagne.

Des Champagnes de terroir, avec du goût, de la matière, de la vie, du soin...

 

Evidemment, à une cinquantaine d'euros, le prix de la bouteille de "vigne d'antan" est un frein à sa consommation quotidienne.


Mais en goûter une fois, c'est en redemander... (et c'est un des plus grands radins de l'histoire du vin qui l'écrit)

 

David


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par stephane et david
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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 07:42
Quand la simple idée de faire un blog pour écrire nos expériences viniques a éclairé le coin de nos têtes, nous avions pensé à plein de choses.

 

Des pierres lancées par les vignerons pour nous éloigner, une jalousie excessive de la part d'Olif, pas de visiteur du tout, des poursuites judiciaires de la Police de l'Orthographe et de la Syntaxe, une allergie subite au vin et un amour irraisonné du point de croix...

 

Mais le blog ne devait servir qu'à une chose: partager.

 

Alors quand un ami, un collègue, un invité me ramène une bouteille d'un vin qu'il a aimé, je suis sur le qui-vive...

 

En mode hésitant "Je sais pas si tu vas aimer, moi, je l'ai trouvé très intéressant"

 

En mode militant "C'est définitivement le meilleur vin que j'ai bu cette année, c'est obligé que tu l'aimes"

 

En mode faux modeste "Je ne suis pas un grand spécialiste comme toi (...), mais j'ai apprécié ce vin" 


En mode interrogatif "Tiens goûte celui-ci, tu ne le connais pas?"

 

Evidemment que nous ne le connaissons pas, nous sommes l'animal le plus proche de la tanche...

 

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C'est donc avec la plus grande humilité que nous goûtons tous ces vins. Souvent, nous les regoûtons.

Et avec une grande abnégation, nous pouvons même recommencer à les re-regoûter...

 

La vie de perfectionniste n'est pas toujours facile.

 

Alors quand Manu m'offre une bouteille de "Rafalot 2006 du domaine Vinci", je me dis que la vie est tendre pour le bicéphale...

 

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Belle étiquette, simple, classe.

 

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La contre-étiquette nous présente un peu mieux le vin.


Il nous vient du Roussillon, région viticole que le bicéphale apprécie par la fraicheur des vignerons sérieux qui y produisent du beau, du bon...

 

Plus précisément d'Estagel, de la magnifique vallée de l'Agly, à quelques kilomètres de Perpignan, au nord du Roussillon.

 La vallée de l'Agly est un région particulière où se mèlent tous les types de sols (sauf les volcaniques), avec une grande diversité de terroirs.

 

Un bel article lui a été consacré dans la Revue du Vin de France de février 2010 mettant en avant les célèbres domaine Gauby, Mas Amiel, domaine du Clos des Fées, moteurs de la vallée.

Le bicéphale a un avis très partagé sur les domaines "phares" sus-cités, allant de la belle surprise à une triste indifférence selon les années.

 

C'est donc avec plaisir qu'il se voit se faire la bouche sur ce vin produit par Emmanuelle et Olivier Varichon-Vinci, présentés comme des globe-trotters du vin avant de trouver leur bonheur de vignoble dans le Roussillon.

Aucune mention bio sur l'étiquette, mais les vignerons n'utilisent aucun engrais ou pesticide chimiques sur leurs 7 hectares de vigne.

Le désherbage se fait manuellement dans les vignes.

A la vinification, on laisse faire les levures indigènes du raisin.

 


Formaté par son expérience en Bourgogne, le bicéphale bressan n'a jamais été un grand fan de vin d'assemblage de plusieurs cépages.

Le monocépage lui semble la façon la plus cohérente d'apprécier un terroir.

Le Rafalot n'est produit qu'avec du carignan sur des vignes de 120 ans.


Une vigne vieille amène peu de rendement, mais promet d'aller puiser au plus loin dans le terroir.


Le carignan est un cépage à la mauvaise réputation qui se plait sur les sols maigres et peu fertiles.

Difficile à mûrir, il lui faut un fort ensoleillement et une vendange à pleine maturité sous peine d'avoir un vin aux tanins durs.

Il a une réputation de puissance et est souvent utilisé en assemblage car on lui trouve peu de fruit.

 

Le tenter en monocépage, cela semble déjà assez original...


 

120 ans, même pas peur, on va lui faire la peau à la vioque carignan.


 

Et c'est sans difficulté que le bouchon cède.

Rigolo, le numéro de téléphone est imprimé aussi sur le bouchon (au cas où l'on perd la bouteille?).

 

Mon Dieu que le vin est sombre. On croirait de l'encre de seiche.

Je n'y vois pas grand chose à travers le verre.

 

Le nez est assez déroutant car nouveau... C'est clairement épicé, avec des notes animales, ça sent le gibier. C'est à peine équilibré par une pointe d'odeur de prune.

Le Rafalot a l'air bien lourd avec une grosse densité...

 

Tout cela est d'autant plus surprenant qu'en bouche, le vin est complexe.

Il est épicé sur des tanins présents mais doux, avec une fraîcheur que le nez ne laissait en rien présager...

On trouve un fruité mûr, équilibré par une belle acidité et par une longueur en bouche impressionnante.

 

Les dégustateurs autour de la table sont unanimes... C'est vach'tement bon!

 

Un vin du sud puissant mais équilibré et jamais agressif, complexe et nuancé.

 

De la vraie topissitude certifiée plaisir dans tes fesses par le bicéphale!

 

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Il y a une certaine jovialité dans ce vin, du plaisir à vider la bouteille.

 

Le Rafalot est un soldat de la bonne humeur, ça me fait penser à un clip des Greenhornes...

 

PS: Nous restons à disposition pour goûter les vins que vous aimez...


 


 


 


 

 

Par stephane et david
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